Guns N’ Roses au Stade de France (Saint-Denis), le 7 juillet 2017

J’ai déjà évoqué dans certaines de mes chroniques des reformations qu’on n’attendait plus, et qui se sont tout de même réalisées. Je ne vais pas y revenir, car en musique, de plus en plus de choses impossibles arrivent; la preuve ce soir avec Axl Rose, débarrassé de certains de ses comparses des années 2000 pour renouer une amitié, sincère ou pas, avec Slash et Duff McKagan.

Pour fêter l’évènement dans nos contrées, le Stade de France s’imposait!

En ce chaud mois de juillet annonçant 30°C, nous nous dirigeons vers l’imposant édifice, ma collègue Lucie et moi. Après avoir retrouvé l’acheteur de la place que j’avais en trop à cause d’une amie qui a préféré partir je-sais-pas-trop-où en vacances (désolé si tu me lis, mais: quelle conne!), nous entrons à 18h15 sans attendre Ivo, à qui j’ai directement envoyé le billet pour pas qu’il me refasse le même coup qu’à Lisbonne. Grand bien m’en a pris, puisqu’il arrivera seulement au milieu du premier morceau des Guns N’ Roses!

 

Tyler Bryant & The Shakedown (18h – 18h45)

 

Le 1er groupe a déjà entamé son set lorsque nous arrivons. En effet, on ne perd pas de temps ce soir car la tête d’affiche a annoncé vouloir avancer son heure de passage pour jouer pendant 3h30!

Nous arrivons donc au rythme d’un Hard-Rock très entrainant, en phase avec ce qui suivra, et bénéficiant d’un excellent son. Malgré tout c’est le genre de groupe qui, hors 1ères parties, restera probablement cantonné aux petites salles. Cela ne remet pas en cause leur talent et nous passons un bon moment. On pourra peut-être reprocher la voix du chanteur un peu lisse, et le fait que ce soit toujours lui qui soit en avant (Tyler Bryant donc), ce qui casse un peu l’effet « groupe ». Les autres musiciens attendront la fin avant « d’oser » avancer vers le public, y compris le batteur avec sa grosse caisse dans les mains!

 

Setlist de Tyler Bryant & The Shakedown

 

 

Biffy Clyro (18h57 – 19h43)

 

La foule commence déjà à générer pas mal de chaleur, heureusement la fosse est à l’ombre. Ce n’est pas le cas du côté droit du Stade, exposé sans pitié au dieu Râ; j’y penserai si je veux un jour me mettre en gradins: il faut bien choisir sa place!

Après une intro un peu étrange à base de chorale d’enfant, Biffy Clyro « from Scotland » (ils vont nous le rabâcher tout le long du show!) fait son entrée. N’y allons pas par 4 chemins: décevant. Il s’agit de Rock expérimental, chose qui m’a rarement plu par le passé. Les compositions ne sont pas faites pour faire bouger les foules ou participer le public. L’ambiance retombe de façon drastique comparé à Tyler Bryant & The Shakedown, d’autant que le son est cette fois trop fort et moins bon (ceci expliquant probablement cela).

Pour ne rien arranger, l’attitude du chanteur semble un peu hautaine et ses discours sont totalement flous (le bassiste prendra la parole en français et semblera plus sympathique). Et même si cela est subjectif, le look des musiciens ne ressemble à rien (je crois que le chanteur porte un pantalon de pyjama).

Bref, au bout d’un moment je décide de me mettre à jour dans mes SMS reçus au lieu de suivre ce désastre. Même l’écran géant en fond de scène affiche le nom de groupe de façon plus sombre que le précédent, comme si c’était moins important.

 

Setlist de Biffy Clyro

 

 

Guns N’ Roses (20h08 – 23h20)

 

Bien que le groupe ne sera pas, ou peu, en retard, il sait tout de même se faire désirer! L’écran affiche le fameux logo « flingues et roses » sur fond jaune, le tout tournoyant dans une version 3D plutôt bien rendue. Entre 2 publicités assourdissantes pour le fan-club, dont l’agression auditive donne surtout envie de ne pas s’y inscrire, le logo devient finalement statique, hormis les 2 revolvers tirant de temps en temps une salve annonciatrice de l’imminence du show. A chaque fois l’on croit que c’est la bonne, mais en fait non… jusqu’au moment où l’image prend vie une dernière fois, les balles tirées perçant un vitrail représentant de nouveau ledit logo. Et avec seulement 8 petites minutes de retard sur l’horaire indiquée, le spectacle commence!

Tout d’abord, c’est le générique des Looney Tunes, suivi de « The Equalizer » de Harry Gregson-Williams qui nous font patienter pendant que Dizzy Reed, Melissa Reese (claviers) et Frank Ferrer prennent place. Mais lorsque cette cérémonie prend fin, tout devient irréel: je me vois revivre le concert de Vincennes en 1992, quand je découvrais le groupe pour la 1ère fois il y a maintenant de nombreuses années sur M6 (époque définitivement révolue, n’est-ce pas), en ayant toujours regretté de ne pas avoir participé à cet évènement. Car en effet, tout y est: le fameux texte hurlé (saurai-je un jour qui se cache derrière cette voix?), suivi de « It’s So Easy » et « Mr. Brownstone »: je revis mes années d’adolescent, la VHS ayant tournée plus que de raison dans le magnétoscope. Ce n’est qu’à partir du 3ème titre, « Chinese Democracy », que le copié-collé s’arrête et pour cause, ce morceau étant sorti sur album 16 ans après le concert de Vincennes!

