Nightwish à Paris Bercy, le 10 novembre 2018

Ça devient presqu’une habitude: tous les 3 ans, Tuomas Holopainen pointe le bout de son clavier à Paris avec ses compères de Nightwish. 2018 ne fait pas exception à la règle, les finlandais posant leurs flight cases à Bercy pour la 3ème fois maintenant (après le Zénith lors de la toute première fois où je les ai vus, en 2009; presque 10 ans!).
Premier pari réussi: malgré la pluie discontinue depuis ce matin, je décide de faire confiance à la météo qui disait que ça s’arrêterait vers 17h et de ne pas prendre de K-Way®. Et j’ai eu raison! Cela dit, les portes ouvrant à 17h45, je ne serais pas resté dehors bien longtemps. Pour une fois que nous pouvons entrer tôt et se mettre au chaud, ne nous plaignons pas!
Deuxième pari raté: c’est bien la première fois qu’un vigile pense à tâter mon gilet que je tiens à la main, et dans lequel je planque toujours ma bouteille d’eau. Du coup adios le bouchon, et avec cette saloperie de nouveau système « sans vis », il est devenu inutile d’en cacher un 2ème dans sa chaussure. Va falloir que je pense à changer de marque…

Alors, Nightwish au Palais Omnisport de Paris Bercy (oui, j’insiste): configuration réduite (les rangées du haut sont fermées), et une fosse Or que j’avais oubliée car les places s’étaient vendues comme des petits pains et qu’il n’en restait plus quand je me suis décidé à prendre la mienne. Tant pis, on fera avec.
Par contre, ce que je remarque dès mon entrée sur les lieux, ce sont les backdrops du premier groupe: je ne m’étais absolument pas renseigné là-dessus, et j’ai l’agréable surprise de découvrir qu’il va s’agir de Beast In Black! Etant plutôt réceptif au groupe originel de son fondateur Anton Kabanen, Battle Beast, je me réjouis de ce début de soirée.
L’attente est assez rapide, entre jeux sur mon téléphone, l’appel d’un ami (que je ne retrouverai dehors qu’à la fin du concert car il est arrivé trop tard, et j’étais trop bien placé pour le rejoindre) et quelques chapitres de mon bouquin, le tout au son des années 80: « Born In The USA », « Poison » (la chanson d’Alice Cooper, pas le groupe de Glam), « Any Way You Want It » et « Wind Of Change » entre autres.
Beast In Black (19h15 – 20h08)

Pour une formation ayant choisi ce nom, il aurait été dommage d’annoncer son arrivée au son d’un autre morceau que « Night Crawler » de Judas Priest.
Ceci étant fait, les musiciens arrivent sur scène et… en fait c’est du Battle Beast tout craché. Tout y est: les rythmiques martiales soutenues par les riffs tranchés ainsi que par quelques discrètes nappes de clavier, le batteur un peu foufou, le chant éraillé et haut perché, et aussi et surtout, la motivation. Car oui, même si, en fermant les yeux, on aurait presque l’illusion d’écouter Noora Louhimo et sa bande, la recette fonctionne. Le public réagit au quart de tour, c’est l’ovation à chaque morceau… il n’y a pas à dire, Anton sait mener sa barque. Sauf qu’ici, la chanteuse est un chanteur, Yannis Papadopoulos, mais au timbre très proche de sa collègue; est-ce elle qui a un chant très masculin, ou lui qui a un chant plutôt efféminé? Bon, on s’en fout, non?
Malgré la qualité de la prestation, cette impression de déjà-vu – ou plutôt déjà entendu – me gêne. Beast In Black fait clairement doublon avec Battle Beast, et ne propose rien pour s’en démarquer; à part peut-être cette mise en scène lors d’un morceau (je n’ai pas le titre, désolé) sur lequel les musiciens chaussent des lunettes futuristes où défile un texte, illisible de là où je suis. Mais c’est plutôt maigre comme « originalité ». Et on ne parlera pas de la mer de flashes de téléphones demandée sur la ballade, toujours sympa, mais vu et revu.
Bonne mise en bouche quand même, mais avec tout de même un léger arrière-goût amer.

