Metallica au Stade de France, 12 mai 2012

30 ans… cela fait 30 ans que le Thrash Metal a été inventé par Metallica, à la sortie de “Kill ‘Em All” en 1981. Un anniversaire dignement célébré fin 2011 à San Francisco, ville natale des Four Horsemen.

Que de chemin parcouru depuis, le Thrash des débuts ayant laissé place à du Heavy plus traditionnel, voire même du Rock (certains morceaux de “Load” et “ReLoad”), en faisant même une incursion dans le Neo Metal (le décevant “St. Anger”). Bref, pour résumer la carrière de Metallica, une chronique entière serait nécessaire.
Mais arrêtons-nous 10 ans après leurs débuts: 1991. “Metallica”. Telle une renaissance, l’album porte simplement le nom du combo américain. Rien de plus, rien de moins. Et pour cause, ce fut le premier revirement musical du groupe, délaissant le Thrash de “Master Of Puppets” et autres “Ride The Lightning” pour du bon gros Heavy, puissant mais bien moins complexe.

Ce changement de style eut 2 résultats:

  • la déception des fans de la première heure, à cause de la simplification musicale et le retournement de veste du groupe, ceux-ci se mettant même à tourner des vidéoclips (sacrilège!!! même si cela a déjà été fait avec One);
  • le succès immédiat auprès du grand public, l’album réalisant les plus grosses ventes du groupe à ce moment. Au grand désarroi des fans sus-cités, Metallica se “MTVisait”.

Malgré tout, l’album recèle de véritable pépites, très appréciées des fans (de la 1ère et de la 2ème heure). Nous y reviendrons bientôt…
Car cela fait 20 ans… 20 ans que cet album mythique, qui fut officieusement nommé “Black Album” à cause de sa pochette entièrement noire sur laquelle se distinguent à peine le logo du groupe ainsi qu’un serpent enroulé sur lui-même, est apparu dans les bacs.

Et pour fêter comme il se doit cet anniversaire, les Mets se sont lancé dans une mini-tournée pendant laquelle “Metallica” sera joué intégralement! Et Ô joie pour nous fans français, cet évènement exceptionnel sera célébré dans un lieu non moins exceptionnel: le Stade de France.

Petite soirée sympa avec 80000 potes

Bon, j’exagère un peu: selon les organisateurs, seuls 74000 spectateurs étaient présents. Ce qui en fait quand même le plus gros concert de Metallica sur le sol français.

Ayant réussi à obtenir 2 places en Pelouse Or (au bout de presque 2 heures de bataille acharnée sur le site de la Fnac le jour de la mise en vente), nous arrivons sur place mon père, un collègue et moi tranquillement vers 17h30. Comme pour AC/DC en 2010 (seul autre concert au Stade à mon actif), nous avons l’impression d’assister à une sorte de messe: partout des stands de boissons ou de hot-dogs où l’on entend du Metallica dans des hauts-parleurs (qui ne passeront probablement pas la soirée tant ils saturent), partout des gens de tout âge arborant fièrement leur t-shirt à l’effigie du groupe… nous sommes plongés dans l’ambiance dès l’arrivée (déjà à Chatelet – Les Halles, où environ 80% des passagers du RER ne laissaient aucun doute quant à l’endroit où ils se rendaient).

Après un échange de place entre mon père et une personne qui avait une cat. 1 et qui voulait absolument être en PelOr (cool, on a gagné 17€!), nous entrons dans le Sanctuaire, chacun de notre côté du coup (le collègue devant se contenter d’une catégorie 2).
Je me place dans le 1er tiers de la PelOr, ni trop loin, ni trop près, ne désirant pas être victime des pogos.

Gojira

En effet, comme vous pouvez le voir, le 1er groupe à faire son entrée sur scène sera celui de nos 4 fameux landais nationaux. Je n’ai jamais accroché à leur musique, et ce n’est pas ce soir que je changerai d’avis. Explications.

Le chant grawlé n’a jamais été mon truc (sauf pour Opeth, mais Opeth… bah c’est Opeth quoi!), et le son du Stade ne rendra pas hommage à leurs compositions: un brouhaha parfaitement inaudible, j’ai eu l’impression de n’entendre qu’une seule chanson de 25 minutes, entre une bouillie de riffs impossibles à démarquer et mon t-shirt qui vibrait tout seul dès que les 2 grosses caisses se mettaient au travail (ils ont été mesuré à 120 dB)!

Respect tout de même aux p’tits français qui ont été bien accueillis, ont proposé un show visuel très acceptable, à défaut de show sonore correct. Et désolé pour les fans qui auraient aimé que je développe un peu plus, mes connaissances “Gojiriesques” sont proches du néant!

