Guns N’ Roses au Stade de France (Saint-Denis), le 7 juillet 2017

J’ai déjà évoqué dans certaines de mes chroniques des reformations qu’on n’attendait plus, et qui se sont tout de même réalisées. Je ne vais pas y revenir, car en musique, de plus en plus de choses impossibles arrivent; la preuve ce soir avec Axl Rose, débarrassé de certains de ses comparses des années 2000 pour renouer une amitié, sincère ou pas, avec Slash et Duff McKagan.

Pour fêter l’évènement dans nos contrées, le Stade de France s’imposait!

En ce chaud mois de juillet annonçant 30°C, nous nous dirigeons vers l’imposant édifice, ma collègue Lucie et moi. Après avoir retrouvé l’acheteur de la place que j’avais en trop à cause d’une amie qui a préféré partir je-sais-pas-trop-où en vacances (désolé si tu me lis, mais: quelle conne!), nous entrons à 18h15 sans attendre Ivo, à qui j’ai directement envoyé le billet pour pas qu’il me refasse le même coup qu’à Lisbonne. Grand bien m’en a pris, puisqu’il arrivera seulement au milieu du premier morceau des Guns N’ Roses!

 

Tyler Bryant & The Shakedown (18h – 18h45)

 

Le 1er groupe a déjà entamé son set lorsque nous arrivons. En effet, on ne perd pas de temps ce soir car la tête d’affiche a annoncé vouloir avancer son heure de passage pour jouer pendant 3h30!

Nous arrivons donc au rythme d’un Hard-Rock très entrainant, en phase avec ce qui suivra, et bénéficiant d’un excellent son. Malgré tout c’est le genre de groupe qui, hors 1ères parties, restera probablement cantonné aux petites salles. Cela ne remet pas en cause leur talent et nous passons un bon moment. On pourra peut-être reprocher la voix du chanteur un peu lisse, et le fait que ce soit toujours lui qui soit en avant (Tyler Bryant donc), ce qui casse un peu l’effet « groupe ». Les autres musiciens attendront la fin avant « d’oser » avancer vers le public, y compris le batteur avec sa grosse caisse dans les mains!

 

Setlist de Tyler Bryant & The Shakedown

 

 

Biffy Clyro (18h57 – 19h43)

 

La foule commence déjà à générer pas mal de chaleur, heureusement la fosse est à l’ombre. Ce n’est pas le cas du côté droit du Stade, exposé sans pitié au dieu Râ; j’y penserai si je veux un jour me mettre en gradins: il faut bien choisir sa place!

Après une intro un peu étrange à base de chorale d’enfant, Biffy Clyro « from Scotland » (ils vont nous le rabâcher tout le long du show!) fait son entrée. N’y allons pas par 4 chemins: décevant. Il s’agit de Rock expérimental, chose qui m’a rarement plu par le passé. Les compositions ne sont pas faites pour faire bouger les foules ou participer le public. L’ambiance retombe de façon drastique comparé à Tyler Bryant & The Shakedown, d’autant que le son est cette fois trop fort et moins bon (ceci expliquant probablement cela).

Pour ne rien arranger, l’attitude du chanteur semble un peu hautaine et ses discours sont totalement flous (le bassiste prendra la parole en français et semblera plus sympathique). Et même si cela est subjectif, le look des musiciens ne ressemble à rien (je crois que le chanteur porte un pantalon de pyjama).

Bref, au bout d’un moment je décide de me mettre à jour dans mes SMS reçus au lieu de suivre ce désastre. Même l’écran géant en fond de scène affiche le nom de groupe de façon plus sombre que le précédent, comme si c’était moins important.

 

Setlist de Biffy Clyro

 

 

Guns N’ Roses (20h08 – 23h20)

 

Bien que le groupe ne sera pas, ou peu, en retard, il sait tout de même se faire désirer! L’écran affiche le fameux logo « flingues et roses » sur fond jaune, le tout tournoyant dans une version 3D plutôt bien rendue. Entre 2 publicités assourdissantes pour le fan-club, dont l’agression auditive donne surtout envie de ne pas s’y inscrire, le logo devient finalement statique, hormis les 2 revolvers tirant de temps en temps une salve annonciatrice de l’imminence du show. A chaque fois l’on croit que c’est la bonne, mais en fait non… jusqu’au moment où l’image prend vie une dernière fois, les balles tirées perçant un vitrail représentant de nouveau ledit logo. Et avec seulement 8 petites minutes de retard sur l’horaire indiquée, le spectacle commence!