Setlist de Beast In Black
Une voix off annonce 30 minutes d’entracte; ce qui veut dire que le concert va commencer avant 21h? Tant mieux, on sera plus tôt au lit! A mon grand âge, c’est appréciable.
Jeux, lecture, années 80: « Fade To Black », « Rock You Like A Hurricane » et « For Whom The Bell Tolls ». Ah, et le rideau, aussi! Le fameux rideau… mais cette fois, il tombera bien avant le début du show, la scène n’offrant à priori rien de spécial. Entre temps, Bercy s’est finalement remplie du sol au plafond; pas tout à fait complet, mais franchement pas loin!
Nightwish (20h35 – 22h40)

On commence doucement: les spots nous en mettant allègrement plein la poire, nous n’avions pas remarqué que la scène est en fait composée d’écrans. Partout. Un grand, immense même, au fond, un autre en dessous de la batterie, et deux autres respectivement en dessous des claviers et du « stand » de Troy Donockley. L’illusion est parfaite, on a l’impression que les instruments flottent dans le vide lorsque démarre la vidéo d’intro, lesdits écrans étant parfaitement synchronisés pour prolonger l’image de haut en bas.
Une chouette intro, avec des images en lien avec le design du best-of Decades sorti récemment, un speech dont on ne comprend absolument rien, sauf le passage où la voix dit de profiter du spectacle au lieu de perdre son temps à le filmer, ce message étant appuyé par des pictogrammes; autant pisser dans un violon, il y aura toujours des crétins pour tenter de capturer une vidéo avec un son aussi pourri que l’image, qu’ils ne regarderont sûrement jamais après le lendemain du concert, certains filmant même le message suscité – cherchez l’erreur. Bref…
Cette zolie vidéo se termine sur un compte à rebours d’une minute; ah, ça j’aime! Comment faire monter la pression, simple et efficace. On s’attend à ce que tout pète une fois arrivé à 0, surtout avec le public entonnant le décompte à partir de 10 (et les inévitable « Bonne année » à la fin), et… bah non, en fait Troy apparait pour nous interpréter une version instrumentale de « Swanheart », toute en douceur, pendant que ses compères apparaissent en ombres chinoises et prennent place sous les applaudissements nourris d’une foule déjà chaude comme une baraque à frites.
C’est alors que Troy disparait et… BAM « Dark Chest Of Wonders » dans ta face! Floor Jansen est évidemment ovationnée à son arrivée, et autant le dire d’entrée pour ne plus y revenir: elle poutre grave. Pas une fausse note, pas une hésitation, elle assure aussi bien sur ses morceaux, que sur ceux d’Anette Olson ou de Tarja Turunen. Tout juste suis-je, comme d’habitude, déçu qu’elle n’utilise pas plus sa voix de tête sur les anciens morceaux, regrettant de n’avoir jamais vu le groupe avec Tarja; voilà, ça aussi je le dis maintenant, j’ai toujours préféré Tarja, je le répèterai probablement sur chacune des reviews que je fais de Nightwish, mais pour ce soir, n’en parlons plus!
Bon sinon, après, on balance quoi? Puisqu’on a si bien commencé, continuons: BAM « Wish I Had An Angel »! Marco Hietala (basse) prend le micro sur le refrain et ça y est, je plane. Quelle voix!
Retour dans le temps avec « 10th Man Down » et « Come Cover Me », que je n’attendais pas; ah mais ça veut dire qu’ils ne vont pas vraiment jouer Decades alors? Cool, il y aura des surprises! Mais pas tout de suite, car « Gethsemane », « Élan », « Sacrament Of Wilderness » et « Dead Boy’s Poem » sont dessus. Mais n’ayant pas écouté l’album, je suis agréablement surpris par les 2 dernières citées, que je n’attendais plus non plus en concert! Enfin!
Emporté par l’ambiance, plus rien n’existe, que le groupe sur scène, les gens qui chantent autour de moi, et ma tête qui dit « fuck » à mon grand âge évoqué plus haut en se secouant à s’en décrocher les cervicales. Cela faisait bien longtemps que je n’étais pas pris de telle sorte dans un concert!
Petit moment de relâche sur « Elvenjig », qui semble être un morceau instrumental traditionnel (merci internet), avant de repartir de plus belle sur un titre partageant ses 2 premières syllabes, « Elvenpath ». Encore une fois on en prend plein la figure, le groupe prenant à peine le temps de souffler avant de nous envoyer le désormais culte « I Want My Tears Back », suivi de « Last Ride Of The Day », clôturant les concerts du groupe il y a peu. Mais que nenni, nous sommes bien loin de la fin.
Troy, le Remy Bricka du Metal qui change aussi souvent d’instrument que Shun change de voix dans les Chevaliers du Zodiaque, nous annonce « The Carpenter », qu’il chantera à la place de Tuomas, ce dernier ayant décrété qu’on n’entendrait plus jamais son horrible voix sur une chanson. Celle-ci est loin d’être ma préférée d’Angels Fall First. Je préfère nettement la suivante, qui m’arrache encore une fois les cervicales: « The Kinslayer »! Et Tuomas ayant décidé qu’il préférait voir nos cheveux plutôt que nos visages, il enchaine sur « Devil & The Dark Deep Ocean ».
Et puisque nous sommes en mer, autant continuer avec la magnifique « Nemo »; oui je sais, rien à voir, mais sur le moment j’ai trouvé ça approprié… Profitons plutôt de ce morceau au rythme un chouia moins emmené pour nous attarder sur les détails, notamment ces fameux écrans: chaque titre possède sa propre ambiance, avec de magnifiques images à chaque fois en phase avec le thème: la falaise boisée sur « Élan », le manège sur « The Last Ride Of The Days », la neige sur « Nemo », etc.. Comment ne pas avoir l’impression d’être dans un autre monde, de s’évader? Aller à un concert de Nightwish, c’est comme aller à Disneyland, mais ça coûte moins cher! Bon, ça dure moins longtemps, aussi…
Du côté des musiciens, Emppu Vuorinen (guitare) semble se biturer moins souvent que de coutume, et Kai Hahto (batterie) fait le boulot discrètement, le sourire aux lèvres. A propos, comme pour le sujet Tarja, il faut que ça sorte: Jukka Nevalainen, où es-tu??? Kai est un très très bon batteur, mais tes mimiques me manquent, tes grimaces, ta hargne, ta force de frappe… je trouve le son de Kai moins percutant; même sur Endless Forms Most Beautiful, les lignes de batteries, mêmes si elles sont très techniques, me semblent plates, sans relief (ouais je sais, ça veut dire la même chose). Bref, Jukka revient!!!
Evidemment, au moment où cette idée me traverse l’esprit, le groupe décide de dégainer « Slaying The Dreamer » pour me faire fermer mon caquet! Bercy saute, Marco hurle, Floor hurle, Bercy hurle et je suis heureux.
Le calme revient pour quelques minutes sur l’intro de « The Greatest Show On Earth » et ses images d’animaux, de poissons et de nature. Calme de courte durée au vu de la partie centrale du morceau; moi qui pensais que j’avais définitivement perdu mon cou sur « Slaying The Dreamer », je découvre qu’un nouveau m’est poussé! Fort heureusement nos amis finlandais/néerlandais/anglais ont jugé bon de couper la dernière partie du morceau, qui aurait probablement fait retomber l’ambiance, ce qui aurait été dommage vu le sans faute jusqu’ici.
Non, à la place, après les « We were here », ils préfèrent partir. En laissant les lumières éteintes. Comme s’ils allaient revenir.