D’entrée, on voit tout de suite que, contrairement aux groupes précédents, Guns N’ Roses est un groupe de stade: chaque membre sait parfaitement occuper tout l’espace de l’immense scène, courant de gauche à droite et de droite à gauche, prenant la pose au-dessus de la batterie avant de dévaler les escaliers pour venir se placer face au public… on ne sait où donner de la tête, et encore moins si l’on veut profiter des jeux de lumières ou de ce qui se passe sur l’écran géant, ce dernier étant complété par les escaliers, disposant eux aussi d’écrans (jamais compris comment ils pouvaient coordonner toutes ces images, du travail de pro!).

Niveau ambiance, les français sont bien plus réactifs que les portugais (cf. lien dans l’intro)! Parfois même un peu trop, Axl interrompant même « Double Talkin’ Jive » pour demander au public de reculer afin de laisser les 1ers rangs respirer, et d’éviter de trop slammer; il engueule aussi un mec de la sécu, mais on ne sait pas trop pourquoi; c’est Axl quoi! Par contre ce seront là ses seules prises de parole. On passera aussi sur le groupe de quadragénaires devant moi pour qui ce doit être le seul concert de l’année et qui pensent être seuls dans la fosse. A part ça, les quelques averses de bière, ainsi que la bagarre qui éclatera juste derrière nous, font que nous avons vraiment l’impression d’être retournés dans les années 90! Mais pas de quoi gâcher ce fantastique moment.

A partir de là, les titres s’enchainent, et en incluant les solos, nous arriverons à 30 morceaux; autant que System Of A Down au Download Festival, sauf que les chansons durent en général plus de 2 minutes 30 cette fois! Le Stade commence enfin à se remplir, les gradins étant plutôt vides au début du concert; les gars, Axl qui arrive en retard, maintenant c’est fini, il fallait être à l’heure!

Mais à la fin, comment décrire tout ce qui se passe? Entre les « nouveautés » (de 2008) « This I Love » et « Better » (et son refrain chanté live par Duff et Melissa), les classiques sont bien là, « Welcome To The Jungle » qui déchaine la foule, « Rocket Queen », « My Michelle », « You Could Be Mine » bien sûr… impossible de tous les citer; quelques petites surprises pour ceux n’ayant pas consulté la setlist, comme « Yesterdays » ou l’énormissime « Coma » (oh oui!); les instants émotion avec « Civil War », « Sweet Child O’ Mine » et bien sûr « November Rain », Axl prenant place derrière son piano à queue, une expression indéfinissable sur le visage, l’air hagard. Dommage que Slash ne montera pas dessus (le piano, pas Axl) pour le solo final.

Le tout est agrémenté de solos faisant office d’intro ou de conclusion à certains morceaux, comme « Voodoo Chile » pour « Civil War » ou « Layla » pour « November Rain ». Slash nous tape son Parrain comme chaque fois depuis 30 ans, et une part non négligeable de la soirée est consacrée aux reprises: hormis les habituels « Live And Let Die » et « Knockin’ On Heaven’s Door », un hommage à Chris Cornell est rendu avec « Black Hole Sun » (ainsi que « You Know My Name » sur bande à la toute fin du concert pour accompagner le public vers la sortie), et le groupe se fait plaisir avec « Wish You Were Here » en version instrumentale (Slash, Richard Fortus, et le public au chant!), ainsi que « The Seeker » des Who, et « Whole Lotta Rosie » du groupe pour lequel Axl est intérimaire (mais sans le diablotin en short malheureusement, contrairement à d’autres dates) pendant le rappel. Mais comme pour Aerosmith 2 semaines avant, j’aurais aimé moins de reprises, et plus de surprises, comme un petit « Don’t Damn Me », « Pretty Tied Up » ou « Locomotive »… non?

En parlant de voies ferrées, et pour en revenir au rappel, quelques minutes après « Nightrain » ce ne sont pas moins de 6 titres qui sont interprétés. Le démarrage est un peu mou avec « Sorry » et « Patience »; « Don’t Cry » arrive juste après « Whole Lotta Rosie », qui semble placé là pour ne pas endormir tout le monde, même si l’impact émotionnel de ces morceaux empêche toute somnolence!

Et lorsque retentissent les notes de « Paradise City », un « Déjà??? » sort de ma bouche à mon insu, alors que nous sommes à plus de 3h de show! Le final est en apothéose avec confettis et feux d’artifice, et c’est avec un sentiment de bonheur mêlé à l’envie de continuer que nous devons quitter l’enceinte du Stade de France (sur nos pieds, pas comme Slash qui s’en va sur les mains).

 

En résumé, la cuvée 2017 des Guns N’ Roses n’a rien à envier à celles des années 90 (et encore moins aux années 2000). Les américains sont plus en forme que jamais, et même si on ne connait pas les tenants et aboutissants de cette reformation, voir les 3 membres originaux ensemble fait son petit effet, d’autant que la cohésion musicale du groupe est bien là!

Seul Franck Ferrer, de l’avis général, n’est pas au niveau: foirer la descente de toms de « November Rain » à ce point, on ne sait pas s’il veut juste imposer sa patte, ou s’il ne sait tout simplement pas le faire; quoi qu’il en soit, c’est raté. C’est d’autant plus dommage que rares sont les pains à déplorer chez ses collègues; même Axl était en très bonne forme vocale, aidé par un son incroyablement clair, chose assez rare en stade pour le signaler! Je rêve du jour ou Matt Sorum reviendra: considéré comme un « bûcheron » par beaucoup, il était simplement l’équilibre parfait entre le côté punk de Steven Adler et le besoin de technicité de la saga Use Your Illusion. Allez, l’espoir fait vivre!

En tout cas, nous en avons eu pour notre argent, et cet évènement prend place dans mon top 5 des meilleurs concerts de ma vie. C’est dit!

 

Setlist de Guns N’ Roses

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