A noter les quelques (petits! rien à voir avec ceux accrochés au dessus des écrans géants) ballons noirs que des fans ont ramené et avec lesquelles la PelOr ne rechigne pas à s’amuser. Et qui seront bien utiles pour ne pas s’ennuyer pendant la 2ème partie…

The Kills

Bon… je vais essayer de faire un chapitre moins long que celui sur Metallica, mais je ne promets rien tant il y a à dire sur ce groupe. Je ne sais trop par où commencer, entre le ridicule visuel et la médiocrité des compositions; sans parler du nom qui est un cliché à lui tout seul.

Visuellement d’abord, 4 percussionnistes qui jouent la même chose; si vous calculez bien, ça en fait 3 d’inutiles. Et leur bandana attaché devant la bouche façon cow-boy, c’était le pompon sur le gâteau qui fait déborder le fil à couper le beurre. Mais les pauvres n’y sont pour rien, on les a embauché et puis c’est tout.

Les vrais fautifs, ce sont les 2 “musiciens” qui assurent (ou pas) le devant de la scène. Une fille aux cheveux roses et un “guitariste” au style… indéfini (désolé si je n’ai pas pris la peine d’aller chercher leurs noms sur Internet).

Concernant la première, une voix sans relief, et un talent de guitariste (lorsqu’elle se décide à prendre une six-cordes) proche du mien (je n’ai jamais joué de guitare de ma vie). Elle prenait parfois également place derrière un clavier, mais je n’ai plus souvenir de ça, je devais dormir.
Revenons-en aux guitares: l’autre est à peu près au même niveau. Je sais que, grâce à des pédales wah-wah et les effets qui-vont-bien, on peut sortir tout un tas de sons bizarres d’une gratte. Et bien ce soir, il a réussi à trouver les plus désagréables!
Quant au batteur… mais il n’y a pas de batteur, puisqu’il y a les percussionnistes, suivez un peu! Mais un percussionniste ne peut pas créer une rythmique au sens strict du terme. Donc le tempo est assuré par… une boite à rythme. *Soupir*

Alors on peut avoir l’esprit ouvert et tout ça, mais prétendre faire du Rock avec une boite à rythme, c’est comme dire que Keane fait aussi du Rock alors qu’il n’y a aucune guitare (sans remettre la qualité de leur musique malgré tout). C’est un peu la base des choses.

Ajoutez à toute cette recette le son pourri précédemment évoqué au chapitre “Gojira”, et vous obtiendrez le mot que j’ai entendu prononcer tout autour de moi à la fin de leur set: “pénible”.

Et si vous pensez que j’y vais un peu fort, à ma décharge toute la PelOr, ainsi qu’une grande partie de la Pelouse et probablement les gradins (je n’ai pas trop regardé) ont bien fait comprendre à ces manchots qu’ils n’avaient rien à faire là, et ce dès la fin du la 3ème morceau. On pourra tout de même estimer que même si les huées, les dos tournés et les sittings étaient justifiés, les doigts d’honneur étaient peut-être de trop… même si j’y ai également participé avant la fin du show, par exaspération et par colère.

Ce n’est pas la “performance” que je juge ici, c’est l’intérêt même de ce groupe: il n’y en a aucun. C’est vide, nul, sans aucun talent, et ça pense être in parce que ça fait de la « musique » expérimentale (ils se sont autoproclamés “groupe de Garage Rock”; bah quand on joue ça dans son garage, on y reste!).
Sans déconner, au bout d’un moment il faut ouvrir les yeux.

C’est, et de loin, la pire première partie que j’ai eu lors d’un concert. J’en regrette presque d’avoir hué The Cribs en ouverture d’Aerosmith en 2010 (c’est dire).

Ca fait du bien…

…quand ça s’arrête! Enfin, après 45 minutes de torture auditive (merde, ils ont eu un temps de parole 2 fois plus long que Gojira? WTF???), The Kills quitte la scène sous les sifflets en laissant la guitare allumée faire un bon gros larsen pour “punir” l’auditoire… honnêtement je ne l’avais même pas remarqué, je pensais que c’était un effet pour l’outro du dernier morceau… et je suis sérieux; vous voyez où je veux en venir?

Bref, la scène s’installe pour la tête d’affiche de ce soir. Et je ressent comme un manque, un vide, sans pouvoir l’identifier, jusqu’au moment où je me rend compte: il n’y a pas de rideau qui cache la scène! A vue de nez, ça fait au moins un an que je n’ai pas assisté à un concert où les roadies installent le matériel en étant masqués du public. Pour le coup ça en serait presque original!

Tout se met donc en place devant les 3 écrans géants, le central étant réellement gigantesque. La batterie de Lars rend ridiculement petite devant.
Les techniciens font la balance, on entend du AC/DC, du Ozzy Osbourne, du Dio… rien de surprenant jusque là.

