Metallica au Stade de France, 12 mai 2012

30 ans… cela fait 30 ans que le Thrash Metal a été inventé par Metallica, à la sortie de “Kill ‘Em All” en 1981. Un anniversaire dignement célébré fin 2011 à San Francisco, ville natale des Four Horsemen.

Que de chemin parcouru depuis, le Thrash des débuts ayant laissé place à du Heavy plus traditionnel, voire même du Rock (certains morceaux de “Load” et “ReLoad”), en faisant même une incursion dans le Neo Metal (le décevant “St. Anger”). Bref, pour résumer la carrière de Metallica, une chronique entière serait nécessaire.
Mais arrêtons-nous 10 ans après leurs débuts: 1991. “Metallica”. Telle une renaissance, l’album porte simplement le nom du combo américain. Rien de plus, rien de moins. Et pour cause, ce fut le premier revirement musical du groupe, délaissant le Thrash de “Master Of Puppets” et autres “Ride The Lightning” pour du bon gros Heavy, puissant mais bien moins complexe.

Ce changement de style eut 2 résultats:

  • la déception des fans de la première heure, à cause de la simplification musicale et le retournement de veste du groupe, ceux-ci se mettant même à tourner des vidéoclips (sacrilège!!! même si cela a déjà été fait avec One);
  • le succès immédiat auprès du grand public, l’album réalisant les plus grosses ventes du groupe à ce moment. Au grand désarroi des fans sus-cités, Metallica se “MTVisait”.

Malgré tout, l’album recèle de véritable pépites, très appréciées des fans (de la 1ère et de la 2ème heure). Nous y reviendrons bientôt…
Car cela fait 20 ans… 20 ans que cet album mythique, qui fut officieusement nommé “Black Album” à cause de sa pochette entièrement noire sur laquelle se distinguent à peine le logo du groupe ainsi qu’un serpent enroulé sur lui-même, est apparu dans les bacs.

Et pour fêter comme il se doit cet anniversaire, les Mets se sont lancé dans une mini-tournée pendant laquelle “Metallica” sera joué intégralement! Et Ô joie pour nous fans français, cet évènement exceptionnel sera célébré dans un lieu non moins exceptionnel: le Stade de France.

Petite soirée sympa avec 80000 potes

Bon, j’exagère un peu: selon les organisateurs, seuls 74000 spectateurs étaient présents. Ce qui en fait quand même le plus gros concert de Metallica sur le sol français.

Ayant réussi à obtenir 2 places en Pelouse Or (au bout de presque 2 heures de bataille acharnée sur le site de la Fnac le jour de la mise en vente), nous arrivons sur place mon père, un collègue et moi tranquillement vers 17h30. Comme pour AC/DC en 2010 (seul autre concert au Stade à mon actif), nous avons l’impression d’assister à une sorte de messe: partout des stands de boissons ou de hot-dogs où l’on entend du Metallica dans des hauts-parleurs (qui ne passeront probablement pas la soirée tant ils saturent), partout des gens de tout âge arborant fièrement leur t-shirt à l’effigie du groupe… nous sommes plongés dans l’ambiance dès l’arrivée (déjà à Chatelet – Les Halles, où environ 80% des passagers du RER ne laissaient aucun doute quant à l’endroit où ils se rendaient).

Après un échange de place entre mon père et une personne qui avait une cat. 1 et qui voulait absolument être en PelOr (cool, on a gagné 17€!), nous entrons dans le Sanctuaire, chacun de notre côté du coup (le collègue devant se contenter d’une catégorie 2).
Je me place dans le 1er tiers de la PelOr, ni trop loin, ni trop près, ne désirant pas être victime des pogos.

Gojira

En effet, comme vous pouvez le voir, le 1er groupe à faire son entrée sur scène sera celui de nos 4 fameux landais nationaux. Je n’ai jamais accroché à leur musique, et ce n’est pas ce soir que je changerai d’avis. Explications.

