Hellish Rock part. II, Olympia, Paris, 8 avril 2013

Il y a des évènements musicaux que chaque fan de Rock aimerait revivre, ou même avoir vécu au moins une fois dans sa vie.
Qui ne vendrait pas son âme pour voir Freddie Mercury sur scène? Ou un concert d’AC/DC avec Bon Scott? Ou pour voir Dio?
D’autres fois, la chose est théoriquement possible, mais on sait que ça n’arrivera jamais. Le retour de Tarja Turunen chez Nightwish? K.K. Downing sortant de sa retraite pour un ultime concert avec Judas Priest? Impossible.
Mais parfois, parfois, le miracle se produit. Qui aurait pu croire que Dave Mustaine de Megadeth ferait une tournée avec Metallica (plus les autres Big 4 bien sûr), se retrouvant même en fin de show pour taper le bœuf sur Am I Evil? Qui aurait pu prédire la reformation en 2012 de Black Sabbath avec (à une personne près) les membres d’origine? Qui n’avait pas espéré un retour sur scène de Led Zeppelin, Jason Bonham remplaçant son défunt père derrière les fûts?
Eh bien maintenant, allons plus loin encore. Car en de très rares occasions, ce genre de miracle se produit 2 fois! Et c’est là ce qui nous intéresse ce soir. Car ce soir, oui, pour la 2ème fois en ce début de 2ème millénaire, nous allons assister à un épisode crucial de l’Histoire du Metal: Helloween en tournée avec Kai Hansen, l’un de ses membres fondateurs et actuel leader de Gamma Ray! Gamma Ray qui, du coup, ouvrira pour les Citrouilles sur toute la tournée « Hellish Rock part. II ».
Le miracle avait déjà eu lieu, chez nous en France, à l’Elysée Montmartre le 5 janvier 2008. Ce sera ce soir dans la salle mythique de l’Olympia que l’évènement se reproduira.

Après cette intro digne d’un film Hollywoodien, commençons notre périple. Et le mot n’est pas trop fort, car il va y avoir du sport!
Ca commence plutôt bien, en arrivant devant l’Olympia ou une toute petite cinquantaine de personnes attendent. Il est pourtant 17h15. Les portes ouvrent tranquillement à 18h pétantes et mon pote Vince (cf. live report précédent sur Stratovarius à la Cigale) et moi avançons tranquillement vers le 2ème rang de la fosse, presqu’au milieu de la scène, un peu décalé à droite (tandis que mon paternel part trouver sa place en mezzanine). Nous y resterons jusqu’à la fin, avec beaucoup de mal; j’y reviendrai.

Shadowside

La salle se remplit très, très, très! doucement, et le premier groupe arrive à 19h30… oui, vous avez bien lu, nous avons poireauté 1h30 avec de voir débouler la 1ère partie! Heureusement, nous avons discutaillé avec les irréductibles du 1er rang, ce qui nous a fait passer le temps relativement vite. Suite aux interrogations concernant l’heure de fin du show, ces derniers nous ont informé que ce serait aux alentours de 23h30. Ouf! Au moins ce ne sera pas écourté comme avec Strato la semaine dernière à la Cigale!

Bref, revenons à Shadowside, car tel est le nom de cette 1ère partie. Groupe de Power brésilien à chanteuse, pas très original, malheureusement comme la plupart des groupes récents de ce type. Cela dit, la chanteuse en question possède un vrai charisme, et le groupe a été très bien accueilli.
Je me suis tout de même rendu compte que pour les premières parties, le centre est la pire place. On n’entendait quasiment pas la voix, et comme il n’y avait qu’une seule guitare dont l’ampli était à gauche, nous avons assisté à un concert de basse (car l’ampli de celle-ci était à droite, juste devant nous). Pour la batterie, même constat que pour la voix: on n’entendait pas les enceintes, trop sur les côtés, alors nous avions le son en direct.

Bref, pas très agréable tout ça, mais ce n’était nullement dû au talent du groupe. Ca n’aura duré qu’une petite demi-heure, mais après ça l’attente sera bien plus courte, car à 20h15 les lumières se ré-éteignent.

