HammerFall au Trabendo, Paris (3 février 2015)

HammerFall fait partie de ce que j’appelle désormais les « groupes Spotify »: je connais le nom, je connais la réputation, alors je décide d’aller les voir en concert, en prenant soin de me gaver de leur discographie pendant les quelques semaines me séparant de la fameuse soirée, grâce au sus-cité logiciel suédois. Et ça tombe bien, car le groupe en question vient du même pays (quelle transition!).

Ce qui est quelque peu différent avec ce groupe en particulier, c’est que HammerFall, ça envoie du bois. Mais vraiment. Et rares sont les groupes pour lesquels j’ai un tel coup de cœur (le dernier était Edguy). Bref, raison de plus pour ne pas rater ce concert dans la petite salle du Trabendo.

Serious Black

Me voilà donc sur la passerelle menant au Trabendo, et retrouvant les irréductibles des concerts parisiens que j’ai l’habitude de croiser. Petit moment sympa avec mes 2 potes quadra avec qui j’ai sympathisé chez Accept/Edguy/Saxon, accompagnés cette fois de la fille de l’un d’eux.

A 18h30, les portes ouvrent, et… je ne les reverrai pas de la soirée. Les gars, si vous me lisez, il faudra vraiment qu’on s’échange nos numéros la prochaine fois!

A 19h, ce n’est pas le parrain d’Harry Potter qui fait son entrée sur scène, mais le 1er groupe de la soirée: Serious Black. Autant le dire tout de suite, je n’ai absolument jamais entendu parler des 2 groupes accompagnant HammerFall ce soir.

Malgré tout, dès le 2ème morceau je suis conquis: du Power Metal propre et bien exécuté, et des refrains très accrocheurs. La voix parfois haut perchée, le style et les nappes de clavier me rappellent fortement Stratovarius. Et pour ne rien gâcher, les musiciens sont sympas et communicatifs, et n’hésitent pas à arpenter la scène de long en large, bien que celle-ci soit assez réduite. Il faut dire que la plupart des gens autour de moi semble bien connaitre le groupe, et certains connaissent les paroles sur le bout des doigts. Les 30 minutes passent à une vitesse folle!

Après quelques recherches sur internet, j’ai découvert que Roland Grapow (Masterplan, ex-Helloween) était à l’origine de Serious Black. Pourquoi n’était-il pas présent ce soir? Mystère, et c’est bien dommage.

Setlist de Serious Black

Orden Ogan

Le temps de changer quelques cymbales, et 10 minutes plus tard déboulent les allemands d’Orden Ogan. Je sens venir un énorme changement d’ambiance musicale à la vue des costumes de scène… et en fait non. Les armures en cuir ne sont donc pas réservées qu’aux obscurs groupes de Death Metal norvégiens.

Malgré tout, difficile de définir un style propre au groupe: tantôt c’est speed comme du Power, tantôt il y a de gros riffs comme du Thrash, tantôt il y a de l’accordéon comme du Folk-Metal, et le chant oscille entre le puissant et rauque façon Hansi Kürsch et le plus clair, façon Aaron Lewis (oui oui!).

Quoi qu’il en soit, musicalement c’est tout aussi agréable que Serious Black. Là où le groupe pêche, c’est concernant l’attitude sur scène: c’est statique! C’est mou! En totale contradiction avec la hargne des morceaux et la conviction du chanteur. Il y aura bien quelques headbangs, mais à quoi bon revêtir des costumes si impressionnants si c’est pour que chacun reste à sa place sans bouger le reste du temps…

Du coup le temps me parait plus long qu’avec le groupe précédent. Bon, en fait le temps est plus long puisqu’Orden Ogan joue 20 minutes de plus que Serious Black. Mais pour ma part, j’aurais bien interverti les 2 sets…

Heureusement les quelques interventions du chanteur (et son accent allemand sur lequel je pourrais accrocher mon manteau) entre les morceaux viennent un peu casser la monotonie. Il aura pourtant un peu de mal à mettre le public de son côté, et devra parfois réclamer un peu plus de bruit. Ce n’est pourtant pas faute de fans, qui semblent bien plus nombreux à connaitre les paroles que précédemment.

L’audience réagira surtout lorsque Seeb (le chanteur, donc) nous signalera que le public belge de la veille était un peu plus réceptif.

Tout ceci ira en s’améliorant sur la fin, l’occasion nous étant donnée de chanter sur les refrains des 2 derniers morceaux grâce à un cours de chant dispensé par Seeb, bien décidé à ne pas nous abandonner sans combattre!

Finalement, ces 2 mises en bouche auront été bien agréables. Ça faisait longtemps que des 1ères parties inconnues ne m’avaient pas laissé une si bonne impression. La soirée commence donc très bien.

Setlist d’Orden Ogan

HammerFall

Point de fioritures pour la tête d’affiche de ce soir, le décor brille carrément par son absence. La batterie était même découverte pendant les 2 shows d’ouverture.

C’est donc en toute simplicité qu’HammerFall arrive sur scène pendant l’intro sur bande et entame bien évidemment « Hector’s Hymn », premier titre du dernier album, (r)Evolution. Autant dire que, d’entrée de jeu, ça déménage.

Je pourrais dire que lors de cette soirée, le groupe a joué tel ou tel classique, mais… tous les morceaux d’HammerFall sont des classiques! Si j’étais mauvaise langue, je dirais que les suédois sont arrivés pile au bon moment, c’est-à-dire lorsque leurs homologues américains de Manowar commençaient à perdre leur inspiration. Mais là je vais me faire des ennemis!