Le chant grawlé n’a jamais été mon truc (sauf pour Opeth, mais Opeth… bah c’est Opeth quoi!), et le son du Stade ne rendra pas hommage à leurs compositions: un brouhaha parfaitement inaudible, j’ai eu l’impression de n’entendre qu’une seule chanson de 25 minutes, entre une bouillie de riffs impossibles à démarquer et mon t-shirt qui vibrait tout seul dès que les 2 grosses caisses se mettaient au travail (ils ont été mesuré à 120 dB)!

Respect tout de même aux p’tits français qui ont été bien accueillis, ont proposé un show visuel très acceptable, à défaut de show sonore correct. Et désolé pour les fans qui auraient aimé que je développe un peu plus, mes connaissances “Gojiriesques” sont proches du néant!

A noter les quelques (petits! rien à voir avec ceux accrochés au dessus des écrans géants) ballons noirs que des fans ont ramené et avec lesquelles la PelOr ne rechigne pas à s’amuser. Et qui seront bien utiles pour ne pas s’ennuyer pendant la 2ème partie…

The Kills

Bon… je vais essayer de faire un chapitre moins long que celui sur Metallica, mais je ne promets rien tant il y a à dire sur ce groupe. Je ne sais trop par où commencer, entre le ridicule visuel et la médiocrité des compositions; sans parler du nom qui est un cliché à lui tout seul.

Visuellement d’abord, 4 percussionnistes qui jouent la même chose; si vous calculez bien, ça en fait 3 d’inutiles. Et leur bandana attaché devant la bouche façon cow-boy, c’était le pompon sur le gâteau qui fait déborder le fil à couper le beurre. Mais les pauvres n’y sont pour rien, on les a embauché et puis c’est tout.

Les vrais fautifs, ce sont les 2 “musiciens” qui assurent (ou pas) le devant de la scène. Une fille aux cheveux roses et un “guitariste” au style… indéfini (désolé si je n’ai pas pris la peine d’aller chercher leurs noms sur Internet).

Concernant la première, une voix sans relief, et un talent de guitariste (lorsqu’elle se décide à prendre une six-cordes) proche du mien (je n’ai jamais joué de guitare de ma vie). Elle prenait parfois également place derrière un clavier, mais je n’ai plus souvenir de ça, je devais dormir.
Revenons-en aux guitares: l’autre est à peu près au même niveau. Je sais que, grâce à des pédales wah-wah et les effets qui-vont-bien, on peut sortir tout un tas de sons bizarres d’une gratte. Et bien ce soir, il a réussi à trouver les plus désagréables!
Quant au batteur… mais il n’y a pas de batteur, puisqu’il y a les percussionnistes, suivez un peu! Mais un percussionniste ne peut pas créer une rythmique au sens strict du terme. Donc le tempo est assuré par… une boite à rythme. *Soupir*

Alors on peut avoir l’esprit ouvert et tout ça, mais prétendre faire du Rock avec une boite à rythme, c’est comme dire que Keane fait aussi du Rock alors qu’il n’y a aucune guitare (sans remettre la qualité de leur musique malgré tout). C’est un peu la base des choses.

Ajoutez à toute cette recette le son pourri précédemment évoqué au chapitre “Gojira”, et vous obtiendrez le mot que j’ai entendu prononcer tout autour de moi à la fin de leur set: “pénible”.

Et si vous pensez que j’y vais un peu fort, à ma décharge toute la PelOr, ainsi qu’une grande partie de la Pelouse et probablement les gradins (je n’ai pas trop regardé) ont bien fait comprendre à ces manchots qu’ils n’avaient rien à faire là, et ce dès la fin du la 3ème morceau. On pourra tout de même estimer que même si les huées, les dos tournés et les sittings étaient justifiés, les doigts d’honneur étaient peut-être de trop… même si j’y ai également participé avant la fin du show, par exaspération et par colère.

