Lordi au Petit Bain (Paris), le 17 octobre 2018

Le temps passe, et mine de rien ça fait 11 mois que je n’avais pas fait de concert parisien! Il y a bien eu Chris Slade à Fismes (51) et le Graspop, mais j’avais presqu’oublié cette ambiance d’avant-concert dans la capitale.

La file d’attente est déjà conséquente aux abords du Petit Bain à mon arrivée à 18h; oui bon, à quoi m’attendais-je en me pointant 30 minutes avant l’ouverture des portes d’un concert complet? Des pêcheurs taquinent le goujon (ou autre espèce de poisson seinoise inconnue), le linge sèche sur les essuie-glace du tour bus… Bref tout est calme en cette belle fin d’après-midi dans la capitale.

 

 

Egokills (19h)

 

Les enceintes diffusent la musique d’attente, la minuscule salle se remplit doucement… Oui, décidément, cette ambiance me manquait! On remarque déjà les décors de la tête d’affiche derrière les rideaux, décors semblant très réussis compte tenu de la taille ridicule de la scène.

Le premier groupe de la soirée fait donc son entrée pour… nous annoncer qu’ils ne joueront pas car le guitariste s’est blessé à la main. Voilà, ça c’est fait, au suivant!

 

 

Silver Dust (19h15 – 20h15)

 

Et les suivants, ils ne vont pas se faire prier pour en profiter. On sent que quelque chose de spécial se prépare. Ça s’annonce épique, grandiloquent, et ce dès l’intro pendant laquelle un écran LCD habilement déguisé en tableau nous présente une famille inquiétante semblant issue de la plus profonde et bizarre des régions américaines (genre Détour mortel mais sans le côté monstres défigurés).

Le concert démarre sur un titre lourd et lent que n’aurait pas renié Black Sabbath. La voix est lugubre mais claire, bien qu’elle se permette de nombreuses incursions dans le growl, mais toujours de manière maitrisée et bienvenue. Je serais tenté de qualifier ce style de « Neo-Doom », les tempos se calquant aussi bien sur le groupe précité que sur System Of A Down.

Alors j’avoue que sur album, je pense que je finirais par m’ennuyer; mais l’habillage visuel est tellement réussi que Silver Dust entre facilement dans mon top 5 des plus chouettes premières parties inconnues qu’il m’ait été donné de voir. L’ambiance gothique, les costumes des musiciens, et surtout les intervenants sur scène ajoutent une touche fantastico-horrifique du plus bel effet. Les intervenants en question ne sont autres que les membres de la famille aperçus dans le cadre-TV, qui semblent tous possédés par quelque chose qu’on n’aurait pas envie de voir chez l’un de ses proches, croyez-moi (Insidious si tu nous regarde…). Bref le thème de la soirée est respecté!

Silver Dust étant originaire de Suisse, la communication est très facile, puisqu’en français (même si le chanteur, par habitude, lâchera quelques phrases en anglais avant de se reprendre).

La seule fausse note viendra d’un problème de guitare au moment d’un duel entre le chanteur/guitariste et le Fantôme de l’Opéra (ce dernier étant lui aussi à l’intérieur du tableau) sur fond de la fameuse Toccata et Fugue en Ré Mineur de Bach, ce qui gâche un peu l’effet. Problème heureusement vite réglé par Seb, l’ingé son qui obtient par cette occasion son quart d’heure de gloire. La foule se déchaine ensuite sur une reprise du fameux morceau de Kim Carnes « Bette Davis Eyes », la silhouette de M. Lordi supervisant le tout (après renseignement, ce dernier chante ce titre en duo avec Silver Dust sur album).

Cela dit, la foule en question n’a nul besoin d’une chanson connue pour s’enthousiasmer, les suisses sont accueillis comme des rois, et franchement ils le méritent bien. Dommage que l’adolescente de la famille possédée aide à démonter la scène, ça enlève un peu du côté mystique au groupe; gageons que lorsqu’ils seront assez gros pour avoir d’autres roadies, l’effet mystérieux restera intact!

