Avantasia au Trianon (Paris), le 9 mars 2016

Enfin! 15 ans après son 1er album, le projet Metal Opéra de Tobias Sammett, Avantasia, débarque pour la 1ère fois en France pour un concert complet, après un passage au Hellfest 2013 qui a limité la prestation du groupe, festival oblige.

C’est par une très belle après-midi ensoleillée (malgré une matinée bien pourrie question météo) que nous arrivons dans la file d’attente à l’entrée du Trianon, la fameuse salle hyper-clâââsse parisienne (à prononcer avec une patate chaude dans la bouche), file déjà bien remplie à 17h30.

L’ouverture des portes se fait à 18h25, tranquille, on se pose au son de « Burn » de Deep Purple.

 

 

1ère partie

 

Alors là, on n’a pas compris. Pas d’extinction de lumière, aucune mise en scène particulière, un mec arrive tout seul sur scène au moment où la musique d’attente se coupe à 18h50, et se place derrière un pupitre placé au milieu, qui s’avère être en fait une table de mixage.

Et la torture auditive commence: il s’agit en fait de morceaux de Metal remixés façon dubstep. Ouais, je sais, rien que de l’écrire, je souffre. On passe d' »Enter Sandman » à « Rammlied » (et « Du Hast »), mais c’est toujours aussi désagréable. D’autant qu’il n’y a aucune forme de communication avec le public (genre « j’ai programmé ma playlist sur Windows Media Player et je balance le son »), ce qui n’est peut-être pas une mauvaise idée: à sa place j’aurais eu peur de me faire jeter. Dans le public, je croise un paquet de regards interrogateurs, parmi les gens ayant la tête levée; les autres sont penchés sur leur téléphone. L’effet comique est même renforcé par le staff d’Avantasia qui continue de mettre en place la scène pendant le set du DJ.

Enfin bref, ce pauvre monsieur est arrivé comme une cheveu sur la soupe, a fait son truc et est reparti comme il était venu (à 19h15)… avec des applaudissements polis, bien que je suppose être ironiques. D’ailleurs je n’ai pas pu m’empêcher, avec un pote, de crier « une autre, une autre »; mais pas trop fort et pas trop longtemps, des fois qu’il nous prenne au sérieux.

 

Setlist (cliquez pour comprendre ce que j’ai ressenti)

 

 

Avantasia

 

Puisque je parlais du décor un peu plus haut, il est vraiment magnifique: tout en pierres (des fausses hein!), il représente peu ou prou un château, avec le squelette de Ghostlights, dernier album en date, en arrière-plan. Un escalier se trouve en son milieu, entre la batterie et les claviers, escalier qui s’avèrera être l’entrée des différents invités.

A peine le temps d’écouter « Long Live Rock N’ Roll » de Rainbow que presque tout s’éteint à 19h22 précises, même pas 10 minutes après la disparition du DJ! Beaucoup de groupes ont pris la manie de jouer un grand classique en guise d’introduction, beaucoup ont choisi AC/DC… et c’est encore le cas ce soir avec « You Shook Me All Night Long ». A la fin du morceau, c’est encore un air connu qui introduit réellement le concert: le thème de 2001, l’Odyssée de l’Espace (ou « Also sprach Zarathustra » de Richard Strauss pour les puristes) pendant qu’arrivent un à un les musiciens, juste avant que ne démarre sans surprise « Mystery Of A Blood Red Rose », 1er single et 1er titre du nouvel album, et également morceau choisi au concours pour représenter l’Allemagne à l’Eurovision (Avantasia a fini 3ème, tandis que la gagnante chante faux… au moins on sait que l’Allemagne ne gagnera pas cette année).

Dès le 2ème titre éponyme au dernier album les invités débarquent, à commencer par Michael Kiske, que j’attendais tout spécialement puisqu’il est le chanteur actuel d’Unisonic que j’aime beaucoup, mais surtout, surtout! l’ancien chanteur d’Helloween (qui nous fera le plaisir de venir dans la capitale fin avril).