Ce n’est pas la “performance” que je juge ici, c’est l’intérêt même de ce groupe: il n’y en a aucun. C’est vide, nul, sans aucun talent, et ça pense être in parce que ça fait de la « musique » expérimentale (ils se sont autoproclamés “groupe de Garage Rock”; bah quand on joue ça dans son garage, on y reste!).
Sans déconner, au bout d’un moment il faut ouvrir les yeux.

C’est, et de loin, la pire première partie que j’ai eu lors d’un concert. J’en regrette presque d’avoir hué The Cribs en ouverture d’Aerosmith en 2010 (c’est dire).

Ca fait du bien…

…quand ça s’arrête! Enfin, après 45 minutes de torture auditive (merde, ils ont eu un temps de parole 2 fois plus long que Gojira? WTF???), The Kills quitte la scène sous les sifflets en laissant la guitare allumée faire un bon gros larsen pour “punir” l’auditoire… honnêtement je ne l’avais même pas remarqué, je pensais que c’était un effet pour l’outro du dernier morceau… et je suis sérieux; vous voyez où je veux en venir?

Bref, la scène s’installe pour la tête d’affiche de ce soir. Et je ressent comme un manque, un vide, sans pouvoir l’identifier, jusqu’au moment où je me rend compte: il n’y a pas de rideau qui cache la scène! A vue de nez, ça fait au moins un an que je n’ai pas assisté à un concert où les roadies installent le matériel en étant masqués du public. Pour le coup ça en serait presque original!

Tout se met donc en place devant les 3 écrans géants, le central étant réellement gigantesque. La batterie de Lars rend ridiculement petite devant.
Les techniciens font la balance, on entend du AC/DC, du Ozzy Osbourne, du Dio… rien de surprenant jusque là.

Les 4 bonnes brutes qui ne nous truandent pas

Enfin, les lumières… ne s’éteignent pas. Et oui, le concert commence vers 21h, et le jour est tout juste en train de décliner lorsque retentit The Ecstasy Of Gold du génial Ennio Morricone. Tuco “le truand” apparait sur les écrans géants, perdu dans le cimetière pendant que la foule entonne la mélodie. Et croyez-moi, 74000 personnes fredonnant The Ecstasy Of Gold, ça met les poils au garde-à-vous!

Celle-ci a à peine le temps de finir qu’apparait déjà Lars faisant signe à la foule debout derrière ses futs, suivi de près par ses compagnons. Il prend tout juste le temps de s’assoir avant de commencer à marteler ses crashes et ses 2 grosses caisses pour entamer un phénoménal retour en arrière de 30 ans sur Hit The Lights. Tel un groupe de jeunes musiciens sur leurs débuts, ils commencent donc le concert avec le tout premier titre de leur tout premier album. Un mouvement de foule me permet de me rapprocher de 5 bons mètres, et je me stabiliserai ici pour le reste du concert, les gens autour de moi relativment calmes resteront en place.

Je n’ose imaginer comment ça se passe aux barrières, je préfère quand même ma place! Par contre, j’aurais vraiment aimé être dans le snake pit, Metallica ayant décidé de ressusciter la légendaire arène de la tournée 1992. Mais l’accès n’était donné qu’aux membres du Met-Club.

Sans transition après le 1er titre, on enchaine avec… Master Of Puppets!!! Joué en 2ème position, c’est très étonnant mais qu’est-ce que c’est bon! Et quel plaisir d’entonner le refrain accompagné de 73999 autres personnes, ainsi que le break!
Dommage que les soli de Kirk soient un peu en retrait niveau volume… ce souci ne sera pas arrangé par la suite.

Master… finissant sur le rire sardonique de James, qui prend quelques secondes pour nous remercier, le 3ème titre déboule encore une fois à 100 à l’heure, et pour cause: retour à “Kill ‘Em All” avec No Remorse.
Les anciens albums sont à l’honneur ce soir, puisqu’aucun titre ultérieur au Black Album ne sera joué ce soir, hormis un… qui arrive bientôt.