 

Setlist de Silver Dust

 

 

Lordi (21h08 – 22h37)

 

Même dans le morceau d’intro, Lordi fait dans l’originalité: malgré son statut de groupe culte, il est rare que Kiss soit présenté en ouverture d’un concert; c’est pourtant « God Of Thunder » qui annonce l’arrivée des finlandais après une interminable attente de 45 minutes, arrivée qui voit chaque musicien gratifié d’une ovation, avant que le titre éponyme au dernier album Sexorcism soit lancé. Album bizarrement sous-représenté, avec seulement 3 titres (les 2 autres étant « Your Tongue’s Got The Cat » et « Naked In My Cellar »). Cela dit, la carrière de Lordi commence à être plutôt bien étoffée, avec des titres passés au rang de classiques: si tout le monde ne connaissait pas par cœur le premier, les langues se délient dès que débute « Would You Love A Monsterman? » arrivant juste après. Il en sera de même pour la suite, notamment « Blood Red Sandman », « She’s A Demon » ou « Missing Miss Charlene ». Un gros pic d’ambiance se fait même ressentir sur « It Snows In Hell » et « The Riff », mais il suffit de les écouter pour comprendre pourquoi!

Ce qui est fort avec Lordi, c’est qu’on se dit que même s’ils n’étaient pas maquillés, ce sont tout de même des bêtes de scène. Par ailleurs, les interventions de M. Lordi sont assez drôles et très bien dosées, ni trop ni trop peu; par exemple, après qu’Amen (guitare) lui ait mis un glaçon dans le cou, ce qui devait arriver à force de dire qu’il a très chaud, le chanteur lui annonce qu’il va lui… comment dire ça élégamment… qu’il va lui faire les fesses (pas trouvé plus soft, désolé) après le concert.

Mais bon, ce qui a fait et fait encore la réputation du groupe, ce sont surtout les costumes; et là rien à dire, c’est toujours parfait, que ce soit dans le souci du détail ou la volonté de déranger les âmes bien-pensantes. Mieux qu’une description ne rendant pas justice au travail de M. Lordi, je vous laisse aller chercher des photos ou des vidéos sur internet pour vous rendre compte. Je note tout de même que les cornes d’Ox (basse) semblent pousser tournée après tournée. Le décor bénéficie du même soin: nous avons l’impression d’être dans le hall d’un château lugubre, qui verra sa déco toute chamboulée pendant le solo de Hella (clavier).

Au rayon des regrets, je déplore juste le manque de mise en scène pendant ou entre les morceaux. Comparé au Trabendo en 2015, on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Quelques interventions de roadies eux aussi costumés, un fantôme volant pendant une fraction de seconde au-dessus du public, une infirmière se faisant éventrer par Ox pendant son solo, et un bébé possédé que l’on verra à peine dans son berceau… on ne va pas cracher dans la soupe, mais c’est légèrement décevant par rapport à ce dont je m’attendais, et ce à quoi j’ai déjà assisté.

A part ça, c’est un sans-faute pour la Finlande ce soir. La tête pensante du groupe, M. Lordi, laisse chacun de ses comparses faire, comme déjà évoqués, leurs propres solos, eux aussi ni trop courts ni trop longs. Et après tout ça, un nouveau pic arrive avec « Who’s Your Daddy », avant un rappel qui ne se fera pas trop désirer.

 

Oui, il fait chaud, alors Lordi remonte vite sur scène pour 2 dernières offrandes. Mais quelles offrandes! « Devil Is A Loser », peut-être le titre le plus classique du groupe après « Hard Rock Hallelujah » qui, vous vous en doutez, est joué en clôture du show.

C’est ce dernier morceau, avec lequel la plupart d’entre nous ont découvert Lordi lors de l’Eurovision 2006 (eh oui, impossible de ne pas l’évoquer), qui verra la seule slammeuse de la soirée arriver sur scène et chanter en duo avec M. Lordi (avec une léchouille de la part de ce dernier en prime); un sacré quart d’heure de gloire!

 

Finalement, j’ai un autre regret: que Lordi n’ait pas joué dans une salle plus grande. Le Petit Bain est clairement trop étroit pour eux, que ce soit pour leur spectacle ou pour leur réputation (la soirée était complète). Mais peut-être que s’ils venaient plus souvent… message passé!

 

Setlist de Lordi

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