Gamma Ray

Comme à chaque concert des Ray’s, tout commence par Welcome, la magnifique intro de « Heading For Tomorrow », tout premier album du groupe, et ensuite déboule Anywhere In The Galaxy à fond les ballons, suivi de Men, Martians & Machines, suivi lui même par The Spirit; sans surprise donc puisque le procédé est le même que sur le DVD « Skeletons & Majesties Live ».
Le changement, c’est maintenant! Avec Dethrone Tyranny qui arrive bien plus tôt que prévu par rapport au DVD sus-cité.
Ce début de show nous laisse voir un groupe en pleine forme, ayant la banane pendant tout le spectacle, et un Kai Hansen très en voix! J’ai toujours un frisson lorsqu’il pousse son organe (sa voix, hein!!!) dans les aigües comme sur le 3ème couplet d’Anywhere In The Galaxy. Rhââ! Michael Ehré, nouveau venu derrière les fûts en remplacement de Daniel Zimmermann, assure un boulot impeccable. Pourtant la relève n’était pas facile à assurer! Henjo Richter a toujours la classe et nous sort ses habituels soli à 100 à l’heure avec ses 15 doigts sur chaque main (ouais, j’ai eu un peu de mal à compter avec la vitesse). Seul Dirk Schlächter (basse) est plus discret que d’habitude. Celui-ci étant sur la gauche, il viendra peu de fois nous voir, et parmi les quelques chansons sur lesquelles il a l’occasion de poser habituellement sa voix, aucune ne sera jouée ce soir. Dommage…

Place aux nouveautés maintenant: l’occasion est trop belle pour placer Master Of Confusion et Empire Of The Undead, les 2 titres inédits du nouvel E.P. des Ray’s (7€ à la Fnac, 20€ au stand merchandise, cherchez l’erreur). Auto-proclamé « E.P. le plus long jamais sorti », avec 60 minutes incluant les 2 inédits précités, quelques lives, des reprises et des ré-enregistrements; pour 7€, je ne peux que vous conseiller de l’acheter car en plus ces titres sont de grande qualité!
Malheureusement les pogos commencent à ce moment, et ne feront qu’empirer jusqu’à la fin.

Le dernier « vrai » album en date, « To The Metal! » (2010 déjà), souvent peu représenté en live, le sera bien ce soir: le groupe enchaîne Empathy et Rise, qui sont à mon sens les 2 meilleurs titres du disque.
Allez hop, un petit solo d’Henjo, fait assez rare pour être souligné. Puis le public commence à taper en rythme dans ses mains, de façon totalement improvisée mais qui tombe à point nommé car Kai nous incite à continuer sur le même rythme, avant de gratter les notes de In the Hall of the Mountain King, ce qui annonce, et ça tout le monde dans la salle le sait: Future World! Difficile de juger l’interprétation de cette chanson ce soir avec les pogos juste derrière moi. Mais en tant que Grand Classique d’Helloween/Gamma Ray, c’est toujours un évènement!
Troisième incursion dans l’album « To The Metal! » avec la chanson To The Metal! (haha) qui, paradoxalement, fait partie des moins bons titres du disque (car elle plagie trop Metal Gods de Judas Priest), mais qui passe vraiment, vraiment bien en live, grâce à son refrain fédérateur, que Kai fera d’ailleurs durer… l’occasion de m’apercevoir que peu de personne savent chanter les lignes de ce refrain, pourtant pas bien compliquées!

Le groupe quitte la scène. Nous ne savons si nous pouvons espérer un rappel ou pas, mais comme il n’y eut aucun salut de leur part et que les lumières ne se rallument pas, tout le monde commence à scander « Gamma Ray », avant de les voir revenir pour un dernier titre, et non des moindres: le traditionnel morceau de fin Send Me A Sign, qui sera jouée dans sa vraie version, et pas en acoustique comme sur la tournée précédente; et c’est tant mieux!

Un spectacle grandiose, ça aurait pu s’arrêter là… mais le meilleur reste à venir (à peu de choses près).

