AC/DC au Stade de France (Saint Denis), 23 & 26 mai 2015

AC/DC en tournée, de nos jours ça n’arrive qu’une fois tous les 5 ans environ. Alors autant dire que les places se vendent comme des petits pains, même avec les habituels commentaires « ils sont trop vieux », « ils n’ont plus la hargne d’antan », « à quand les déambulateurs sur scène »… dont nous gratifient les ignares qui ne connaissent du groupe que « Highway To Hell » (et éventuellement « Back In Black » pour les plus cultivés).

De fait, en ce jeudi 18 décembre 2014, jour de mise en vente, impossible d’obtenir un billet pour le concert du 23/5. Je me rattraperai le lendemain pour la mise en vente du 26/5, avec 4 PelOr (+ 1 cat. 1 en gradins achetée plus tard pour ma Môman, qui n’a jamais beaucoup apprécié le Hard-Rock (ni même la musique en général), mais tant pis, il faut qu’elle voit ça au moins une fois dans sa vie, et peut-être qu’elle changera d’avis).

Une date sur deux… mais c’était sans compter la formidable communauté du forum Highway to AC/DC (le site le plus exhaustif existant sur le groupe) qui m’a fait retrouver foi en l’humanité en me dégotant presqu’au dernier moment une place en PelOr du 23/5 afin que je puisse profiter des 2 shows parisiens!

Me voici donc arrivé le samedi 23, jour du 1er show, aux abords du Stade de France, toujours aussi impressionnant de l’extérieur, et encore plus de l’intérieur. J’y retrouve quelques membres de la fameuse communauté H2ACDC (abréviation officielle ® ) qui, bien que formidable comme je l’ai dit plus haut, est parfois décevante sur certains points: eh oui, sur mon pack de 20 bières que j’avais emportées pour les remercier de m’avoir trouvée la place, seules 8 ont trouvé preneur! Oh les gars!

Toute plaisanterie mise à part, nous voici entrés dans le Stade à 17h30, en compagnie de mon vendeur de billet bien sympathique, placés à une dizaine de mètres des barrières et à environ 5 mètres du bout de l’avancée de scène, côté Cliff. Malheureusement les rencontres avec les autres forumeurs auront été bien trop courtes, et surtout nous ne les reverront plus de la soirée (impératifs de retour, etc.). Un peu dommage.

No One Is Innoncent

C’est donc le fameux groupe de Rock parisien qui entame les hostilités ce soir à 18h30, et ils n’en sont pas peu fiers, comme nous le dira le chanteur! Une petite demi-heure leur est accordée. Pas grand-chose à dire sur leur prestation: c’est propre, carré. Le son m’a paru étonnement correct pour une première partie, sauf la voix du chanteur un peu noyée sous les instruments; un peu dommage vu que la plupart des textes sont en français. Celui-ci finira tout de même torse nu, malgré ce petit vent frais qui traverse le Stade (point de pluie aujourd’hui, j’avais prévenu mes amis du forum que je contrôle le climat; quand je fais quelque chose en extérieur, il fait toujours beau!).

De la part d’un groupe au discours engagé comme NOII, impossible de passer à côté de l’hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier dernier. C’est toujours sympa, même 4 mois après les évènements.

Setlist de No One Is Innocent, 23/5

Vintage Trouble

Arrivant à 19h30, le 2ème groupe de ce soir rend honneur aux années 70, avec un hommage à la Soul et au Funk de cette période, jusque dans les costumes, la gestuelle, et même le design du micro! Le show est assuré par le chanteur Ty Taylor qui se démène sur scène affublé de son costume à carreaux violet et rouge, accentuant sa ressemblance avec James Brown.

Musicalement ce n’est pas mon truc, même si je me surprends parfois à hocher la tête en rythme (d’autant que le son est également très bon). Cela dit, rien à reprocher à la prestation, et comme le disait mon camarade du soir, aux moins ils ont les cojones d’y aller à fond sans craindre de se faire jeter par le public composé des fans parfois trop élitistes d’AC/DC.

