Delain au Divan du Monde (Paris), le 29 octobre 2015

Il y a certains groupes, on les aime où on les déteste. Forcément, le trve Metalleux qui va écouter un album de Delain va tout de suite se demander « C’est quoi ce Pop-Métal-Symphonico-guimauve de m*rde? Wesh zyva j’m’en vais réécouter Dimmu Borgir! » (L’utilisation de certaines onomatopées ou mots en verlan peut être soumise à modifications.)

Par contre, le moins trve Metalleux « mais pas trop » qui aura découvert Delain directement en concert s’en souviendra certainement comme d’un excellent show bien mené, avec des compositions et des refrains taillés pour le live, même pour ceux n’ayant jamais entendu parler du groupe. Ce fut mon cas; en même temps, en ouverture de Within Temptation (en avril 2014) j’étais déjà préparé à une soirée Pop-Sympho. Un peu moins pour Sabaton (janvier 2015), mais je connaissais déjà le groupe.

Cette fois en tête d’affiche, c’est au Divan du Monde qu’ils sont ce soir pour une soirée très néerlandaise (et un peu finlandaise aussi).

Amberian Dawn

Ça, c’est pour la partie finlandaise. Les portes ayant ouvert à 19h, le temps de rentrer il est 19h15. Au moment où nous arrivons dans la fosse, la lumière baisse. Je lance « Lol*, ça commence! » Eh bien non, pas lol, ça commence vraiment! Pas cool pour ceux qui sont encore dehors, et il y en avait pas mal derrière nous, d’autant plus que le show affiche complet depuis quelques semaines.

*Non, je n’ai pas réellement dit lol…

Pendant que je range mes « vêtements de trop » (afin d’arborer mon t-shirt Helloween, presque de circonstance à 2 jours près), mon pote Vince me tape sur l’épaule: « Mate la chanteuse! » Je me relève: effectivement très jolie, bien que plus toute jeune. 43 ans dit Wikipédia. Mais franchement très belle!

Visuellement ça commence bien (surtout avec sa tenue moulante), et pour les faits notables le batteur et le bassiste ont adopté la coupe « Joakim Brodén », et le clavier est penché vers nous à la façon de Jens Johansson de Stratovarius (oui je sais, j’ai déjà fait cette remarque pour Diabulus in Musica).

Musicalement (car c’est quand même ça le plus important), on alterne entre Power Metal et Hard-Rock; 2 genres pas franchement proches, et pourtant les titres s’enchainent impeccablement bien, le tout emmené par la présence scénique de la chanteuse (à l’aise bien qu’elle n’ait intégré le groupe qu’en 2012) et des musiciens.

Le tout est aidé par un son excellent, et qui le restera toute la soirée (bravo à l’ingé-son!). La batterie ne bougera pas de la soirée, puisque c’est celle de Delain (ce qui explique peut-être la qualité sonore).

Bref, une très bonne mise en bouche pendant cette 1ère demi-heure.

Setlist d’Amberian Dawn

The Gentle Storm

A 20h02 (oui c’est précis), on redescend un peu plus bas en Europe, et c’est là que débute la soirée néerlandaise. Venue présenter un très beau concept-album qu’elle a écrit et composé avec le génie Arjen Lucassen, Anneke van Giersbergen (qu’on appellera juste Anneke) entre sur scène (sans Arjen, timide maladif n’apparaissant quasiment jamais en public) sous une véritable ovation, forte de sa réputation depuis qu’elle faisait partie de The Gathering (il y a une éternité!).

Le son est toujours aussi bon, et je m’étonne de retrouver Merel Bechtold, la jeune guitariste qui jouait avec Delain en 1ère partie de Sabaton en janvier (cf. lien en intro), toujours affublée de sa 7 cordes quasiment plus grande qu’elle, ainsi que Marcela Bovio, la chanteuse de Stream Of Passion (un autre projet d’Arjen Lucassen, qui a fini par devenir un groupe à part entière) en tant que choriste de luxe. Anneke semble très émue par l’accueil du public, mais chante toujours aussi bien. Elle porte tout le show de sa voix cristalline et de son attitude, tantôt habitée par la musique, tantôt déchainée par les riffs de guitare et headbanguant de concert avec ses musiciens.