Après “Kill ‘Em All” et “Master Of Puppets” vient un extrait de l’album s’insérant entre les 2: “Ride The Lightning”. Par contre ce ne sera pas, comme beaucoup l’espéraient, Creeping Death, mais For Whom The Bell Tolls, Lars martelant ses toms pendant que Rob torture sa basse sur l’intro. Mon titre préféré de “Ride…”, et un grand soulagement de la voir jouée ce soir, puisqu’absent du live “Français pour une nuit” visionné la semaine précédente.
Et le black-out sur le 2ème couplet, même s’il ne dure qu’une seule seconde, fut pour moi un moment magique!

Le seul titre post-Black Album arrive et il n’est même pas présent sur un vrai disque des Four Horsemen, puisque c’est Hell And Back, sorti de l’E.P. “Beyond Magnetic” (regroupant 4 chansons provenant des chutes de “Death Magnetic”). Ceci explique pourquoi la foule semble moins virulente, la plupart ne connaissant peut-être pas la chanson.
C’est la 2ème fois que cette chanson est jouée en concert, mais  The Shortest Straw, habituellement jouée à cette place dans les autres pays, aurait sans doute été mieux accueillie.

Avant de continuer, petite parenthèse sur le son, qui était loin d’être médiocre pour un Stade (sauf le sous-mixage de Kirk évoqué plus haut). Seule les grosses caisses étaient un peu trop overdubées.
Mais ce n’était, évidemment et malheureusement, pas comparable avec le son d’une petite salle.

Metallica

Ca y est, nous l’attendions tous, nous étions tous là pour ça… “Metallica” arrive! 1991, studios One on One de L.A.: le début du “vrai” show est introduit par un mini-film retraçant l’enregistrement de l’un des plus grands albums de Metal de l’époque, et évoquant l’ambiance particulière se dégageant de ce moment. A la fin se font entendre les arpèges et la caisse claire inquiétante de l’intro de The Struggle Within.
Avec une temporisation parfaite, James entame le riff de ce morceau trop méconnu qui clôture l’Album Noir.
Et non, ce n’est pas Enter Sandman qui ouvre les festivités, puisque l’album sera joué… à l’envers! Dommage, peu de temps avant le concert je m’imaginais même frissonner à l’écoute des premières notes juste après The Ecstasy Of Gold.

Jouer les morceaux en ordre inverse est finalement une bonne idée, les titres les plus connus se situant au début du disque. Je vous laisse retrouver le CD chez vous pour vous rendre compte (et si vous ne l’avez pas, honte à vous!!!).

Les 2 moments forts pour moi seront sur Of Wolf And Man et Wherever I May Roam (dommage que l’intro à la sitar n’ait pas été joué live par Kirk), qui sont 2 titres que j’apprécie particulièrement.

A la façon de The Islander de Nightwish, le Stade se remplira d’une mer d’étoile grâce aux téléphones, appareils photo et briquets allumés sur Nothing Else Matters. Ca valait le coup de quitter la scène des yeux 20 secondes pour admirer.
A noter que celle-ci fut jouée « version album »; j’entends par là avec la batterie dès le début, pas à partir du 2ème couplet comme sur la plupart des concerts fin ’90/début 2000.

Bien entendu, cette partie du concert se  terminera par l’excellent Sad But True, suivi par l’incontournable Enter Sandman, avec feux d’artifices et effets pyrotechniques!

Retour vers le passé

Le groupe quitte la scène sous les cris, les applaudissements et les demandes de retour sur scène. Car non, Metallica ne peut pas finir un concert comme ça!

Alors, qu’aurons-nous en rappel? Fuel, comme sur les autres dates? Mais non, pas de chansons des 4 derniers albums j’ai dit!
Finalement c’est l’intro inespérée de Battery qui se fait entendre dans le Stade, et qui rallume d’emblée la foule qui repart de plus belle dans les pogos et autres slams (observés de loin pour ma part, heureusement).