Les 4 bonnes brutes qui ne nous truandent pas

Enfin, les lumières… ne s’éteignent pas. Et oui, le concert commence vers 21h, et le jour est tout juste en train de décliner lorsque retentit The Ecstasy Of Gold du génial Ennio Morricone. Tuco “le truand” apparait sur les écrans géants, perdu dans le cimetière pendant que la foule entonne la mélodie. Et croyez-moi, 74000 personnes fredonnant The Ecstasy Of Gold, ça met les poils au garde-à-vous!

Celle-ci a à peine le temps de finir qu’apparait déjà Lars faisant signe à la foule debout derrière ses futs, suivi de près par ses compagnons. Il prend tout juste le temps de s’assoir avant de commencer à marteler ses crashes et ses 2 grosses caisses pour entamer un phénoménal retour en arrière de 30 ans sur Hit The Lights. Tel un groupe de jeunes musiciens sur leurs débuts, ils commencent donc le concert avec le tout premier titre de leur tout premier album. Un mouvement de foule me permet de me rapprocher de 5 bons mètres, et je me stabiliserai ici pour le reste du concert, les gens autour de moi relativment calmes resteront en place.

Je n’ose imaginer comment ça se passe aux barrières, je préfère quand même ma place! Par contre, j’aurais vraiment aimé être dans le snake pit, Metallica ayant décidé de ressusciter la légendaire arène de la tournée 1992. Mais l’accès n’était donné qu’aux membres du Met-Club.

Sans transition après le 1er titre, on enchaine avec… Master Of Puppets!!! Joué en 2ème position, c’est très étonnant mais qu’est-ce que c’est bon! Et quel plaisir d’entonner le refrain accompagné de 73999 autres personnes, ainsi que le break!
Dommage que les soli de Kirk soient un peu en retrait niveau volume… ce souci ne sera pas arrangé par la suite.

Master… finissant sur le rire sardonique de James, qui prend quelques secondes pour nous remercier, le 3ème titre déboule encore une fois à 100 à l’heure, et pour cause: retour à “Kill ‘Em All” avec No Remorse.
Les anciens albums sont à l’honneur ce soir, puisqu’aucun titre ultérieur au Black Album ne sera joué ce soir, hormis un… qui arrive bientôt.

Après “Kill ‘Em All” et “Master Of Puppets” vient un extrait de l’album s’insérant entre les 2: “Ride The Lightning”. Par contre ce ne sera pas, comme beaucoup l’espéraient, Creeping Death, mais For Whom The Bell Tolls, Lars martelant ses toms pendant que Rob torture sa basse sur l’intro. Mon titre préféré de “Ride…”, et un grand soulagement de la voir jouée ce soir, puisqu’absent du live “Français pour une nuit” visionné la semaine précédente.
Et le black-out sur le 2ème couplet, même s’il ne dure qu’une seule seconde, fut pour moi un moment magique!

Le seul titre post-Black Album arrive et il n’est même pas présent sur un vrai disque des Four Horsemen, puisque c’est Hell And Back, sorti de l’E.P. “Beyond Magnetic” (regroupant 4 chansons provenant des chutes de “Death Magnetic”). Ceci explique pourquoi la foule semble moins virulente, la plupart ne connaissant peut-être pas la chanson.
C’est la 2ème fois que cette chanson est jouée en concert, mais  The Shortest Straw, habituellement jouée à cette place dans les autres pays, aurait sans doute été mieux accueillie.

Avant de continuer, petite parenthèse sur le son, qui était loin d’être médiocre pour un Stade (sauf le sous-mixage de Kirk évoqué plus haut). Seule les grosses caisses étaient un peu trop overdubées.
Mais ce n’était, évidemment et malheureusement, pas comparable avec le son d’une petite salle.

Metallica

Ca y est, nous l’attendions tous, nous étions tous là pour ça… “Metallica” arrive! 1991, studios One on One de L.A.: le début du “vrai” show est introduit par un mini-film retraçant l’enregistrement de l’un des plus grands albums de Metal de l’époque, et évoquant l’ambiance particulière se dégageant de ce moment. A la fin se font entendre les arpèges et la caisse claire inquiétante de l’intro de The Struggle Within.
Avec une temporisation parfaite, James entame le riff de ce morceau trop méconnu qui clôture l’Album Noir.
Et non, ce n’est pas Enter Sandman qui ouvre les festivités, puisque l’album sera joué… à l’envers! Dommage, peu de temps avant le concert je m’imaginais même frissonner à l’écoute des premières notes juste après The Ecstasy Of Gold.