Tout d’abord, c’est le générique des Looney Tunes, suivi de « The Equalizer » de Harry Gregson-Williams qui nous font patienter pendant que Dizzy Reed, Melissa Reese (claviers) et Frank Ferrer prennent place. Mais lorsque cette cérémonie prend fin, tout devient irréel: je me vois revivre le concert de Vincennes en 1992, quand je découvrais le groupe pour la 1ère fois il y a maintenant de nombreuses années sur M6 (époque définitivement révolue, n’est-ce pas), en ayant toujours regretté de ne pas avoir participé à cet évènement. Car en effet, tout y est: le fameux texte hurlé (saurai-je un jour qui se cache derrière cette voix?), suivi de « It’s So Easy » et « Mr. Brownstone »: je revis mes années d’adolescent, la VHS ayant tournée plus que de raison dans le magnétoscope. Ce n’est qu’à partir du 3ème titre, « Chinese Democracy », que le copié-collé s’arrête et pour cause, ce morceau étant sorti sur album 16 ans après le concert de Vincennes!

D’entrée, on voit tout de suite que, contrairement aux groupes précédents, Guns N’ Roses est un groupe de stade: chaque membre sait parfaitement occuper tout l’espace de l’immense scène, courant de gauche à droite et de droite à gauche, prenant la pose au-dessus de la batterie avant de dévaler les escaliers pour venir se placer face au public… on ne sait où donner de la tête, et encore moins si l’on veut profiter des jeux de lumières ou de ce qui se passe sur l’écran géant, ce dernier étant complété par les escaliers, disposant eux aussi d’écrans (jamais compris comment ils pouvaient coordonner toutes ces images, du travail de pro!).

Niveau ambiance, les français sont bien plus réactifs que les portugais (cf. lien dans l’intro)! Parfois même un peu trop, Axl interrompant même « Double Talkin’ Jive » pour demander au public de reculer afin de laisser les 1ers rangs respirer, et d’éviter de trop slammer; il engueule aussi un mec de la sécu, mais on ne sait pas trop pourquoi; c’est Axl quoi! Par contre ce seront là ses seules prises de parole. On passera aussi sur le groupe de quadragénaires devant moi pour qui ce doit être le seul concert de l’année et qui pensent être seuls dans la fosse. A part ça, les quelques averses de bière, ainsi que la bagarre qui éclatera juste derrière nous, font que nous avons vraiment l’impression d’être retournés dans les années 90! Mais pas de quoi gâcher ce fantastique moment.

A partir de là, les titres s’enchainent, et en incluant les solos, nous arriverons à 30 morceaux; autant que System Of A Down au Download Festival, sauf que les chansons durent en général plus de 2 minutes 30 cette fois! Le Stade commence enfin à se remplir, les gradins étant plutôt vides au début du concert; les gars, Axl qui arrive en retard, maintenant c’est fini, il fallait être à l’heure!

Mais à la fin, comment décrire tout ce qui se passe? Entre les « nouveautés » (de 2008) « This I Love » et « Better » (et son refrain chanté live par Duff et Melissa), les classiques sont bien là, « Welcome To The Jungle » qui déchaine la foule, « Rocket Queen », « My Michelle », « You Could Be Mine » bien sûr… impossible de tous les citer; quelques petites surprises pour ceux n’ayant pas consulté la setlist, comme « Yesterdays » ou l’énormissime « Coma » (oh oui!); les instants émotion avec « Civil War », « Sweet Child O’ Mine » et bien sûr « November Rain », Axl prenant place derrière son piano à queue, une expression indéfinissable sur le visage, l’air hagard. Dommage que Slash ne montera pas dessus (le piano, pas Axl) pour le solo final.