Ensuite, extinction des feux! Plus d’écran, plus de lumière… et commencent à retentir dans le noir des explosions et des coups de feu. Telle est annoncée depuis 24 ans One. Même avec mes boules Quiès©, les explosions me font mal aux tympans: Metallica a mis les moyens!
Les accords de l’intro sont accompagnés d’un magnifique light-show de lasers (encore une fois, ça valait le coup de se retourner), et tout se termine dans un chaos total, entre explosion et jets de flammes.
Mais… il y a un mais: il faut se rendre à l’évidence concernant le jeu de Lars. Les passages à la double ont totalement été écartés de Battery, et il a complètement raté les sextuples croches (enfin je crois que ce sont des sextuples, j’ai du mal à les compter!) sur One. Vraiment, vraiment dommage.

James nous gratifie d’un petit discours; enfin! Depuis le début du concert, même si les Four Horsemen semblent heureux d’être là et se donnent à fond, ils n’ont pas été très bavards jusqu’à maintenant!
C’est donc désormais officiel: nous faisons tous partie de la “Metallica Family”. Cool, on aura notre part d’héritage?

James demander à rallumer toutes les lumières du Stade et d’aider le groupe à interpréter le morceau dont le titre ne fait plus aucun doute, car il s’agira bien du dernier ce soir, comme à chaque concert: Seek And Destroy!!!
Les fameux ballons géants sont lâchés, la foule se lance dans l’ultime pogo de la soirée, les Mets font durer le plaisir durant un break rallongé en faisant chanter le public, et le tout se termine sur quelques notes de Let There Be Rock d’AC/DC!!! Ouf!

Après 2h15 de spectacle, c’est maintenant l’heure des adieux, que les 4 gars de San Francisco feront aussi durer un peu, entre lancers de médiators (par poignées), distributions de baguettes et petits discours de remerciement (avec une petite allusion de Lars à 1998 pour les fans de foot, et les “CA VA BIEN???” de Rob).

Conclusion

Ce ne fut probablement pas le meilleur concert de Metallica, ceux-ci demeurant assez peu bavards entre les chansons, se contentant d’assurer (comme des pros!) le show; mais voir jouer le Black Album en entier était un évènement incontournable.
Et sur un point plus personnel, For Whom The Bell Tolls et Battery ont été des évènements dans l’Evènement à eux tout seul!

Il est maintenant temps de rentrer, attrapant de justesse le dernier RER A (après avoir affronté la marée humaine du RER B!), direction Disneyland pour récupérer la voiture et finir à la maison vers 2h30…

Set-list

The Ecstasy Of Gold
Hit The Lights
Master Of Puppets
No Remorse
For Whom The Bell Tolls
Hell And Back
The Struggle Within
My Friend Of Misery
The God That Failed
Of Wolf And Man
Nothing Else Matters
Through The Never
Don’t Tread On Me
Wherever I May Roam
The Unforgiven
Holier Than You
Sad But True
Enter Sandman

Battery
One
Seek And Destroy

Et j’attends encore que le Petit Journal diffuse la dédicace à mes amis!!!

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Nightwish à Paris Bercy, 17 avril 2012

Une sorte d’évènement avait lieu ce mardi 17 avril 2012 au Palais Omnisport de Paris Bercy. Objectivement, on ne peut pas le qualifier d’“évènement de l’année”, comparativement aux 2 shows filmés de Rammstein en mars, ou au futur concert de Metallica au Stade de France (le 12 mai pour ceux qui ne suivent pas).
Mais d’un autre côté, Nightwish jouait ce soir dans la plus grande salle de leur carrière (en excluant les festivals). Un fait assez important pour considérer ce spectacle comme immanquable! Et puis, un concert de Nightwish, ça ne se manque pas de toute façon. Na!
C’était quand même un évènement suffisamment important pour attirer le Petit Journal. Peut-être même qu’on y verra ma tête dans les prochains jours! Et croyez-moi, ce sera plus agréable que le cul qu’ils ont réussi à filmer (tradition du “Petit Journal sur un concert de Metal” oblige): pas très ragoutant. Malade

