Lordi au Trabendo, Paris (17 mars 2015)

Je pense que je me souviendrai toujours de ce samedi 20 mai 2006, tandis que j’étais chez mes parents, dans ma chambre, lorsque ma mère me cria à travers la cloison: « Viens voir l’Eurovision à la télé! ». Et moi de répondre « Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse, l’Eurovision? »

Puisqu’elle insistait, poussé par la curiosité, je finissais par aller voir ce qui se passait sur la 3ème chaine nationale française et qui faisait penser à ma chère maman que je pourrais m’intéresser à un concours de chansons ringardes (ou un concours ringard de chansons – ou un concours ringard de chansons ringardes).

C’est alors que je découvris, comme beaucoup d’européens (et peut-être de Metalleux aussi), le groupe finlandais Lordi et son « Hard Rock Hallelujah », titre très efficace de Hard-Rock imprégné des années 80 jusqu’à la moelle, et qui leur fit remporter ledit concours ringard.

Cela dit, la victoire incombe probablement plus à l’accoutrement des membres du groupe qu’à la chanson jouée ce soir-là. En effet, pour ceux qui ne connaissent pas, le leader/chanteur Mr. Lordi, avant de se lancer dans la musique, a étudié le cinéma, et notamment le maquillage d’horreur. Le résultat du mariage de ces 2 mondes donne des costumes de scène très impressionnants à tendance gore derrière lesquels il est impossible de reconnaitre les musiciens.

Quoi qu’il en soit, Michel Drucker ne s’en est toujours pas remis (un animateur télé que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaitre; enfin, en parlant de ringardise, il y a probablement sa photo à côté de la définition dans le Petit Larousse).

Ayant déjà raté plusieurs de leurs passages en France, me voici donc à l’entrée du Trabendo, un peu plus d’un mois après HammerFall.

Hollywood Groupies

C’est en mode tranquille que j’arrive à l’entrée de la salle. Un peu trop tranquille d’ailleurs car le 1er groupe est déjà sur scène. Il est 19h05, à mon avis ils viennent juste de commencer. Après avoir déposé mon sac à la consigne je me rends donc dans la fosse et j’atteins sans problème le 3ème rang dans un Trabendo plus que vide…

Cela ne démotive pas le moins du monde les membres d’Hollywood Groupies, qui nous viennent… non pas de Los Angeles, mais d’Italie. Avec un tel nom on aurait pu s’attendre à un groupe de filles, mais il n’y en a que deux. Cela dit, ce sont tout de même ces 2 nanas qui occupent le devant de la scène, la brune au chant, la (fausse) blonde à la lead guitare. Et elles assurent!

Il s’agit de Hard-Rock old school, ce qui est pile poil dans l’esprit de la soirée, et le son est étonnement fort et clair pour un groupe d’ouverture. La voix de la chanteuse fait un peu penser à Battle Beast, un chouia moins rauque.

Une bonne surprise de 30 minutes qui me fait regretter de ne pas être arrivé à l’heure. En tout cas la blonde se fait un devoir de chauffer la salle, avec des « Scream for me » même pendant le démontage de la scène!

Pas de setlist sur setlist.fm, désolé!

Dirty Passion

C’est maintenant à un groupe suédois (c’est marqué sur leur logo) de faire leur entrée à 19h50. Encore une fois ça sent bon les années 80, jusque dans le look qui rappelle quelque peu Motörhead; ou peut-être est-ce juste à cause du chapeau qu’arbore le chanteur pendant le 1er morceau.

Les compos sont bonnes, le public semble un peu plus réactif, la salle se remplissant peu à peu aidant (bien que ce ne soit pas bondé; à mon avis le concert était très loin d’être complet). Par contre, fait étonnant, le son est déplorable, bien pire que pour les Hollywood Groupies. La basse est bien trop forte et couvre tous les autres instruments.

A propos du bassiste, celui-ci prendra le micro entre 2 titres pour nous annoncer une chanson évoquant une peine de cœur et qui s’intitule « Bitch »… sans commentaire. A la fin de celle-ci, et histoire de dire qu’ils respectent quand même la gente féminine, il reviendra nous présenter une ballade pendant laquelle le chanteur troquera sa guitare électrique contre une acoustique, nous permettant d’apprécier sa voix, qui est vraiment très belle dès lors que la basse ne vient pas la rendre inaudible!

Malgré ces problèmes de son, les 40 minutes allouées à Dirty Passion passeront bien vite, le groupe possédant un réel charisme et des morceaux très efficaces, le tout saupoudré d’un peu d’humour (« Are you ready for Lordi? So you have to wait one more song! »).

