Alcatraz Metal Fest (Courtrai, Belgique), le 8 & 9 août 2015

Cette année, faute de Hellfest ou de Graspop, il fallait bien que je me fasse au moins un festival! J’ai donc jeté mon dévolu sur la petite ville belge de Courtrai (Kortrijk en V.O.) et son Alcatraz Metal Fest; rien que le nom annonce du lourd, et c’est du lourd que nous avons eu, à tous les niveaux (musique, paquetage et météo!).

Après une dure journée de travail entamée à 7h du matin (et ce n’est pas durant ce week-end que nous allons rattraper nos heures de sommeil), nous voici donc parti en début d’après-midi du vendredi, avec Ivo mon pote de concerts toujours fidèle au poste, non sans avoir récupéré au passage un « BlaBlaCareur » histoire d’amortir les coûts.

Arrivés bien tôt à notre ville-étape Lille où nous serons hébergés par un pote bien sympa du forum Maiden France, nous avons même le temps de trainer un peu dans cette belle cité (même si rien ne vaut la campagne!), puis de récupérer un autre gars du forum, Pierrot, à la gare avant de manger un morceau, puis de trainer jusqu’à une heure avancée de la nuit dans un bar (le Black Night, très bonne ambiance!), et enfin de retourner à notre logement temporaire afin de savourer notre plus longue nuit du week-end.

Samedi 8 août 2015

Bien évidemment, le temps de se réveiller, de petit-déjeuner, d’attendre que notre dernier compagnon de route arrive en métro, nous sommes déjà bien en retard. Après avoir cherché un bon moment une place de parking (moment d’anthologie, finalement on a grugé pour aller sur le parking du camping; bien joué Ivo!), la pose du bracelet est rapide, mais nous trainons un peu trop aux stands de merchandising et nous ratons, au grand damne de Pierrot, les premiers groupes qui sont Wolf à 11h et Armored Saint à 12h05. Peu m’importe personnellement, les groupes qui m’intéressent viennent après.

Le site est plutôt beau, composé d’une unique scène au fond (très bien décorée par ailleurs, notamment avec 2 Harley Davidson de chaque côté), des stands de nourriture et boissons sur chaque côté, et de 3 tentes (dont 2 équipées de tables comme sur les aires d’autoroute) placées à différents endroits pour faire de l’ombre.

Ayant perdu quasiment tous nos frères d’arme au merch judicieusement placé à l’entrée du festival (et de fait aussi à la sortie), nous nous retrouvons seuls Ivo et moi, et cela durera tout le week-end. Nous jetons un œil intéressé à Death Angel, programmé à 13h15, qui est le 1er concert auquel nous assistons.

Pas très fan de Thrash à la base, en comparant à Metallica, Megadeth ou Anthrax, c’est surtout le chant qui me déçoit dans la plupart des groupes plus récents: trop écorché, trop aigu (ou trop grave), je n’arrive pas à m’y faire.

Le festival n’est pas franchement bondé pour le moment, ce qui nous permet de nous rapprocher relativement près pour assister au show de Moonspell à 14h30 (je donne les horaires officiels, mais la plupart de groupes arriveront en retard au fur et à mesure de la journée, ce qui décalera tout le monde par la suite). Très bonne découverte pour ma part, et contrairement au groupe précédent j’aime beaucoup le chant qui alterne entre clair et rauque, parfois presque Death.

Nous apprenons par ailleurs que le groupe est originaire du Portugal, ce qui ravira Ivo.

Après un repas composé d’un hamburger (pas trop cher pour un festival) pris sur le pouce, la 1ère grosse claque viendra pour moi à 15h45: Queensrÿche. N’ayant rien compris au récent split du groupe en 2 entités distinctes, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, surtout qu’au cours de leur carrière ils ont sortis plusieurs albums n’ayant rien à voir avec le Metal (ni même avec le Rock).

Eh bien ils ont donné un show fantastique, la palme revenant au chanteur Todd La Torre (ouais, j’ai fait une fixette sur le chant pendant ce week-end, et ce n’est pas fini!), dont la performance devenait de plus en plus impressionnante au fur et à mesure du concert, jusqu’au sublime final sur « Take Hold Of The Flame ».

Nous restons en place pour Michael Schenker’s Temple of Rock à 17h, qui ouvre les hostilités avec un « Doctor, Doctor » d’U.F.O. qui met tout le monde d’accord. La setlist alternera entre des titres de MSG et des reprises d’U.F.O. (« Lights Out » ou l’excellent final sur « Rock Bottom »…) et des Scorpions (« Lovedrive » ou l’inattendu « Rock You Like A Hurricane » qui m’a filé une sacrée banane!).