Tout ça fait déjà pas mal de monde sur scène, car hormis les 2 guitaristes, le bassiste, le clavier, le batteur et les 2 choristes (dont la très talentueuse et très belle Amanda Somerville), les invités se succèdent dans un véritable défilé, entrant par l’ouverture en haut des fameux escaliers: Ronnie Atkins (Pretty Maids) pour interpréter « Invoke The Machine » et « Unchain The Light », puis Bob Catley (Magnum) pour « A Restless Heart And Obsidian Skies », suivis au fur et à mesure de la soirée par Eric Martin (Mr. Big, ou « Mr. Big Mouth » comme l’appelle Tobias), puis l’inimitable Jørn Lande, qui sera sans conteste l’invité-star de la soirée avec Kiske. D’autres fois, ce sera aussi Oliver Hartmann qui donnera de la voix, sans toutefois abandonner son poste de guitariste aux côté de Sascha Paeth.

J’avais peu d’espoir de voir arriver Marco Hietala pour nous interpréter « Master Of The Pendulum », ou Tim Owens pour « Scales Of Justice », et je n’ai pas été déçu: ils n’étaient pas là!

Bien sûr, chacun des guests intervient de manière plus ou moins régulière au gré des chansons que Tobias nous offre tout au long de cette soirée. Et quelle soirée! Ça fait bien longtemps que je n’avais pas vu une telle ambiance à un concert: le volume, bien que fort (mais très net!), fait moins mal aux oreilles que les cris du publics entre chaque morceau! Et dès qu’un nouveau titre commence, nul besoin de sauter: mes voisins le font pour moi, et mon corps bouge au rythme des ondulations du sol (m’enfin, ça c’est limite inquiétant, quand même).

Sur scène, c’est tout aussi « décontract »: les blagues fusent, entre la tentative de prise de parole en français de Tobias (fidèle à lui-même) qui se résume à « vouloir mettre un jambon dans les fesses » d’Oliver, ou le recensement des membres chauves ou chevelus du groupe (Kiske voulait ressembler à Elvis, malheureusement il est maintenant plus proche physiquement de Rob Halford). Parfois c’est en arrière-plan que se produisent les gags, comme lorsque Felix Bohnke ne rattrape qu’une baguette lancée en l’air sur trois, ou qu’il tente de remettre dans le rythme le public qui tape dans les mains un peu trop vite pendant une intro au piano, avant d’abandonner dans un geste de dépit.

Bref, on rigole bien entre 2 chansons comme sait si bien les composer Tobias, dont le nom est scandé quasiment entre tous les morceaux (Kiske et Jørn y ont droit aussi). Les refrains n’ont pour ainsi dire pas besoin des choristes: le public assure le soutien, à tel point que parfois on ne sait plus qui chante quoi sur scène! Et le rythme est parfaitement dosé, entre les mid-tempo, les balades ou les titres speed qui voient se former quelques pogos plutôt gentillets.

La première partie du show se termine sur « Dying For An Angel », mais sans Klaus Meine.

 

Le rappel se fait sur une « sale merde commerciale », telle que nous la présente Tobias: « Lost In Space », suivi de « Sign Of The Cross », avec un final surprise représenté par le refrain « The Seven Angels » qui voit réunir sur scène tous les membres présents ce soir; et croyez-moi, ça en fait du monde!

Les hurlements de la salle me déchirent une dernière fois les tympans pendant que tout le monde se dirige vers les coulisses à 22h30 tout pile, au rythme de « 2 Minutes To Midnight » d’Iron Maiden. Et si vous revenez plus haut, vous vous souvenez que la soirée avait commencé à 19h22; eh oui, le show a duré plus de 3 heures!

On comprend maintenant pourquoi Tobias était frustré de n’avoir joué qu’un spectacle réduit au Hellfest pour la France au lieu d’un set complet! C’est maintenant chose faite, et ce ne sera pas la dernière fois: il l’aura répété de nombreuses fois ce soir: Avantasia will return to Paris!

 

Setlist d’Avantasia

Les regrets: « Master Of The Pendulum », « Scales Of Justice »

La bonne surprise: « Let The Storm Descend Upon You »

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1 commentaire

  1. Au cas où ça intéresserait quelqu’un, le DJ de 1ère partie était DJ Blackfeet Revolution (merci à Radio Metal).

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