Eklipse

Et donc après une interminable attente de 1h30 sous la pluie (une pensée pour la bande de malades qui ont dormi sur place, ils se reconnaitront!), suivie d’une autre interminable attente dans Bercy (à ce propos, autant je suis ultra-fan d’AC/DC, autant avoir Black Ice en boucle pendant 2 heures, c’est vite lassant), les lumières s’éteignent.
Un premier groupe de filles très surprenant en ouverture: 3 violonistes et une violoncelliste pour un concert de musique classique(!). Je pense que tous ceux qui n’étaient pas au courant (dont moi) se sont demandé s’ils ne s’étaient pas trompé de date…
Malgré un très bon accueil de la part du public et 2 reprise de groupes connus (“In The End” de Linkin Park *beurk* et une autre, dont j’ai oublié le titre, de Coldplay *parti vomir*), ce fut un peu long. Un genre d’”Apocalyptica du pauvre”, comme je les ai nommées.
Oui bon, j’avoue: on s’est moqué. Mais c’est loin d’être la pire ouverture à laquelle j’ai assisté. Et en plus elles étaient très mignonnes.

Battle Beast

Là ça y est, on découvre la batterie à double grosse caisse, la déco avec des têtes de mort… c’est bon, on se dit que ça va commencer à envoyer du lourd.
Et effectivement, moins de 10 minutes après qu’Eklipse se soit éclipsé (mouahaha), Battle Beast arrive et nous assène ses riffs puissants, sa rythmique tranchante et son chant à la fois varié et maitrisé. Bref ça dépote.
Pendant 45 minutes, ce ne fut que du bonheur pour ce “groupe de Metal à chanteuse” que je ne connaissais pas. Dommage qu’on pense inévitablement à Nightwish ou, dans une autre mesure, à After Forever en les voyant: Heavy-Metal, chanteuse, clavier, second chanteur (à la voix typée Black Metal)… beaucoup de déjà vu. Mais vu leur présence sur scène et leur charisme, on peut espérer une percée sur le devant de la scène un de ces jours.

AC/DC

Bah ouais, pendant la balance, on a encore eu droit à Black Ice
Et, comme c’est la mode en ce moment (Aerosmith, Scorpions, The Offspring, System Of A Down, et même Accept), la scène nous est cachée pendant les préparatifs. Cette fois nous pûmes patienter devant un magnifique… “rideau de PQ”.

Nightwish

Préambule: j’ai pu me baser sur le site Setlist.fm pour retrouver la liste des morceaux joués. Vous pouvez les écouter sur cette page pour revivre le concert pendant la lecture de cet article! Clignement d'œil

Et enfin, à 21h20, les lumières s’éteignent (sur “Spoilin’ For A Fight” – oui, je fais une fixette sur AC/DC). Les premières notes de la boite à musique de “Taikatalvi” se font entendre, tandis que la silhouette de Marco se balançant sur un rocking-chair se dessine en ombre chinoise sur le rideau de PQ, et qu’il entonne sa berceuse.
Après qu’il ait balancé son rocking chair et que cette intro se soit terminée, le début de “Storytime” arrive, en toute logique. Et si vous pensiez que le rideau allait tomber au moment ou explose le riff du morceau, et bien vous vous trompiez! En effet, les 1ers couplets et refrains sont interprétés à l’abri de notre regard, pendant que les morceaux de PQ bandes de papier se déchirent peu à peu (mais vraiment très peu). C’est sur le 2ème couplet que tombe enfin le masque et dévoile le groupe sous les cris et applaudissements du public complètement déchainé (il y a même eu un pit près de moi, ils pensaient probablement assister à un concert de Slayer).