Le tout est agrémenté de solos faisant office d’intro ou de conclusion à certains morceaux, comme « Voodoo Chile » pour « Civil War » ou « Layla » pour « November Rain ». Slash nous tape son Parrain comme chaque fois depuis 30 ans, et une part non négligeable de la soirée est consacrée aux reprises: hormis les habituels « Live And Let Die » et « Knockin’ On Heaven’s Door », un hommage à Chris Cornell est rendu avec « Black Hole Sun » (ainsi que « You Know My Name » sur bande à la toute fin du concert pour accompagner le public vers la sortie), et le groupe se fait plaisir avec « Wish You Were Here » en version instrumentale (Slash, Richard Fortus, et le public au chant!), ainsi que « The Seeker » des Who, et « Whole Lotta Rosie » du groupe pour lequel Axl est intérimaire (mais sans le diablotin en short malheureusement, contrairement à d’autres dates) pendant le rappel. Mais comme pour Aerosmith 2 semaines avant, j’aurais aimé moins de reprises, et plus de surprises, comme un petit « Don’t Damn Me », « Pretty Tied Up » ou « Locomotive »… non?

En parlant de voies ferrées, et pour en revenir au rappel, quelques minutes après « Nightrain » ce ne sont pas moins de 6 titres qui sont interprétés. Le démarrage est un peu mou avec « Sorry » et « Patience »; « Don’t Cry » arrive juste après « Whole Lotta Rosie », qui semble placé là pour ne pas endormir tout le monde, même si l’impact émotionnel de ces morceaux empêche toute somnolence!

Et lorsque retentissent les notes de « Paradise City », un « Déjà??? » sort de ma bouche à mon insu, alors que nous sommes à plus de 3h de show! Le final est en apothéose avec confettis et feux d’artifice, et c’est avec un sentiment de bonheur mêlé à l’envie de continuer que nous devons quitter l’enceinte du Stade de France (sur nos pieds, pas comme Slash qui s’en va sur les mains).

 

En résumé, la cuvée 2017 des Guns N’ Roses n’a rien à envier à celles des années 90 (et encore moins aux années 2000). Les américains sont plus en forme que jamais, et même si on ne connait pas les tenants et aboutissants de cette reformation, voir les 3 membres originaux ensemble fait son petit effet, d’autant que la cohésion musicale du groupe est bien là!

Seul Franck Ferrer, de l’avis général, n’est pas au niveau: foirer la descente de toms de « November Rain » à ce point, on ne sait pas s’il veut juste imposer sa patte, ou s’il ne sait tout simplement pas le faire; quoi qu’il en soit, c’est raté. C’est d’autant plus dommage que rares sont les pains à déplorer chez ses collègues; même Axl était en très bonne forme vocale, aidé par un son incroyablement clair, chose assez rare en stade pour le signaler! Je rêve du jour ou Matt Sorum reviendra: considéré comme un « bûcheron » par beaucoup, il était simplement l’équilibre parfait entre le côté punk de Steven Adler et le besoin de technicité de la saga Use Your Illusion. Allez, l’espoir fait vivre!

En tout cas, nous en avons eu pour notre argent, et cet évènement prend place dans mon top 5 des meilleurs concerts de ma vie. C’est dit!

 

Setlist de Guns N’ Roses

Aerosmith à la MEO Arena (Lisbonne, PT), le 26 juin 2017

Bienvenue au Portugal! Ah, Lisbonne, ses rues pittoresques, ses monuments magnifiques, ses ponts impressionnants qui enjambent le Tage… et aussi ses conducteurs abrutis, ses routes mal indiquées, et ce qui nous concerne plus particulièrement ici: son public mou du genou!

 

Le Hellfest, c’est toujours bien. Mais parfois, un peu moins; en effet, cette année, peu de groupes intéressants (remarque tout à fait subjective bien sûr), et la plupart déjà vus. J’aurais bien aimé voir Apocalyptica, Ultra Vomit ou Trust, et revoir Saxon, The New Roses, W.A.S.P. ou Deep Purple, mais rien de tout ça ne justifiait pour moi le combo coût du déplacement + prix du billet.

Non, le seul groupe que je voulais absolument voir, c’est Aerosmith, car il parait que c’est leur tournée d’adieu. Bon, on se doute qu’ils continueront probablement, d’autres nous ont déjà fait le coup (Scorpions, Judas Priest, Johnny Hallyday…). Mais dans le doute, mieux vaut aller voir ça une dernière fois (de toute façon, vu qu’il s’agit de mon groupe préféré de tous les temps, ça m’aurait bien embêté de les rater).