Helloween

La scène de Gamma Ray est démontée en 2 temps 3 mouvements et reste vide, avec un grand rideau flanquée d’une « citrouille pirate » blanche sur fond noir. Oh, un rideau qui cache la scène! Ca faisait longtemps!
Il n’empêche que ça produit toujours son petit effet, surtout lorsque, à 21h45 après le désormais traditionnel For Those About To Rock d’AC/DC (rhââ, frissons) et après que les lumières se soient de nouveau éteintes, le rideau se lève pour nous dévoiler… un autre rideau! Cette fois-ci il s’agit d’une sorte de filet de camouflage militaire, au travers duquel nous apercevons les 4 grosses caisses du monumental kit tout blanc, cymbales comprises, de Dani Löble, Markus Grosskopf sur un plateau surélevé à gauche, et Andi Deris, le meilleur chanteur du monde (c’est subjectif, mais c’est ce que je pense!) à droite, qui à eux 3 nous entonnent la chanson hommage à Freddie Mercury présente sur leur dernier album « Straight Out Of Hell »: Wanna Be God.
Eh bien si on m’avait dit que ce serait le 1er titre du show, je ne l’aurais pas cru car je l’aurais trouvé inadapté, mais j’aurais encore une fois eu tort! L’effet que ça produit est indescriptible (rhââ, frissons), et c’est l’explosion lorsque le rideau tombe pour de bon pendant que Sasha entame le mini-solo de fin. A peine le temps pour Andi de nous lancer un « Bonsoir Paris! » que l’intro du fantastique Nabataea déboule, morceau d’ouverture de « Straight Out Of Hell » et meilleure titre des Citrouilles depuis bien longtemps! Je viens de m’apercevoir en visionnant une vidéo sur YouTube qu’ils nous ont joué la version courte… dans l’excitation du moment, je n’y avais même pas prêté attention!
Pas le temps de souffler avant le traditionnel 2ème titre de toutes les set-lists d’Helloween (en tout cas dans 90% des cas): Eagle Fly Free. Ai-je vraiment besoin de commenter? Oui, un peu quand même, car c’était marrant de voir Andi faire semblant de mettre des bourre-pif à Markus (private joke probablement? car ils l’ont fait plusieurs fois pendant le spectacle)! Par contre l’intensité des pogos monte d’un cran…
Pour la suite, Andi nous annonce qu’ils ont sorti en janvier un nouvel album (ah oui?), s’intitulant « Straight Out Of Hell ». Et ce qui est bien dans cet album, c’est qu’il y a une chanson qui porte le même titre; quelle belle occasion pour nous la présenter, non? A partir de là, les pogos se sont quelque peu calmés, j’ai pu apprécier la suite un peu plus confortablement, jusqu’à un certain moment… j’y reviendrai. En tout cas, Andi est très en voix, et même si les conditions d’un concert en fosse ne permettent pas d’en juger réellement sur place, les vidéos YouTube le prouvent!
Pour revenir à ce que je disais, il est de toute manière peu commode de pogoter sur un titre mid-tempo tel que Where The Sinners Go, qui arrive maintenant. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment un titre tellement moyen sur disque dégage une telle intensité en live.
Par contre il y a certains morceaux, en les écoutant on se dit qu’on aimerait vraiment les entendre en live, en se disant que l’espérance est vaine car il sont trop typé « FM ». Et pourtant, nous avons eu droit ce soir à Waiting For The Thunder! En même temps, avec ce refrain taillé pour le live… on espère l’entendre de nouveau sur les prochaines tournées!
Retour dans le passé, mais pas trop loin, 1996 avec Steel Tormentor, que le groupe se plaît visiblement à jouer car nous l’avions déjà eu 2 ans auparavant. Et on ne va pas s’en plaindre!

Bon maintenant ça ne rigole plus: noir total dans la salle, une sirène qui retentit… des avions, des mitrailleuses, auxquelles rend écho Dani grâce à sa caisse claire… et c’est parti pour un solo de 5 bonnes minutes. Solo somme toute assez classique par rapport à d’habitude, même si c’est toujours impressionnant de technique, de feeling et de vitesse!
Gros retour en arrière cette fois, 1988 pour le Classique I’m Alive. Un reste de pogo persiste, plutôt « normal » pour un titre de cette trempe.
Autre titre légèrement « FM » du dernier album, Live Now! se retrouve également magnifié en live, en grande partie grâce à ses « wohoho » du refrain… refrain qui donnera l’occasion au groupe de faire durer la chanson en entraînant le public dans la fameuse joute gauche/droite: « Live Now! » à gauche, puis « Wohoho » à droite, puis le contraire… au final la droite a gagné! Normal, c’est là que je me trouvais.