Jouer les morceaux en ordre inverse est finalement une bonne idée, les titres les plus connus se situant au début du disque. Je vous laisse retrouver le CD chez vous pour vous rendre compte (et si vous ne l’avez pas, honte à vous!!!).

Les 2 moments forts pour moi seront sur Of Wolf And Man et Wherever I May Roam (dommage que l’intro à la sitar n’ait pas été joué live par Kirk), qui sont 2 titres que j’apprécie particulièrement.

A la façon de The Islander de Nightwish, le Stade se remplira d’une mer d’étoile grâce aux téléphones, appareils photo et briquets allumés sur Nothing Else Matters. Ca valait le coup de quitter la scène des yeux 20 secondes pour admirer.
A noter que celle-ci fut jouée « version album »; j’entends par là avec la batterie dès le début, pas à partir du 2ème couplet comme sur la plupart des concerts fin ’90/début 2000.

Bien entendu, cette partie du concert se  terminera par l’excellent Sad But True, suivi par l’incontournable Enter Sandman, avec feux d’artifices et effets pyrotechniques!

Retour vers le passé

Le groupe quitte la scène sous les cris, les applaudissements et les demandes de retour sur scène. Car non, Metallica ne peut pas finir un concert comme ça!

Alors, qu’aurons-nous en rappel? Fuel, comme sur les autres dates? Mais non, pas de chansons des 4 derniers albums j’ai dit!
Finalement c’est l’intro inespérée de Battery qui se fait entendre dans le Stade, et qui rallume d’emblée la foule qui repart de plus belle dans les pogos et autres slams (observés de loin pour ma part, heureusement).

Ensuite, extinction des feux! Plus d’écran, plus de lumière… et commencent à retentir dans le noir des explosions et des coups de feu. Telle est annoncée depuis 24 ans One. Même avec mes boules Quiès©, les explosions me font mal aux tympans: Metallica a mis les moyens!
Les accords de l’intro sont accompagnés d’un magnifique light-show de lasers (encore une fois, ça valait le coup de se retourner), et tout se termine dans un chaos total, entre explosion et jets de flammes.
Mais… il y a un mais: il faut se rendre à l’évidence concernant le jeu de Lars. Les passages à la double ont totalement été écartés de Battery, et il a complètement raté les sextuples croches (enfin je crois que ce sont des sextuples, j’ai du mal à les compter!) sur One. Vraiment, vraiment dommage.

James nous gratifie d’un petit discours; enfin! Depuis le début du concert, même si les Four Horsemen semblent heureux d’être là et se donnent à fond, ils n’ont pas été très bavards jusqu’à maintenant!
C’est donc désormais officiel: nous faisons tous partie de la “Metallica Family”. Cool, on aura notre part d’héritage?

James demander à rallumer toutes les lumières du Stade et d’aider le groupe à interpréter le morceau dont le titre ne fait plus aucun doute, car il s’agira bien du dernier ce soir, comme à chaque concert: Seek And Destroy!!!
Les fameux ballons géants sont lâchés, la foule se lance dans l’ultime pogo de la soirée, les Mets font durer le plaisir durant un break rallongé en faisant chanter le public, et le tout se termine sur quelques notes de Let There Be Rock d’AC/DC!!! Ouf!

Après 2h15 de spectacle, c’est maintenant l’heure des adieux, que les 4 gars de San Francisco feront aussi durer un peu, entre lancers de médiators (par poignées), distributions de baguettes et petits discours de remerciement (avec une petite allusion de Lars à 1998 pour les fans de foot, et les “CA VA BIEN???” de Rob).

Conclusion

Ce ne fut probablement pas le meilleur concert de Metallica, ceux-ci demeurant assez peu bavards entre les chansons, se contentant d’assurer (comme des pros!) le show; mais voir jouer le Black Album en entier était un évènement incontournable.
Et sur un point plus personnel, For Whom The Bell Tolls et Battery ont été des évènements dans l’Evènement à eux tout seul!

Il est maintenant temps de rentrer, attrapant de justesse le dernier RER A (après avoir affronté la marée humaine du RER B!), direction Disneyland pour récupérer la voiture et finir à la maison vers 2h30…

Set-list

The Ecstasy Of Gold
Hit The Lights
Master Of Puppets
No Remorse
For Whom The Bell Tolls
Hell And Back
The Struggle Within
My Friend Of Misery
The God That Failed
Of Wolf And Man
Nothing Else Matters
Through The Never
Don’t Tread On Me
Wherever I May Roam
The Unforgiven
Holier Than You
Sad But True
Enter Sandman

Battery
One
Seek And Destroy

Et j’attends encore que le Petit Journal diffuse la dédicace à mes amis!!!

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3 commentaires

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    Stamping.

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