Une setlist remplie de classique, je disais donc, la preuve avec cet « Any Means Necessary » arrivant en 2ème position, au refrain pas si facile à chanter. Malgré cela, Joacim Cans nous fait confiance et ne reprend le micro que pour les couplets.

Petit coup de gueule: à chaque concert il y a, quelque part, tapi dans l’ombre et prêt à venir faire chier le monde, le boulet de la soirée. Eh bien ce soir, il était juste à côté de moi. Ou plutôt, il s’est faufilé juste à côté de moi… quitte à dégager 2 jeunes filles qui n’avaient rien demandé à personne pour se mettre devant elles, appareil photo greffé au bout du bras.

Ayant cru naïvement que ce cinquantenaire petit et moche venait juste pour prendre quelques photos de près et repartir, j’ai attendu quelques instants avant de lui signifier poliment de laisser les filles repasser devant. Réponse: « C’est un concert, c’est normal que ça bouge! »

Imaginez ma tête… et ma réponse: « C’est un concert, alors on regarde et on écoute, et on ne filme pas toute la soirée avec son APN merdique! » Avant de poser ma main droite au niveau de son cou pendant que la gauche attrapait le bras d’une des 2 filles pour la faire repasser devant, entrainant sa copine dans la foulée. Après quelques regards suffisamment agressifs histoire de prévenir un futur autre incident de ce genre, j’ai pu profiter du reste du concert, avec des remerciements appuyés de la part des 2 filles dont j’étais le héros d’un soir (et modeste en plus).

Mais sans déconner: ok, un concert ça bouge, ça saute, ça pogote, ça mosh-pite (j’invente des verbes), mais passer devant tout le monde juste pour prendre des photos de merde, c’est minable. Et encore plus lorsqu’on profite de personnes ne pouvant pas vraiment se défendre.

Fin du coup de gueule.

Comme je le disais plus haut, difficile de contenter tout le monde tant la discographie des suédois regorge d'(Hector’s) hymnes. Et aucun album ne sera mis aux oubliettes, y compris le mal-aimé Infected, représenté par un « B.Y.H. » fort à propos dans un concert de Metal (pour ceux qui ne suivent pas, « B.Y.H. » étant l’acronyme de « Bang Your Head »).

Les différents groupes de ce soir ayant décidé d’apprendre les paroles de leurs chansons au public français (et mauvais en langues étrangères, c’est bien connu (et vérifié)), Joacim nous apprendra à quel moment placer le « fall! » de « Let The Hammer Fall ».

Parmi tous ces titres taillés pour la scène, il semble difficile pour le groupe de laisser la place au dernier né: seuls 3 titres seront joués, c’est-à-dire le 1er évoqué en début de chapitre, « We Won’t Back Down » et le massif « Live Life Loud ». Il semble que « Bushido » ait été joué sur les autres dates de la tournée, et il est fort dommage qu’il n’en est pas été de même au Trabendo; car ce titre mériterait vraiment de devenir un incontournable!

Bien sûr, il y a toujours des titres un peu plus spéciaux que d’autres… forcément, tout le monde pense à « Glory To The Brave », repris en chœur et par cœur par toute l’audience; de quoi donner des frissons au plus dur des Metalleux tatoués.

L’autre titre traditionnel sera « HammerFall », joué à la fin de la 1ère partie du show après que Joacim ait présenté tous les membres du groupe. Et nous touchons du doigt un sujet qui fâche: était-ce bien HammerFall que nous avons vus ce soir? En effet, deux des membres habituels étaient remplacés: David Wallin (Pain) remplace Anders Johansson parti vers d’autres horizons, tandis que l’ancien guitariste Stefan Elmgren reprend la basse de Frederik Larsson, ce dernier ayant eu l’étrange idée de faire un gosse…

60% du groupe est quand même présent, ne boudons pas notre plaisir. Ces petits changements donneront d’ailleurs l’occasion à la session instrumentale (sans Joacim donc) de nous offrir un medley qui modifie quelque peu la routine: Pontus Norgren entamant un solo sous notre nez, et s’arrêtant alors que des notes résonnent encore. Quoi? HammerFall jouerait donc en playback? Que nenni, en fait Stefan a repris la place qui était la sienne derrière sa six-cordes, et laisse Pontus s’occuper de la 4, pendant que s’enchaineront des extraits d' »Hero’s Return », « The Dragon Lies Bleeding » et « Riders Of The Storm » dans des versions sans paroles.

Et, de nouveau le sujet qui fâche: le show n’ayant duré en tout et pour tout qu’1h30, rappel compris, n’aurions-nous pas mérité quelques minutes de plus en jouant ces titres en entier?

A propos, c’est lors du rappel qu’aurait dû être joué « Bushido », mais comme je le disais plus haut nous n’aurons droit qu’à 2 chansons: « Templars Of Steel » et « Hearts On Fire ».

Le groupe quittera la scène sur « Dreams Come True » diffusé sur bande pendant la distribution de médiators et de baguettes (caramba! encore raté…). Et on aurait bien aimé que le dream dure un peu plus longtemps… mais ne boudons pas notre plaisir: mieux vaut 1h30 avec un groupe en pleine forme comme l’a été HammerFall ce soir, que 3h où l’on s’ennuie (non, je ne citerai personne!).

Setlist d’HammerFall

Publicités

2 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s