Malheureusement, force est de constater que les meilleurs moments seront les reprises de The Gathering ou de Devin Townsend Project (auquel elle a également participé). En effet, les morceaux de The Diary (le fameux concept-album, contant les aventures d’un marin parti en mer pendant que sa femme l’attend à la maison, et composé de 2 disques: le 1er contient les chansons en version folk, le 2ème contient la même chose en version Metal) ont du mal à passer l’épreuve de la scène. D’ailleurs je pense que sorti du contexte, il y a peu d’intérêt à jouer ces chansons; et d’autre part, la rythmique est trop hachée pour tenir un public pendant 40 minutes.

Pourtant le show de The Gentle Storm est un succès, grâce à l’expérience d’Anneke et au charisme naturel de ses musiciens! Elle nous invitera d’ailleurs à boire une bière au bar en sa compagnie, mais je n’aurai pas l’occasion de la revoir.

Setlist de The Gentle Storm

Delain

Bon, on ne reviendra pas sur l’étrangeté de la situation, c’est-à-dire voir un groupe relativement jeune avoir une légende telle qu’Anneke en ouverture. Mais vu la rapidité avec laquelle le groupe néerlandais grimpe les échelons, on ne va pas leur en vouloir!

D’autant que leur discographie recèle de belles pépites. Leurs morceaux sont faciles d’accès, il n’y a pas de longs titres épiques, très peu de solos de guitare, et pourtant ils arrivent à maintenir l’intérêt avec des breaks ou des ponts judicieusement placés, comme dans ce « Go Away » d’ouverture à 21h13 (oui c’est précis), qui possède également un refrain imparable. Et de tels hymnes, il y en aura d’autres ce soir, et ce dès le 2ème titre « Get The Devil Out Of Me » qui commence à faire sauter le public déjà chaud, que ce soit grâce à la température de la petite salle du Divan du Monde, ou tout simplement grâce à l’ambiance survoltée! D’ailleurs, à la fin de ce 2ème morceau, le public brandira des petits papiers « Bienvenue » ou « Merci » distribués par des fans avant d’entrer dans la salle, ce qui émeut Merel. Oui, encore elle, qui s’est probablement dit que puisqu’elle était là, elle pouvait venir squatter la 2ème guitare avec son compère Timo Somers, qui lui est cette fois présent (cf. 1ère partie de Sabaton, tout ça tout ça)!

Même si l’album The Human Contradiction est sorti il y a maintenant 1 an et demi, ce n’est pas une raison pour arrêter de le promouvoir, on enchaine donc « Army Of Dolls », « Lullaby » (qui fait un peu retomber la pression) et « Stardust » (qui relance la machine).

Comme souvent avec les jeunes groupes, il est facile de ratisser large dans la discographie, mais Charlotte et ses acolytes vont fortement piocher dans le dernier opus en date: en plus des titres cités plus haut, nous auront droit également à « Here Come The Vultures » et « The Tragedy Of The Commons » (sans Alissa White-Gluz, remplacée par le bassiste Otto Schimmelpenninck van der Oije), ce qui fait 5 titres sur 9.

Mais de toutes les chansons interprétées ce soir, il y en a une que j’attendais, car elle n’avait pas été jouée la dernière fois (en ouverture de Sabaton, vous suivez toujours?): « April Rain », avec son refrain à refiler des frissons au plus dur de tous les Metalleux!

Techniquement, rien à reprocher à ce show: le son est toujours excellent, les lumières sont parfaitement gérées, le pied de micro de Charlotte est éclairé selon la nuance ambiante (le petit détail qui marque l’originalité; tout comme l’absence inexpliquée de son… nombril! Apparemment les jeans taille haute reviennent à la mode). On sent que le groupe est rôdé, jusque dans l’attitude de ses membres: on saute, on headbangue, on fait taper des mains… classique, mais efficace!

Charlotte se plaint de la chaleur, mais nous encourage à sauter pour faire grimper encore plus la température sur « Don’t Let Go »! Nous avons même droit à une nouveauté issue de leur prochain album: « Turn The Lights Out ». Peu de souvenir du morceau car écouté qu’une seule fois, mais dans la lignée de ce que fait le groupe; les fans ne seront pas dépaysés.

Finalement Charlotte nous annonce que le concert touche à sa fin, avec une chanson de circonstance pour la suite de la soirée: « Not Enough ». On sait ce qu’il nous reste à faire!

Et puisque nous avons prouvé que nous n’en avions pas assez, le groupe revient pour un « Mother Machine » digne d’un début de concert, puis un léger « Stay Forever », avant de conclure sur le déjà culte « We Are The Others ». Un final parfait, quoi.

Et pour couronner le tout, mon pote Vince repart avec un médiator lancé par Merel. Chouette souvenir d’une chouette guitariste!

Setlist de Delain

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