Changement d’ambiance pour la suite: un halo bleu recouvre la scène, on apporte une guitare acoustique sur laquelle Sasha gratte les notes du dernier titre représentant « Straight Out Of Hell » pour ce soir: la ballade Hold Me In Your Arms. A l’instar de Stratovarius sur leur dernier album, celle-ci ne tombe pas dans la mièvrerie dégoulinante de guimauve et est réellement magnifique.
Et comme il est malpoli d’enchaîner une ballade avec un titre speed, on augmente doucement le rythme avec If I Could Fly, pendant laquelle Andi me fixe droit dans les yeux sur le pont entre le 2ème couplet et le refrain… pendant quelques secondes je me suis retrouvé comme chantant en duo avec le groupe, sans personne autour. Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais… ça va rester fixé dans ma tête, ça c’est sûr!
Bon, maintenant que l’ambiance est quelque peu remontée, on peut repartir pour de bon, avec l’un de mes titres préférés du groupe: Hell Was Made In Heaven… et je vais donc abréger cette review car j’ai peu de souvenirs de la fin du spectacle, occupé que j’étais à repousser ces crétins d’abrutis de connards de pogoteurs (si vous lisez, j’espère que vous vous reconnaitrez, et n’hésitez pas à laisser un commentaire!), ou à filer des coups de coude ou de boule en arrière (ça a fait mouche 2 fois, mais je n’ai pas su qui c’était).
Le morceau d’après était Power, avant le 1er rappel lors duquel on a pu « apprécier » (sic) Are You Metal? et le titre clôturant habituellement tout show des Citrouilles: Dr. Stein.

Un Hellish Rock ne pouvant se terminer sans une réunion Gamma Ray/Helloween, Markus réapparait et nous fait patienter avec un solo de basse sympa, avant que n’arrive le reste du groupe accompagné de Kai pour un medley Halloween/How Many Tears/Heavy Metal Is The Law (dont j’ai eu du mal à reconnaitre les 2 dernières).
J’avais tout de même espéré qu’ils jouent Halloween en entier, ou l’une des 2 autres masterpieces Keeper Of The 7 Keys ou King For 1000 Years… tant pis!

Il manque quand même une chanson sur la setlist, que ce soit celle de Gamma Ray ou d’Helloween, ce sera donc le grand final de ce soir: I Want Out, 4 guitares, 2 basses et pourtant nulle bouillie sonore, chaque note était parfaitement claire! Ils la font bien sûr durer, Andi et Kai joutant lors d’un concours de puissance (p*tain mais ils font ce qu’ils veulent avec leurs voix ceux-là, comment ils font?), faisant participer le public grâce au refrain… un vrai final digne de ce nom, ma foi!
Et voilà, après le salut des 2 groupes, le lancer de médiators (j’en ai un!), de baguettes et une peau de tom dédicacée par Dani (chanceux que celui qui l’a reçu!), le groupe quitte la scène sur fond de A Tale That Wasn’t Right, autre tradition Helloweenesque, à 23h30 précise, comme prévu.

Comme d’habitude avec Helloween et Gamma Ray, ce fut un show excellent malgré l’absence de grosse surprise (un petit Revelation ou The Dark Ride la prochaine fois?), comblant toutes les attentes d’un fan des 2 groupes, très souvent drôle à regarder, entre les bourre-pif précédemment évoqués, ou les lancers de médiators de Sasha que Markus s’amusait à rattraper avec la bouche… avant de les recracher de façon à ce que Sasha les récupère et continue à jouer! Seul Weiki, hormis 2 ou 3 chorégraphies de guitares, sera relativement discret… comme d’habitude me direz vous.
Mais la fin a été gâchée par des crétins dans le public.
Il faudra qu’un jour, ils se rendent compte que peu de groupes apprécient ce genre d’attitude. Faire des pits ne participe pas à l’ambiance, elle la dégrade; il suffit de voir comment les artistes ignorent totalement ces abrutis. Ce que les musiciens veulent, c’est d’entendre le public chanter, taper dans ses mains, headbanger ou sauter… et sauter sans bousculer, c’est possible, si si.
Mais bon, on ne dispose pas tous des mêmes facultés intellectuelles, et on retrouvera toujours des gens moins gâtés par la nature que d’autres, quel que soit le concert…

Setlists: Helloween, Gamma Ray, Shadowside.

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