A 18h20 il est temps de faire une seconde pause repas + réhydratation à la voiture pendant Overkill: encore du Thrash au chant trop écorché pour moi, mais de loin ça se laisse apprécier.

Peu avant 19h45, nous trouvons une excellente place au 3ème rang pour assister à la représentation du mec le plus détesté de l’univers du Heavy-Metal (après Axl Rose peut-être): Blackie Lawless, leader de W.A.S.P..

Et pourtant, malgré son caractère de… chien, force est de constater que c’est un excellent compositeur: ouverture sur un medley « On Your Knees/The Torture Never Stops », j’étais déjà aux anges. Comme si ça ne suffisait pas, le reste des morceaux ne dépassera pas 1992, le titre le plus récent joué en cette fin d’après-midi étant le cultissime « Chainsaw Charlie ». En parlant de chansons cultes, nous aurons bien sûr droit à l’indécrottable « I Wanna Be Somebody » et la reprise magique des Who « The Real Me ». Petit bémol, j’attendais « Animals » (non, je n’écrirai pas le titre en entier!), un peu déçu sur ce coup-là.

Au retour à l’appartement, les discussions seront animées concernant la prestation des américains, la plupart de mes colocataires ayant été déçu, et parlant de play-back (personnellement je n’ai rien remarqué). En tout cas j’en ai profité à fond, et c’est bien ça le principal!

21h15, nous restons en place pendant Trivium que je ne connaissais pas, qui délivre un excellent show avec la déco la plus fouillée de la journée. Mention « bien mais peut mieux faire » pour le chanteur qui interrompra une chanson pour que la Sécurité puisse évacuer en toute sécurité (d’où leur nom!) une spectatrice ayant fait un malaise. « Peut mieux faire » car il passera une grande partie du temps restant à demander qu’on le tienne informé de l’état de santé de la demoiselle, faut pas pousser quand même.

Mais si nous étions restés là, c’est surtout pour assister au plus près à la tête d’affiche de ce samedi soir, à 23h: les finlandais de Nightwish! Elu (par moi) 2ème plus beau décor du samedi, avec bouts de bois et piédestaux pour les instruments et/ou les musiciens, et très beau backdrop représentant un échantillon d’ADN, faisant écho à la pochette du dernier album Endless Forms Most Beautiful.

Et concernant ce dernier, inutile de faire durer le suspense, il sera très fortement représenté ce soir: 6 chansons seront jouées sur les 11 que comporte le disque, à commencer par « Shudder Before The Beautiful » qui est logiquement placé en premier. Entre autres, nous aurons également droit au single « Élan », à l’auto-plagiat du riff de « Dark Chest Of Wonders » j’ai nommé « Yours Is An Empty Hope » et à « The Greatest Show On Earth », heureusement amputé de ses parties les plus laxatives (tout le début et toute la fin, même si celle-ci sera jouée sur bande après le show).

Côté vieilleries, « She Is My Sin » et « Sleeping Sun » créeront la surprise (pour ceux qui n’avaient pas regardé la setlist des concerts précédents), et côté « vieilleries moins vieilles », les désormais indétrônables « Storytime », « I Want My Tears Back » et l’énormissime « Ghost Love Score » répondent toujours présent!

Bien évidemment, le concert se terminera par le traditionnel « Last Ride Of The Day », à grand renforts de pyrotechnie (présente tout le long du show, et croyez-moi, on n’a pas eu froid!) et de feu d’artifice au-dessus de la scène. Magique!

Mais parlons des choses qui fâchent: outre la qualité toute moyenne du dernier album (aucun titre vraiment marquant, manque d’agressivité et d’originalité, sans parler de l’auto-plagiat évoqué ci-dessus), je déplore la fainéantise de Floor! J’étais le 1er à l’acclamer lorsque son embauche a été effective, mais force est de constater qu’elle ne rend pas honneur aux compositions de Tuomas, notamment les anciennes sur lesquelles officiait Tarja. En effet, à part sur « Stargazers » (titre inattendu au passage) et sur le break de « Storytime », elle n’utilise jamais sa voix de tête! Peut-être sont-ce les consignes de Tuomas, mais je trouve ça dommage, d’autant qu’elle en a largement les capacités. Et cette remarque vaut aussi pour Endless Forms Most Beautiful.