Profitant donc de leur passage par Lisbonne une semaine après le Hellfest, ce fut l’occasion d’aller passer quelques jours dans la capitale poilue (rhô ça va, je blague).

Pour éviter les sujets qui fâchent, on n’évoquera pas le retard d’Ivo, qui nous oblige Cécilia (nouveau personnage dans mes chroniques?) et moi à laisser passer énormément de monde afin de pouvoir lui transmettre son billet. Au final on ne passera pas la soirée ensemble, et encore moins le reste du séjour; c’est Aerosmith bordel! Mais passons.

Heureusement le climat est plutôt clément (on n’excédera pas 28°C pendant nos 4 jours sur place), nous pouvons même apercevoir les limousines arrivant sur site vers 18h30, et l’attente n’est pas trop pénible… du moins avant que les portes ouvrent! Bref, passons j’ai dit…

Toutefois, nous ne sommes pas si loin de la scène, notamment de l’avancée dans le public. Lors de l’achat du ticket, j’avais été surpris de voir que la seule catégorie disponible était le Carré Or; mais il faut dire que 90€, au Portugal, représente une sacrée somme! Pour moi aussi cela dit, mais en France on commence à y être, malheureusement, habitués.

 

RavenEye (20h25 – 21h07)

 

Enfin nous y sommes! Par contre, nous vivons maintenant au rythme portugais, et ce n’est qu’à presque 20h30 que la 1ère partie fait son apparition. En parfaite adéquation avec le groupe pour lequel ils ouvrent, les musiciens de RavenEye nous distillent un Hard Rock d’excellente facture. Leur look et attitude ont même quelque chose de Led Zeppelin.

Musicalement, la monotonie n’a pas le temps de s’installer car le dosage entre Rock N’ Roll entrainant et rythmiques pachydermiques est parfait. La communication et le show ne sont pas en reste, le chanteur/guitariste étant un très bon front-man et n’hésite pas à utiliser l’avancée pour venir au contact, nous faire chanter, et assure également le spectacle en montant sur les épaules de son bassiste, tel Angus Young et Bon Scott/Brian Johnson à la grande époque.

Une 1ère partie très réussie!

 

Setlist de RavenEye

 

 

Aerosmith (21h55 – 23h50)

 

Cette fois, l’attente est interminable; déjà pour moi, du fait de l’impatience que j’éprouve à retrouver mes américains préférés, et aussi de la durée de la mise en place de la scène et de la balance, qui s’éternisent impitoyablement. C’est à bientôt 22h (soit 1 heure plus tard que l’heure habituelle en France) que se fait entendre l’outro d' »Avant Garden », qui sert en fait d’outro à l’album Just Push Play, mais qui sert ici d’intro au concert; vous suivez? Et là où l’on pouvait craindre une setlist basée sur les derniers albums (bon, Just Push Play a déjà 16 ans quand même), Aerosmith surprend tout le monde en balançant direct dans notre face « Let The Music Do The Talking » et « Nine Lives », Steven Tyler et Joe Perry apparaissant comme par magie directement au bout de l’avancée! De quoi me rassurer énormément, et la suite ne sera pas en reste: les classiques sont bien là, « Livin’ On The Edge », « Love In An Elevator », « Sweet Emotion », « Eat The Rich » et « Cryin' », entrecoupés avec des morceaux pas forcément joués tout le temps: « Falling In Love (Is Hard On The Knees) » ou « Rag Doll », et aussi des raretés aussi excellentes qu’inattendues: « Hangman Jury » et le magnifique « Seasons Of Wither » qui rappelle à mon bon souvenir ce fameux 19 juin 2007 à Bercy, soit à peu près 10 ans jour pour jour, où ils avaient aussi interprété ce titre fabuleux.

Entre tout ça s’intercalent 2 morceaux de Fleetwood Mac: « Stop Messin’ Around » et « Oh Well » (tous deux interprétés par Joe), le classique « Come Together » des Beatles, ainsi qu’une petite improvisation véritablement inattendue sur « Boogie Man » pendant que Steven règle son retour.

