Delain à l’Alhambra (Paris), le 26 octobre 2017

A l’heure où les nouveaux groupes peinent à vendre leurs albums, certains ont bien compris que pour faire tourner la boutique, il faut faire des concerts. C’est probablement dans cet état d’esprit que Delain rend à la France sa petite visite annuelle, mais pas que!

Fort d’une notoriété grandissante, le Divan du Monde était peut-être trop petit pour nos amis néerlandais. Par contre, l’Elysée Montmartre peinant à se remplir, nous avons cette fois rendez-vous à l’Alhambra, qui semble un bon compromis.

La salle affiche tout de même complet, et la file d’attente est déjà sacrément conséquente lorsque nous arrivons sur place.

 

Cellar Darling (19h? – 19h23)

 

Les portes ouvrent à 18h35, et évidemment, le temps de fouiller tout ce joli monde, le 1er groupe a déjà commencé à jouer. Encore une fois, bravo l’organisation; quelle bande de tâches…

Malgré tout, en supposant que Cellar Darling a commencé à 19h, nous ne ratons que 5 minutes de show (mais il y avait encore bien du monde derrière nous!). Et bon, bien que cette première partie soit loin d’être désagréable, elle ne restera pas dans les annales. Il s’agit de Folk Metal et pour cause: les musiciens sont tout droit sortis d’Eluveitie. Cela dit, le style est beaucoup plus soft dans ce trio dont la chanteuse est également joueuse de flûte traversière et de… vielle à roue!

C’est là qu’on se dit que pour se démarquer, les groupes cherchent tous leur petite touche d’originalité, mais il ne suffit pas que de ça pour conquérir les foules.

Nos amis suisses étrennent leur première tournée, et ça se sent: la chanteuse Anna Murphy est toute timide, ce qui inspire de la sympathie de la part du public qui accueille le groupe avec des applaudissements nourris.

Une mise en bouche fort agréable, mais Cellar Darling aura du mal à se hisser en tête d’affiche.

 

Setlist de Cellar Darling

 

 

Serenity (19h37 – 20h17)

 

Après une intro épique à souhait, on se prend un gros coup de Happy Metal dans la face! Serenity a d’emblée plus de facilité à occuper l’espace scénique, les musiciens ont tous un charisme indéniable, et l’ambiance monte d’un gros cran dans une bonne humeur palpable. C’est malgré tout le chanteur Georg Neuhauser qui attire les regards la plupart du temps, sauf peut-être lorsqu’il est rejoint par Lisa Middelhauve, ce qui rend le show bien plus agréable à regarder! Celui qu’on ne remarque pas, par contre (sauf quand il passera juste devant moi dans le public pendant le show de Delain), c’est le claviériste planqué derrière les décors, bien que son instrument occupe une part non négligeable dans la musique des autrichiens.

Bref, autant dire que le contrat est rempli, l’Alhambra désormais rempli est chaud bouillant!

 

Setlist de Serenity

 

 

Delain (20h45 – 22h35)

 

Ceux qui ont assisté à la tournée précédente ne seront pas dépaysés, c’est « The Monarch » qui est jouée sur bande en intro pendant que le groupe prend place sous les cris et applaudissements du public, avant que le groupe n’entame « Hands Of Gold ». Bien sûr Charlotte Wessels fait l’objet d’un accueil un chouia plus enthousiaste que les autres. Nous remarquons d’emblée qu’elle a beaucoup (trop?) maigri, et sa robe faite de bandes noires lui sied à ravir; un régal pour les yeux. Mais retournons au spectacle… musical j’entends.

Seul le début de soirée est similaire aux concerts de l’année dernière, car le reste de la setlist est totalement chamboulé! Avec « seulement » 4 albums, il est normal de retrouver plus ou moins les mêmes chansons d’une date à l’autre, mais l’ordre est complètement modifié.

Par contre, quelques raretés font leur apparition, mais qui ont toutes un point commun: « Your Body Is A Battleground », « Nothing Left », « Sing To Me » et « Control The Storm ». Alors, vous avez trouvé? Eh oui, elles sont toutes chantées en duo avec Marco Hietala, le fameux bassiste de Nightwish! Sa présence est d’ailleurs le principal argument de cette tournée, comme en témoignent les affiches où il est carrément au centre du groupe. Ses apparitions sont savamment distillées tout au long de la soirée, et il appuiera même Charlotte sur la reprise de Queen présente sur Moonbathers: « Scandal ».

Quel plaisir de le voir sur scène, même s’il semble un peu « nu » sans sa basse. Lui et Charlotte seront les 2 seules voix ce soir, sauf sur « Hands Of Gold » où Otto Schimmelpenninck Van Der Oije (basse) remplacera Alyssa White-Gluz sur les growls, comme d’habitude.

Question ambiance, Delain sait mettre en valeur son spectacle: sans tomber dans l’esbroufe visuelle à la Rammstein ou Alice Cooper (que j’adore aussi, mais dans le cas présent ce serait hors- sujet), le décor est magnifique, avec comme toile de fond un cadre de crânes entourant un rond blanc sur lequel seront projetés tantôt des images en lien avec la chanson, tantôt le vidéoclip du morceau joué. Le fameux pied de micro lumineux et multicolore de Charlotte est désormais reconnu comme sa marque de fabrique, son look et son éclairage s’étant étendus aux autres micros et au clavier. Nous avons également droit à des bulles de savon remplies de fumée qui s’échappe lorsqu’on les éclate; bref on en prend plein les yeux, mais sans jamais tomber dans la démesure.

Que dire d’autre de ce show quasi-parfait, à part que le public est ravi et le montre bien au groupe, ces derniers ayant parfois du mal à en placer une entre les titres, la foule ne s’arrêtant jamais de crier, ou de scander « Delain », « Charlotte » ou même « Marco »… et même si tous les groupes jouant à Paris disent que nous sommes leur meilleur public (crotte de taureau), nos amis hollandais semblent particulièrement émus de notre accueil.

Du coup la soirée passe à une vitesse folle, et « Not Enough » marque le départ des musiciens. Mais comme l’indique ce titre, nous sommes loin d’en avoir assez. « Mother Machine », que l’on croirait écrite exprès pour un rappel arrive rapidement, suivi de « Don’t Let Go »; et malheureusement si, il va falloir partir… mais pas sans un dernier retour de Marco et une remontée dans le temps pour « The Gathering », clôturant en beauté une fantastique soirée!

 

Je ne vous cache pas que l’argument Marco était ma principale raison d’aller voir Delain une 5ème fois; malgré tout, contrairement à d’autres jeunes groupes comme Amaranthe ou Battle Beast avec qui je pense avoir fait le tour, et pour lesquels je vais attendre quelques années avant d’y retourner, la bande à Charlotte arrive toujours à me convaincre que oui, décidément, ça vaut le coup de payer son billet!

 

Setlist de Delain

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