Bref, après s’être retrouvés sur le parking, retour à Lille pour une courte nuit; un moment partagé entre un ch’ti, un parisien/portugais, un belge, un toulousain, et votre serviteur, picard de son état! Le choc des accents…

Dimanche 9 août 2015

Bordel, déjà 8h… petit-déjeuner, toilette rapide, en route et… déviation. C’était trop beau, on était (presque) à l’heure, et D-A-D a déjà commencé à jouer lorsque nous arrivons, peu après 11h; re-pétage de câble de Pierrot!

D-A-D, groupe totalement inconnu pour ma part, et pourtant: les initiales signifient « Disneyland After Dark », j’aurais dû en entendre parler! Du bon Rock N’ Roll à l’ancienne, ça passe tout seul, mais c’est surtout le visuel qui vaut le détour, grâce aux différentes basses de Stig Pedersen: tantôt en forme de Croix de Fer avec le biplan du Baron Rouge en guise de hampe, tantôt en forme de missile, tantôt en forme de « guitare inversée » (le corps, tout petit, en haut, et la hampe, immense en bas)… on se demande à chaque fois ce qu’il va nous sortir des coulisses!

Puis nous nous avançons pour le 1er vrai gros spectacle de la journée, à 12h10: Powerwolf. Fort d’un succès très vite acquis grâce à leur bonne humeur, leur maquillage « loup-garou » et leurs compositions taillées pour le live, les allemands étaient ovationnés avant même leur arrivée sur scène, pour entamer d’entrée de jeu l’hymne « Sanctified With Dynamite » (élue chanson du week-end par Ivo & moi).

Et ils n’ont pas déçu! Attila est très en forme, n’hésite pas à faire participer le public… bon, en même temps c’est facile. Allez, on révise les paroles: « blood », « die », « hallelujah », « ave maria »… c’est bon, vous connaissez 90% des chansons du groupe!

Je me moque, mais c’est très efficace! Tous ces morceaux qui peuvent sembler répétitifs sur album (vous savez, l’impression d’entendre tout le temps la même chanson) prennent vraiment une autre dimension en live.

Le point d’orgue du show sera la bataille gauche/droite sur les « HOU! HA! » de « Werewolves Of Armenia », un côté étant managé par Attila, l’autre par Falk Maria Schlegel (bien sûr, c’est le côté droit qui a gagné, puisque j’y étais).

Après ça, peu de groupes nous intéressant Ivo & moi jusqu’au soir, nous décidons donc de la jouer cool: déjeuner sur Death D.T.A. qui jouaient très fort à 13h25, sieste pendant Annihilator (14h40) qui ne jouera que 2 chansons avant de quitter la scène soit disant à cause d’un problème d’accordage insoluble (explication officielle, mmmh c’est cela oui), avant de changer de place alors que Carcass est en train de jouer (à 16h) à cause d’un regain d’énergie du soleil qui essaye de nous la jouer Pitch Black (ou La Terre Brûlée, la suite du Labyrinthe: vous comprendrez en voyant le film qui sort bientôt).

« J’suis trop vieux pour ces conneries », élue phrase culte du week-end.

Après être passé par le stand dédicaces afin d’apercevoir Powerwolf (sans pouvoir y accéder pour cause de trop forte affluence!), nous décidons de lever nos fesses à 17h25 pour aller observer de loin ce groupe dont tout le monde parle depuis le début du festival: Behemoth. Etant peu habitué aux concerts de Black Metal, je suis toujours un peu surpris de voir certains de ces groupes haranguer le public, lui faire taper dans les mains, etc.. Pour moi ce n’est pas dans l’ambiance « sombre & maquillage », mais ça marche!

En tout cas, Nergal le leader se donne à fond, tout comme ses comparses, sur un show bien rôdé qui gagnerait à être vu de nuit (braséros enflammés autour de la batterie ou sur les pieds de micro).

Du coup c’est presqu’à regrets que nous quittons le concert de Behemoth pour aller nous restaurer vite fait, mais il ne faut pas rater le trio de tête, avec sur la 3ème marche du podium à 18h50: Accept!

Peu de surprise de la part des allemands, mais ce n’est pas ce qu’on leur demande. Le show est carré, il n’y a pas une seule note à côté, et les hymnes sont là: à côté des récents « Teutonic Terror », « Pandemic », « Stalingrad » et « Final Journey », nous retrouvons les indémodables « Restless And Wild », « Princess Of The Dawn », « Fast As A Shark » précédé bien sûr de « Heidi Heido », et « La lettre à Eli… » heu, je veux dire « Metal Heart » bien sûr!

Et un concert d’Accept n’en serait pas un s’il n’était pas clôturé par « Balls To The Wall »!