Ty Taylor ira même jusqu’à prendre un bain de foule, tout en continuant à chanter. Pour ma part les 40 minutes allouées à Vintage Trouble finiront par avoir raison de ma patience: non que la Soul me soûle (haha), mais les « I can’t hear you » répétés jusqu’à plus soif par le chanteur ont fini par m’agacer au plus haut point. Je n’ai pas compté, mais il a bien dû le dire au moins 60 fois… sans exagérer!

Setlist de Vintage Trouble, 23/5

AC/DC

L’attente se termine enfin, tandis que mon fournisseur de places rares et moi finissons de nous déshydrater en attendant en vain un dernier passage du désoiffeur qui ne reviendra jamais.

A 20h55 la musique d’attente (inaudible par ailleurs) s’arrête pour laisser place à la vidéo d’intro du concert. Sur les écrans géants défile un dessin animé représentant 2 astronautes (Armstrong et Aldrin?) arrivant sur la Lune et découvrant une météorite flanquée du logo AC/DC. Celle-ci, après avoir redécollé (toute seule!), se dirige droit vers la Terre, saluant au passage notre fameuse Rosie qu’on reverra plus tard dans la soirée (mais que faisait-elle dans l’espace?), dépassant le Rock N’ Roll Train (hommage à Galaxy Express 999?), détruisant la Hell’s Bell (quel bordel dans l’espace dites-moi!) et venant finalement s’écraser sur la Planète Bleue au moment où le groupe fait une entrée fracassante, aidée par les feux d’artifice, Angus entamant le riff de « Rock Or Bust » dans la foulée! Choix quelque peu étrange au tempo lent pour entamer un concert, mais après tout il faut bien introduire le dernier album!

Le public réagit au quart de tour, scandant le refrain, de la fosse aux gradins déjà debout. La Pelouse Or a déjà fait un bond de 10 mètres en avant, et ça continue de bien bouger pendant les 3 premiers morceaux.

Et justement, ce ne sont pas « Shoot To Thrill », « Hell Ain’t A Bad Place To Be » et « Back In Black » qui vont calmer les ardeurs des fans montés sur ressort!

Quant aux oreilles, les watts sont libérés: le son est fort, très fort, trop fort. Cette critique reviendra souvent après le show; selon l’endroit où l’on est placé, impossible d’enlever les bouchons d’oreille. Et, encore pire, le son est mauvais! Les riffs d’AC/DC sont suffisamment aiguisés pour être reconnaissables, mais la voix de Brian est noyée, et les solos peu précis. Assez étrange compte tenu de la qualité sonore des groupes d’ouverture.

Mais cela n’aura aucun impact sur l’ambiance générale. Après l’inévitable « Play Ball » placé dans la setlist en tant que 1er single du dernier album éponyme, les classiques s’enchainent, tel « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » et la rythmique implacable de Chris Slade, affublé de ses 2 grosses caisses sur les côtés. « Thunderstruck » suivra, le public réagissant seulement à partir des arpèges d’Angus malgré la rythmique au Charley reconnaissable entre toutes, et ceci précédant un « High Voltage » digne du Donington 92, bien que raccourci dans son break et amputé de quelques mesures sur sa magnifique intro (je parle de la fameuse version Live). Ce titre n’en reste pas moins, de l’avis général, l’un des meilleurs moments du concert!

Les mauvaises langues diront que les tournées d’AC/DC se suivent et se ressemblent: pourtant, le groupe réussit toujours à nous surprendre avec un titre inattendu dans la setlist. Eh bien ce soir, ce n’est pas un morceau-surprise qui nous sera offert, mais tout un paquet! Ça commence avec « Rock N’ Roll Train », très efficace et taillé pour la scène. Un peu plus tard, les australiens iront piocher plus loin dans leur passé avec des totalement inattendus « Sin City », « Have A Drink On Me » et son envolée lyrique de toute beauté après le solo et, dans une moindre mesure, un « Shot Down In Flames » encourageant les pogos (bien que sur du AC/DC, ça reste gentil, on n’est pas là pour lancer des mosh pits!). Même le dernier rejeton du groupe aura droit à sa surprise, représenté par « Baptism By Fire » tandis que nous aurions pu nous attendre à « Rock The Blues Away » en tant que 3ème single du disque.