Maintenant que nous avons fait le tour de la setlist, et que celle-ci met d’accord tout le monde, abordons les sujets qui fâchent (et non, je ne parle pas du retard d’Ivo! Passons…): bien sûr on peut tiquer sur l’absence de « Same Old Song And Dance », « Mama Kin » ou « Back In The Saddle », mais même si les reprises suscitées auraient pu laisser la place à ces morceaux, c’est au niveau de l’ambiance que le concert pêche. Alors certes, Steven est toujours un homme de scène, Joe Perry semble avoir retrouvé un feeling qui lui faisait défaut ces dernières années, mais la pseudo-bonne entente qui règne ce soir semble un brin forcée. Les quelques instants de complicité, comme lorsque Brad Whitford ou Tom Hamilton foulent l’avancée de scène (juste une fois chacun, pas plus!) à l’occasion d’un moment musical qui leur est dédié (l’intro de basse sur « Sweet Emotion » pour Tom, par exemple) est tout aussi improvisée qu’un spectacle de Rammstein.

Par ailleurs, bien qu’il assure le spectacle comme à son habitude, Steven semble de très mauvaise humeur; et ça, je crois que le responsable du ventilateur du bout de scène, qui lui en a mis plein la tronche à lui et à Joe, s’en souviendra! Je ne sais pas quel est le niveau de proximité entre ce p’tit gars et le chanteur, mais j’imagine qu’on doit se sentir tout petit, quand on se fait remonter les bretelles de la sorte par M. Steven Tyler!

Après, peut-être que seuls ceux qui sont au courant des récentes mésententes au sein du groupe auront remarqué ces « détails ». Et gageons que d’après les réactions du public, peu sont ceux qui connaissent le groupe autrement que par « I Don’t Want To Miss A Thing ». Rares sont les moments où je ne suis pas le seul à chanter, ou à m’enthousiasmer à l’intro d’un morceau. C’est moins catastrophique que lors du Hellfest 2014, d’autres personnes semblent bien s’éclater un peu plus loin, mais quand même: la mer de téléphones portables qui apparait pour filmer la chanson extraite de la B.O. d’Armageddon est équivoque. Ceci est donc le 2ème point noir de la soirée: le public est vraiment nul à chier; j’aimerais bien aimé être à la MEO Arena le 4 juillet pour Deep Purple, pour voir si le constat est le même sur « Smoke On The Water »!

L’honneur est tout de même sauf sur le dernier titre, « Dude (Looks Like A Lady) », ou alors est-ce le souvenir de Mrs. Doubtfire qui fait lever la tête aux gens?

 

Non, la plupart connait quand même ses classiques, car après que le piano ait été installé en bout d’avancée pour le rappel et que Steven ait joué quelques notes de « Darkness » (décidément l’album Done With Mirrors est à l’honneur ce soir), tout le monde chante à tue-tête « Dream On »! Rappel de courte durée ceci dit, car « Walk This Way » clôt la soirée dans une version rallongée pour notre plus grand plaisir.

 

En résumé: concert en demi-teinte, notamment à cause du manque de complicité entre les membres d’Aerosmith, ainsi que de l’attitude amorphe du public (et encore, je n’ai pas parlé du son; ceux qui se plaignent de Bercy devraient relativiser, c’est moi qui vous le dit!). Heureusement que la setlist de rêve et le professionnalisme des 5 américains relève le niveau, mais pour le moment le Bercy du 29 juin 2010 reste inégalé en terme de qualité!

 

Setlist d’Aerosmith

Download Festival (journée du samedi), Brétigny sur Orge, le 10 juin 2017

Après une affiche impressionnante pour sa 1ère édition française l’an dernier, le Download Festival est de retour en France avec des groupes tels que Linkin Park et Blink 182 le vendredi, System Of A Down, Alter Bridge et Epica le samedi, et Green Day le dimanche.

Ayant terminé ma puberté il y a maintenant de longues années, je me contente cette année de la journée du samedi (n’ayant fait que le vendredi l’année dernière pour cause de groupes-doublons avec le Hellfest). Petit résumé…

 

Ayant pris la route tardivement à cause d’Ivo, toujours prêt à m’accompagner mais un peu moins fiable aujourd’hui que d’habitude, nous arrivons fort heureusement 15 minutes avant le début du set d’Alter Bridge (16h – 16h50), alors que je n’y croyais plus.