Le décor était principalement fait de bleu (couleur dominante d’Imaginaerum, leur dernier album en date pour les retardataires), avec quelques artworks tirés du disque de chaque côté de la batterie, des tuyaux d’orgue cachant les claviers de Tuomas, et un magnifique écran géant au-dessus de la scène sur lequel défilera pendant quasiment tout le concert des images de manèges et autres montagnes russes (toujours dans le thème du dernier album donc).

Sans temps mort, on enchaine sur “Wish I Had An Angel”; ah bon, en 2ème morceau? Et bien, avec mon esprit analytique infaillible, j’en déduis qu’on ne l’aura pas en final comme c’est la tradition depuis quelques années!
Ca devient presque intenable dans la fosse, et je me retrouve rapidement bien loin de l’endroit où j’étais au début du spectacle! Mais toujours à une distance raisonnable de la scène.

S’en suit “Amaranth” qui, si elle est loin de faire l’unanimité, se voit magnifiée par un break différent de la version studio, et un final prolongé qui la rendent plutôt intéressante à écouter en live.

Vient maintenant la pièce maitresse d’Imaginaerum: “Scaretale”. Formidable sur l’album, elle devient magnifique en live, notamment pendant le “break Maison Hantée de Disney” ou Marco donne de la voix dans un registre encore inconnu pour ceux qui n’ont pas écouté le dernier disque du groupe, et où tout le public participe à grands renforts de “lalala” et de “hou, ha!”.
En parlant du chant, Anette prouve, si besoin en était, qu’elle sait maintenant tirer pleinement parti de ses capacités vocales sur les compositions de Tuomas. Ca ressort d’autant plus sur ce morceau ou elle prend des intonations plutôt inquiétantes, qui étaient totalement absentes sur Dark Passion Play.

Comme vous l’aurez remarqué, ce début de concert ne regroupe que des chansons des 2 derniers albums. En effet, sur les 13 morceaux d’Imaginaerum, 10 seront jouées ce soir!!! Une initiative que je salue, car même si on aurait aimé plus de vieilles chansons (comme “Ghost Love Score” ou “Come Cover Me” qui, je vous le dis tout de suite, n’ont pas été jouées), beaucoup de groupes se contentent d’interpréter uniquement les classiques (hein, on parle encore d’AC/DC?). Nightwish (comme Iron Maiden sur leurs tournées promotionnelles), nous présentent réellement leur nouvelle création ce soir.

Mais quelques anciens tubes s’insèrent tout de même dans le set, comme “The Siren”. Nul besoin de s’étendre, c’est la version qu’Anette s’est appropriée depuis son arrivée au sein du groupe, qui est jouée ce soir.

Un moment de douceur dans ce monde de brut sur “Slow, Love, Slow” (avec Jukka et ses brosses), dont on aurait pu se passer (selon mon avis, que je partage tout de même avec quelques membres du forum Nightwish France).

Le morceau suivant introduit le 6ème membre officieux de Nightwish, Troy Donockley, qui restera un moment sur scène, donnant même de la voix sur certaines chansons.
Petit souci, de mon avis également partagé d’après les retours: hormis “I Want My Tears Back” qui met tout le monde d’accord, la sélection de titres joués avec Troy fut un peu… molle. Jugez plutôt:
– “The Crow, The Owl And The Dove”,
– “Nemo” en version acoustique, donc au tempo trèèès ralenti (à noter une multitude de personnes, dans les 1ers rangs de la fosse, tenant une feuille sur laquelle était dessinée un cœur noir; ça a beaucoup plus à Anette),
– “The Islander” (avec sa désormais traditionnelle mer d’écrans de téléphones, organisée par Marco).
Ca fait beaucoup de morceaux calmes (trop calmes), surtout en ayant eu “Slow, Love, Slow” peu de temps avant.