De très bonnes surprises donc, mais aussi quelques manques pour les habitués: pas de « The Jack » (personnellement je ne m’en plains pas), pas de strip-tease d’Angus (il se contentera d’enlever sa veste en milieu de show, puis sa cravate un peu plus tard); la Hell’s Bell est toujours là (ouf!) mais Brian ne se suspend plus à sa corde. Malgré tout, ceci se comprend parfaitement, 67 ans le bonhomme tout de même! Et hormis sur la fin du show, peu d’originalité sur les écrans (des éclairs sur « Thunderstruck », et le reste du temps on voit simplement le groupe sur scène).

L’espace alloué aux 2 front-men se trouve également rapetissée, et n’est étoffé d’aucun décor impressionnant tel que sur les dernières tournées: seul un mur d’amplis Marshall (probablement vides) fait office de fond de scène en dessous de l’écran géant. Moi qui aimait le côté gigantisme et tape-à-l’œil d’AC/DC, avec son mur qui s’effondre sous l’impact de la boule de démolition de Ballbreaker, la statue géante d’Angus de Stiff Upper Lip qui crachait des flammes ou le train de Black Ice qui défonçait la scène à l’arrivée du groupe, je me vois quelque peu déçu. Enfin, ceci est relatif quand même!!!

Plus non plus d’incessantes allées et venues le long de l’avancée dans le public: celle-ci ne s’élèvera à hauteur de scène que sur le final de « Whole Lotta Rosie », à l’instar de la traditionnelle poupée gonflable au fond avant que ne démarre le morceau.

Mais nul besoin d’aller au milieu de la foule pour communier avec le public: le refrain de « You Shook Me All Night Long » (en mode karaoké sur les écrans géants) est là pour le prouver. Et encore, ce n’est rien comparé à l’un des points culminant de ce soir: le fabuleux « T.N.T. » dont les « Oï » des 80000 personnes présentes ont littéralement recouvert la musique malgré l’avalanche de décibels dont nous ont arrosé les Boyz depuis 1h30.

Bien évidemment, le show se terminera sur l’inévitable, le fantastique, le légendaire… « Let There Be Rock » qui déchaine une nouvelle fois l’audience, finissant de nous achever sous un déluge de lumière… de son… de batterie… de guitares… et de Rock! Angus s’avancera sur la plateforme montante de l’avancée de scène pour finir en se roulant par terre, le genou en sang, pendant que des images des symboles de la carrière du groupe défilent sur les écrans (avec un petit hommage à Bon Scott) et que la session rythmique tricote en fond de scène. Mention spéciale à Stevie qui remplace son oncle de façon plus que convaincante, et ce n’est rien de le dire! Cliff a toujours son style « classe discrète », et Chris cogne, cogne, cogne… obligé de jouer en décroisé sur ce titre pour ne pas fatiguer, chose qu’il ne fera qu’à ce moment du concert (même sur « Whole Lotta Rosie » il jouait en croisé double-croche, mais il faut dire qu’elle ne dure pas 10 minutes, elle!).

Quant à Brian, on le sent quelque peu fatigué, mais qui est capable d’assurer comme ça à son âge? Personne. Sa voix est malgré tout usée, bien que son timbre encore plus rocailleux que d’habitude convienne parfaitement aux morceaux joués.

Le groupe nous quittera après le long solo « vraiment tout seul » d’Angus, perché sur les amplis du fond de scène, dernière communion avec le public qui répond du tac-au-tac à chaque sollicitation du diablotin en short.