La bande à Myles Kennedy nous offre une fort belle prestation, comme tous les groupes de la journée cela dit, avec leur Metal mélodique « agréable pour faire de la route » selon Ivo et moi. La touche d’originalité: Myle nous fait tous assoir sur « Metalingus », avant de tous nous relever pour terminer en sautant au rythme du morceau.

 

Setlist d’Alter Bridge

 

Petit tour du site pendant Blues Pills (16h50 – 17h40) sur la Mainstage 2. De loin, ambiance bizarre sur un festival Metal, mais peut-être aurait-ce mieux été au cœur de la foule.

Question organisation, beaucoup de stands boissons et nourriture, mais une seule partie toilettes blindée de monde, et aucun point d’eau pour remplir les bouteilles! Il y a encore du chemin à parcourir pour atteindre le niveau de confort du Hellfest (comparaison inévitable même si ça agace certains).

 

Setlist de Blue Pills

 

Mais nous ne tardons pas à revenir vers la Mainstage pour Epica (17h40 – 18h35), le concert que j’attends le plus impatiemment de cette journée. Le son est approximatif comparé aux autres groupes, mais les musiciens sont contents d’être là, et Simone est plus belle que jamais.

Niveau setlist, peu de changements par rapport au Zénith en début d’année, hormis un set raccourci bien sûr. Nous nous retrouvons régulièrement entourés de 2 mosh pits, le dernier morceau « Consign To Oblivion » me voyant même (presque) contraint et forcé de participer au premier Mur de la Mort de ma vie (marrant comme formulation); bon, il était temps, à 35 ans… Il ne me reste plus qu’à tester le slam et je serai à jour. Cela dit, si je n’avais pas eu ma sacoche et ma veste (qui ne m’a servie à rien en plus), j’aurais sûrement tenté de me joindre à la file incessante de Metalleux passant au-dessus de ma tête sur ce titre clôturant le show des néerlandais.

Bref, un concert physique mais ça fait du bien, même par cette chaleur (environ 30° toute la journée) que les nombreux jets de flammes n’auront pas arrangé, surtout à moins de 10 mètres de la scène! Le point culminant de cette journée pour moi.

 

Setlist d’Epica

 

Pause bière (7€ putain!), Nestea (4€ putain!) accompagnés d’une bouteille d’eau (3€ putain!) pendant le set de Paradise Lost (18h40 – 19h30) qui ne nous intéresse absolument pas en MS2 (la setlist si vous la voulez), puis achat d’un hot dog (6€ putain!) pour caler ma dent creuse, que je « déguste » en observant de loin Five Finger Death Punch (19h30 – 20h30). Du coup je note que ce groupe me semble plus intéressant que ce à quoi je m’attendais. Et puis la reprise de « The House Of The Rising Sun » (connue dans nos contrées comme « Le Pénitencier » de Johnny Halliday) sur bande pendant que le groupe quitte la scène m’a fait marrer.

 

Setlist de Five Finger Death Punch

 

Nous restons à notre place, c’est-à-dire pile entre les 2 Mainstages pour observer Slayer (20h35 – 21h50), toujours aussi monotone (pardon aux fans, tout ça tout ça). Malgré tout, les américains issus du Big 4 sont toujours très pros et j’en suis même venu à apprécier certains titres.

 

Setlist de Slayer

 

Peu avant la fin de Slayer, nous quittons notre emplacement pour nous rapprocher de la MS. Mais nous nous y prenons bien trop tard, car impossible de s’approcher réellement de la scène. La foule migrant petit à petit de la MS2 vers la MS aurait pourtant dû nous alerter. Eh oui, en 2017, System Of A Down a toujours autant de succès!

L’impatience commence à se faire sentir car le groupe a du retard, et le show sera finalement décalé de 10 minutes par rapport à l’heure prévue (21h55 – 23h25). Ça bouge beaucoup pendant les 2 ou 3 premiers titres avant de se calmer dans notre coin. Mais les écrans géants montrent peu de pogos ou mosh pits, ces exercices devant être peu évidents dans une foule si compacte.