Heureusement le rythme reprend finalement sur “Last Of The Wilds” qui sera le dernier titre avec Troy pour le moment. Apparemment la farandole organisée n’aura pas eu le succès escompté, dommage.
Justement, concernant l’ambiance, entre 2 chansons Marco nous félicitera car malgré toute la puissance de leur matériel, malgré leurs effets pyrotechniques, malgré la fougue qui les anime pour jouer devant nous ce soir… rien de tout cela n’égale ce que nous leur faisons ressentir, tout ce monde venu rien que pour eux, tout cet amour envers le groupe. Voir Bercy, même rempli à seulement 2/3, a vraiment eu l’air de les étonner et de leur faire plaisir; Marco ne sera pas le seul à nous le faire savoir, Anette nous a aussi fait part de sa joie de voir tant de spectateurs. Sourire

Cela ne fut pas démenti lorsque “Planet Hell” déferla sur le Palais, titre qui marque encore plus que les autres la complémentarité entre Anette et Marco.
A noter, sur quasiment chaque morceau, le déluge d’effets pyrotechniques en rythme avec la musique. On n’est pas au même niveau que Rammstein, mais ça pète bien tout de même!

Les 2 morceaux précédents “Over The Hills And Far Away” (qui verra le retour de Troy et qui clôturera cette partie du show) ne feront pas baisser le rythme; entre “Ghost River” et sa magnifique chorale d’enfant (enfin, c’est une bande enregistrée, hein… ils doivent aller à l’école, les petits!) et l’inattendu “Dead To The World”, on retrouve le Nightwish nerveux qui nous a un peu manqué en milieu de show.
En fait, nous avons failli avoir 3 chansons avant “Over The Hills…”: c’est-à-dire qu’Anette a voulu nous faire chanter une chanson typiquement française… mais que personne ne connaissait; quelque chose qui donnait: “Chanson d’amour, (…?)”. Après coup, il semble que ce soit un titre de Manhattan Transfer. Quoi qu’il en soit, je pense qu’elle a vécu le plus grand moment de solitude de sa carrière! Elle aurait dû se contenter de “Frère Jacques”, comme sur la précédente tournée. Rire à gorge déployée

Et donc, après le dernier titre, le groupe s’enfuit en coulisses, après un “Make some louuuud!!!” de Marco. [Mode ironique ON:] Du bruit? Mais pourquoi donc faire du bruit?

Oui bon, “Nightwish Nightwish”, “woh ho hooo”, “clap clap clap”… bref le groupe remonte sur scène pour un autre moment de douceur (argh!) sur l’instrumental de Jean Sibelius “Finlandia” (considéré comme “le 2ème hymne finlandais”).

Finalement nous n’aurons que 2 vrais morceaux en rappel, qui sont l’autre incontournable d’Imaginaerum “Song Of Myself” (sans la 4ème partie heureusement!) et, en conclusion “Last Ride Of The Day”; quel titre bien choisi pour clôturer un concert, n’est-ce pas?

C’est, cette fois, malheureusement vraiment la fin: le groupe vient nous saluer (et puisque je ne les ai pas tous cité pendant cette review: je vous présente Tuomas, Anette, Marco, Emppu, Jukka, et Troy) et balancer quelques goodies, pendant qu’est diffusé le 10ème morceau d’Imaginaerum joué ce soir, qui n’est rien d’autre que la chanson titre concluant l’album lui-même.

Et… c’est fini! Jusqu’à la prochaine fois… Étoile

 

Setlist

Taikatalvi
Storytime
Wish I Had An Angel
Amaranth
Scaretale
The Siren
Slow, Love, Slow
I Want My Tear Back
The Crow, The Owl And The Dove
The Islander
Nemo
Last Of The Wilds
Planet Hell
Ghost River
Dead To The World
Over The Hills And Far Away

Finlandia
Song Of Myself
Last Ride Of The Day
Imaginaerum