Allez, personne n’y a cru, évidemment que le groupe revient, après une pause assez longue (comme entre chaque chanson cela dit). Quelques notes de guitares tandis que de la fumée sort violemment du centre de la scène; et Angus apparait tel un diable surgissant de sa boîte, affublé des fameuses cornes qui recouvrent le Stade de leurs points rouges clignotants, et enchaine sur le 2ème riff de guitare le plus connu au monde (ouais, le 1er c’est « Smoke On The Water »). Inutile de dire à quel point le Stade est enflammé lors du refrain: tout le monde connait, tout le monde chante « Highway To Hell »!

Et malheureusement on sait que le spectacle touche à sa fin lorsque les arpèges de « For Those About To Rock » viennent nous saluer. Dernier moment d’émotion sur cette rythmique lente et lourde, composée pour remercier les fans présents à chaque concert depuis que cette chanson a été composée il y a 31 ans, avant les salves de canons, véritable tradition dresseuse de poils sur les bras, puis le dernier défoulement avant le long final du groupe, complété par quelques dernières salves, feux d’artifice, les derniers confettis lâchés pendant le solo de « Let There Be Rock » finissant de neiger sur nos têtes… et probablement une petite larme pour ceux qui n’y retourneront pas sur cette tournée; mais ce n’est pas mon cas!

Il est maintenant temps de rentrer avec mes covoitureurs d’un soir, après avoir partagé un dernier verre le temps que le parking se vide (une moitié de verre en ce qui me concerne, histoire d’arriver vivant à la maison), des images plein la tête, sachant que dans moins de 3 jours on remet ça!

Setlist d’AC/DC, 23/5

Et le 26/5 alors?

Eh bien le mardi 26, peu de changements sur scène. Les différences viendront de Ty Taylor et Angus qui changent de couleur: le 1er arbore désormais un ensemble pantalon noir/veste rouge plus classe que le samedi, et le 2ème a troqué son costume rouge contre un bleu foncé plus sobre (et un pansement au genou, vestige du précédent show). Mais le reste, tant les setlists que les décors où les animations sera identique.

Niveau qualité, nous noterons un bien meilleur mixage que la soirée du 23/5, et ce pour tous les groupes, même si la tête d’affiche est encore une fois flanquée d’un volume insoutenable sans protections auditives.

Les australiens seront plus déchainés que jamais après ces 2 jours de repos; même Brian sera un chouia plus communicatif, au début du set en tout cas. J’ai quand même grillé Chris qui jouait en 3 temps sur « Let There Be Rock » pour économiser ses forces, petit malin! Il y a aussi eu un blanc de la guitare rythmique sur les 1ères mesures de « Shoot To Thrill », mais j’ai vu que Stevie jouait à ce moment, je pense donc que c’était un problème de régie.

Sinon, histoire de varier les plaisirs, j’assisterai à ce 2nd show avec un collègue, sa fille et mon habituel compagnon de concerts Ivo, placés de l’autre côté de l’avancée de scène, c’est-à-dire côté Stevie, comme ça pas de jaloux!

Et ma mère en cat. 1 tribune basse. Son verdict: ambiance géniale, foule impressionnante, un « tapis de cornes clignotantes », et… ouais, il faut voir ça une fois dans sa vie! Mission accomplie.

J’ai trouvé le concert meilleur que celui du 23/5, notamment en raison du son, et aussi de l’ambiance là où je me trouvais: pendant les titres les plus rapides, ça se bousculait gentiment (sans le fameux relou torse nu désireux de partager sa sueur avec ses voisins que nous connaissons tous en concert). Je me suis même surpris à entrer dans un pogo, moi qui déteste ça habituellement (quand je dis « pogo », entendons-nous bien: il s’agit d’AC/DC, c’était vraiment bon enfant).

Une soirée encore plus mémorable, un groupe encore plus en forme… avec le recul ce 26/5 restera comme l’un des meilleurs concerts que j’ai vécu!

Setlist de No One Is Innocent, 26/5

Setlist de Vintage Trouble, 26/5

Setlist d’AC/DC, 26/5

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s