La fatigue commençant à se faire sentir (« on est trop vieux pour ces conneries! »), je participe relativement calmement au spectacle, pendant qu’Ivo, plus fan que moi, se défoule. Le son, très bon, est moins fort que dans la journée (ceci expliquant peut-être cela), même s’il gagne un peu en volume au fur et à mesure du déroulement du spectacle.

Le groupe est en forme, le public réagit au quart de tour et connait les paroles par cœur. SOAD n’est pas réputé pour ses titres progressifs de 12 minutes, ce qui leur permet de caser pas moins de 30 morceaux! On peut dire sans crainte que nos arméniens préférés ont mérité leur place de tête d’affiche ce soir.

 

Setlist de System Of A Down

 

Pour cette 2ème édition française, le Download Festival gagne en maturité. L’organisation est infiniment plus performante que l’année passée (scan du ticket et pose du bracelet cashless dans la foulée, ça change des 1h30 d’attente en 2016), même s’il reste des points à améliorer (toilettes et points d’eau).

Si ces défauts sont corrigés pour 2018, Live Nation risque de transformer leur projet en un évènement Metal incontournable sur le sol français!

Deep Purple au Palais Omnisport de Paris Bercy, le 3 juin 2017

Iron Maiden et Deep Purple bataillent sévère pour trôner à la 1ère place des groupes que j’ai le plus vu en concert dans ma vie. Et en ce samedi pluvieux, les seconds égalisent le score avec 8 fois au compteur. Et c’était loin d’être leur pire prestation!

 

 

Monster Truck (19h55 – 20h40)

 

Cette première partie fleure bon le Rock américain (en fait ils sont canadiens) teinté de Blues. Arrivant au son de « For Those About To Rock (We Salute You) » de qui vous savez, ils constituent une bonne mise en bouche, en adéquation avec ce qui suivra. Ils sont par ailleurs très bien accueillis; il faut dire que leur sobriété et leur talent incitent à la sympathie, bien que la rythmique me semble un poil répétitive.

Un début de soirée agréable avec un groupe que je vois en fait pour la 2ème fois, m’apercevant après coup qu’ils jouaient également en première partie de Slash au Zénith en novembre 2014!

 

Setlist de Monster Truck

 

 

Deep Purple (21h10 – 22h58)

 

Après 30 minutes d’entracte et un petit coucou aux potes du forum H2ACDC, la lumière se tamise sur le décor style glacé, l’écran géant affichant déjà depuis plusieurs minutes une image à mi-chemin entre In Rock et Titanic, le visage des 5 membres du groupe sculpté sur un immense iceberg.

Alors, qu’attendre de Deep Purple en 2017? Tout d’abord, un excellent album, Infinite, bien représenté dans la setlist avec « The Surprising », le dansant « Johnny’s Band » (un de mes titres préférés du petit dernier), le fantastique « Birds Of Prey » et son solo final déjà culte, et « Time For Bedlam » qui ouvre donc la soirée.

Dès le début et les 4  premiers titres « Time For Bedlam », « Fireball », « Bloodsucker » et « Strange Kind Of Woman », enchainés sans temps mort, on se rend compte que les anglais sont en forme, et plutôt motivés à faire bouger Bercy, presque complet bien qu’il soit en configuration réduite (certains ont la folie des grandeurs en ce moment, entre Epica au Zénith, Helloween dans cette même salle en novembre, et aujourd’hui Deep Purple à Bercy…). La prestation du Hellfest 2014 est définitivement oubliée, Ian Gillan est déchainé, et prend régulièrement la parole entre les chansons… ce qui n’est peut-être pas au goût des autres, son homonyme Paice lançant régulièrement (mais avec humour) le tempo de la chanson suivante alors que le chanteur n’a pas fini son discours! La fin de « Fireball » est d’ailleurs anthologique, Gillan se lançant dans une séance d’improvisation s’éternisant de longues minutes devant un Steve Morse dubitatif, tandis que Paice attend patiemment la fin, le menton dans la main et le coude posée sur son tom basse; bref, la bonne humeur règne!

Seul ombre au tableau, Steve aura parfois bien du mal à caser ses solos à cause de son problème au poignet qui prend de l’ampleur. Il grimace souvent (au diapason avec Gillan lorsque ce dernier monte dans les aigües) et rate quelques notes en début de concert, le temps de se chauffer. Il a d’autant plus de mérite, en espérant que le futur ne le handicapera pas au point de ne plus pouvoir jouer.