Setlist de Dirty Passion

Lordi

Après une musique d’attente assez étrange (entre Country et sons psychédéliques bizarres) et « God Of Thunder » de Kiss, les lumières s’éteignent et une hôtesse de l’air fait son entrée pour une intro assez originale sous forme de consignes de sécurité un peu macabres. Question accessoires, je crois que ses 2 bâtons lumineux sont en fait des sabres laser de chez Disney repliés (vous savez, les moches en forme de cônes).

Et alors que je m’attendais à « Scare Force One », titre éponyme ouvrant le nouvel album, c’est « Nailed By The Hammer Of Frankenstein » qui vient nous clouer le bec après l’arrivée des monstriciens.

Parlons sans plus attendre de ce pour quoi est connu le groupe: les costumes sont magnifiques. Beaucoup plus impressionnants en vrai qu’à la télé (ou sur YouTube), et vraiment très, très bien réalisés. Quand on sait qu’ils passent plus de temps au maquillage que sur scène, on comprend pourquoi!

Le titre suivant, « This Is Heavy Metal », s’inscrit dans la plus pure tradition de Lordi: cliché à fond. Et ça marche, tout le monde chante le refrain! Sans temps mort on enchaine sur le morceau suivant: « Hard Rock Hallelujah », la fameuse chanson présentée à l’Eurovision. On pourrait croire que le groupe tablerait sur ce morceau en fin de concert, car il est connu de tous et ferait un malheur en clôture, mais ils préfèrent le placer dans le trio de tête, ce qui est tout à leur honneur.

Les musiciens font enfin une pause (et ils doivent avoir chaud!), le temps que Mr. Lordi présente le titre éponyme à l’album Deadache. Je remarque que sa voix, au naturel, est aussi rauque que lorsqu’il chante. Impressionnant.

Hella nous jouera sa « Hella’s Kitchen » en intro d' »Hell Sent In The Clowns » (au lieu de « Sir, Mr. Presideath, Sir! » que j’espérais et qui fait suite sur l’album) pendant qu’une jeune fille arpentera la scène, se demandant ce que fait là cette poussette… avant qu’un bébé démoniaque n’en surgisse et l’attrape, la forçant à fuir! Car Lordi sur scène, c’est un spectacle permanent, à l’image des clowns de la chanson venant nous jeter du sang… sang qui devait appartenir à un diabétique, car pour coller comme ça il doit être bien sucré. Heureusement je n’en ai quasiment pas reçu (un peu sur les chaussures et sur le jean’s, bon pour un nettoyage).

Et des spectacles de ce genre, il y en aura tout le long du show, entre la sorcière inquiétante venant nous jeter des sorts, Mr. Lordi mangeant les entrailles d’un cadavre, ou nous « arrosant » avec sa machine à fumée, ou nous menaçant de sa scie circulaire… un régal pour les yeux autant que pour les oreilles!

Les classiques du groupe seront bien sûr présents, tels « Blood Red Sandman », « Give Your Life For Rock N’ Roll » et « It Snows In Hell » (pendant laquelle il a réellement neigé au Trabendo… de la mousse), étant parfaitement complétés par les titres du dernier album déjà évoqués (auxquels s’ajoute « How To Slice A Whore ») et les solos de chaque membre du groupe (d’abord Mana à la batterie, puis Ox à la basse, et enfin Amen à la guitare, orné d’une coiffe de pharaon et jouant le riff de « 7 Nation Army » repris en chœur par toute l’audience).

Petit bonus, « Don’t Let My Mother Know » sera jouée, celle-ci étant en fait la face B du single « Devil Is A Loser ». Et justement, « Devil Is A Loser » conclura la 1ère partie du show, juste après un « Sincerely With Love » que Mr. Lordi dédicacera à tous les patrons ou profs qui pourraient nous importuner le lendemain du show à cause de notre tête de déterré (expression de circonstance). C’est ainsi que tout le monde reprendra en chœur les « Fuck you asshole » du refrain, majeur levé en direction du groupe (à leur demande bien sûr).

Après un très court rappel, la fin n’est en fait que le commencement du dernier album, avec l’intro « Arm Your Doors And Cross Check » suivie (enfin!) du titre « Scare Force One ».

Il manquait 2 énormes classiques pour parfaire cette soirée, c’est donc sur « Who’s Your Daddy » et « Would You Love A Monsterman? » que ce spectacle se terminera, avec le traditionnel lancé de cotillons de Mr. Lordi.

Avec plus de moyens et des salles plus grandes, nul doute que Lordi saurait offrir un show bien plus impressionnant, à l’image de Rammstein ou Alice Cooper par exemple.

Setlist de Lordi

Sinon, un colis suspect m’a obligé à faire un long détour en métro puis à pieds pour rejoindre la gare RER de Vincennes. Ça n’a rien à voir, mais ça m’a énervé. Voilà!

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