A noter la présence du nouveau guitariste rythmique Uwe Lulis et du nouveau batteur Christopher Williams. Rien à reprocher au premier, par contre le 2ème se montre un peu trop… enjoué! Jamais je n’aurais cru dire ça d’un batteur, mais je trouve que sa façon de jouer « groove » trop. Le jeu de Stefan Schwarzmann était plus mécanique, et ça collait mieux à la musique d’Accept (avis personnel bien sûr).

A côté de ça, Mark Tornillo assure toujours autant au chant, sans parler de la paire Peter Baltes/Bruce Will… heu, Wolf Hoffmann, toutes dents dehors!

Ayant été peu importunés par les pogos jusqu’à maintenant (même dans les 1ers rangs), les choses changent à partir de 20h20 avec Venom. Mais c’est dans l’ambiance, alors on se met dedans, passant tant bien que mal les slammers par-dessus nos têtes et tentant de protéger les jeunes demoiselles à nos côtés. Le concert est terrible, « Black Metal » et « Countess Bathory » étant repris en chœur (ça ne nous rajeunit pas!), Cronos semble ravi d’être là!

Une grosse surprise après le rappel, Nergal (le chanteur de Behemoth) viendra squatter la scène pour reprendre « In League With Satan » aux côtés du groupe!

Puisque dans le public pendant Venom, c’était la guerre, sur scène commencent à apparaitre des boîtes de munitions, des pieds de micro en forme de M-16, et même un char d’assaut grandeur nature!

Pas de doute, prévu à 22h après le traditionnel « The Final Countdown » de leurs compères suédois d’Europe, Sabaton ne tarde pas à débarquer sur les côtes d’Alcatraz!

La pyrotechnie est encore plus impressionnante que la veille, le tank crache même des obus (factices), et l’ambiance est plutôt bon enfant: il faudra juste faire attention aux nombreux slammers nageant sur la foule compacte venue apprécier le show des suédois, mais aucun pogo ne se formera (dans le coin où je me trouve en tout cas). De toute façon, j’ai perdu Ivo, parti chercher une bière avant le début, et qui ne retrouvera jamais sa place…

Vers la fin de l’après-midi, des « oh oh oh » scandant l’air de « Swedish Pagans » se faisaient déjà entendre pendant le démontage des scènes, et dès le début du concert, entre chaque chanson, c’est tout le public qui reprendra cette mélodie entre chaque morceau. Il ne faudra que quelques titres avant que Joachim ne cède et décide de la jouer plus tôt que prévu, fortement influencé par Thobbe qui relance l’air à la guitare dès que nous nous arrêtons!

C’est un véritable gag à répétition qui durera jusqu’à la fin du set, venant à bout de la patience de Joachim qui finira même, excédé, par nous faire un doigt d’honneur! Le tout dans la bonne humeur bien sûr; sincèrement mort de rire du début à la fin, je crois qu’il se souviendra longtemps de ce concert à Alcatraz!

Hormis « Swedish Pagans », peu de surprise dans la setlist, ce sont surtout les blagues entre chaque morceau que nous retiendrons, Joachim mettant même Thobbe au piquet (comme à l’école) à cause de son insistance à jouer « Swedish Pagan », lui confisquant sa guitare pour nous montrer ses talents sur « Smoke On The Water » de qui-vous-savez…

Notons quand même le fantastique rappel sur « Night Witches », précédant le « Will you jump with us? » de « Primo Victoria », avant de terminer sur « Metal Crüe ».

Et malheureusement, c’est là que se termine le week-end, au son de « Masters Of The World » joué sur bande.

Il est temps de regagner une dernière fois Lille, avant de repartir au boulot le lendemain matin très, trop! tôt. Pas beaucoup d’heures de sommeil, et ce sera difficile à rattraper lors de la dure semaine qui suivra ce fantastique festival à taille humaine, bien loin du monstrueux Hellfest et de sa logistique infernale (ce qui ne l’empêche pas d’être le plus beau festival d’Europe, et vive la France! Na!).

Pour finir: même s’ils ne me liront probablement pas, j’aimerais adresser mes félicitations aux roadies qui ont monté/démonté les scènes en un temps records (le plus gros retard sera d’à peine 15 minutes le samedi) et aux ingénieurs du son: un bon 20/20 pour eux! Chaque show bénéficiait d’une qualité sonore jamais entendue en plein air, quel que soit l’endroit où je me trouvais, et ce même dès le 1er titre de chaque groupe respectif. Bravo!

Et peut-être à l’année prochaine, qui sait?

Publicités

3 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s