Et effectivement ils reviennent. Mais sans qu’on les remarque, dans le noir total, et surtout sans décompte sur le charley, et BAM « Ghost Love Score »! Mon focus se réduit encore, cette fois il n’y a même plus de public, juste le groupe et moi, cette chanson n’est que pour moi, et je verse presqu’une petite larme en m’envolant tels les confettis rouges qui se déversent sur la foule.
C’est la sixième fois que je les vois, et même si leurs précédentes prestations oscillaient entre le plus que correct et le très bon, ça y est: ils ont finalement donné le concert parfait: parfait dans sa setlist, parfait dans son interprétation, parfait dans sa longueur; là où ils jouaient 1h45 grand maximum avant, ils ont décidé de dépasser les 2 heures. Bien sûr on en aurait bien repris un peu plus, mais c’est là qu’on se dit que « Ghost Love Score » pour terminer, c’est juste parfait.
Allez, si on veut vraiment chipoter, pour rester sur Decades on aurait bien aimé avoir « End Of All Hope », ou surtout « The Poet And The Pendulum »; mais ne boudons pas notre plaisir.
La partie finale de « The Greatest Show On Earth » se fait finalement entendre en guise d’outro, pendant que le groupe nous fait de longs adieux en distribuant les habituels médiators et baguettes.

Petit coucou au pote que j’ai eu tout à l’heure au téléphone, avant de me faire ramener par ma manager (ouais, on a la classe ou on ne l’a pas), qui me dit préférer quand même Within Temptation. Mais non!!! Comment peut-on dire ça après un tel concert? Bon après tout, elle pense ce qu’elle veut (même si elle a tort, mouahaha!); moi je repars avec des étoiles plein les yeux et plein la tête.
Alors, Tuomas, on se dit à dans 3 ans à Paris? Mais si tu veux m’impressionner encore plus, tu vas devoir mettre la barre haut, très haut!!!

Setlist de Nightwish

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