Pour le reste pas de surprise, les classiques « Space Truckin' », « Lazy » et « Perfect Stangers » côtoient quelques titres de Now What?!: « Uncommon Man » et « Hell To Pay » (dont je confonds chaque fois l’intro avec celle de « Highway Star », fausse joie!), le tout saupoudré des solos de Don Airey et de Steve Morse. On regrettera juste que Paice n’aie pas eu droit au sien.

Agréable surprise de voir jouée « Smoke On The Water » sans fioriture, sans solo interminable d’intro ou de conclusion.

 

Le rappel est également des plus classiques: « Hush », le fameux solo de basse de Roger Glover enchainé avec le traditionnel « Black Night », annonçant la fin de la soirée.

 

La tournée s’appelle The Long Goodbye Tour; eh bien si ce devait être le dernier concert de Deep Purple de ma vie, ce serait sans regret que je leur dirais adieu. Mais j’espère quand même avoir droit à une 9ème fois!

 

Setlist de Deep Purple

Dragon Ball Symphonic Adventure au Grand Rex (Paris), le 6 mai 2017

Pour changer un peu du Rock ou du Metal (quoi que…), nous voici Vince et moi au Grand Rex pour assister à un concert symphonique, Dragon Ball Symphonic Adventure, interprété par le Sinfonia Pop Orchestra (que j’ai déjà vu à l’œuvre pour les concerts A tribute to John Williams – Music from the films of Steven Spielberg et A tribute to John Williams strikes back – Music from the films Star Wars & Harry Potter).
Aujourd’hui, c’est donc la première fois au monde (cocorico!) qu’un concert sur le thème de Dragon Ball a lieu. Ayant 2 séances au choix, 16h ou 21h, nous avons pris celle de 16h, car une première mondiale, c’est une première mondiale quoi!
Dès le début de cet article, je sais que mon engouement autour de cet animé japonais va en faire sourire certains. A ceux-là, je conseille donc de ne pas lire la suite: si vous n’avez pas connu l’époque bénie du Club Dorothée, si vous n’avez pas regardé ou lu le manga Dragon Ball, vous ne pouvez tout simplement pas comprendre. De plus, tout ce que je vais évoquer vous sera totalement inconnu. Mais pour les autres, allons-y! Montez avec moi sur le Nuage Magique, et partons à l’aventure!
Car oui, plus qu’un simple concert, c’est une véritable rétrospective du dessin animé qui nous est offerte cet après-midi! Après le générique interprété live par l’orchestre et chanté par Hiroki Takahashi (invité spécial qui reviendra tout au long de l’après-midi), on suit Goku enfant, lors de sa rencontre avec Bulma, Yamcha, Tortue Géniale ou Krilin, à la recherche des 7 boules de cristal capables de faire apparaitre le Dragon Sacré qui peut exaucer n’importe quel vœu (y compris celui d’Oolon de recevoir une petite culotte!). Bien sûr il rencontre des ennemis sur sa route: Mr. Pilaf tout d’abord, puis ça se corse avec l’armée du Ruban Rouge, qui engage le 1er vilain contre qui Goku aura réellement des difficultés: Tao Paï Paï.
Entre 2 championnats mondiaux d’arts martiaux, il affrontera également le démon Piccolo qu’il réussira à vaincre de justesse, avant de partir s’entrainer auprès de Dieu lui-même au-dessus de la Tour Carine. A son retour, devenu adulte, nous assistons à son mariage avec Chichi et c’est la fin de cette première partie.
Si la série Dragon Ball ne manque pas de moments de bravoure, les passages épiques sont bien plus présents dans Dragon Ball Z, dont l’aventure est contée après l’entracte (pendant lequel je jette un œil aux nombreux goodies: figurines, programmes, t-shirts, portefeuilles ou sac à dos, posters, etc.).
Après le nouveau générique (toujours avec Hiroki Takahashi) et avoir appris la naissance de son fils Gohan, nous assistons au combat de Goku contre son frère Raditz, puis contre Nappa et surtout Vegeta! Nous partons ensuite pour la planète Namek, sur laquelle nous rencontrons le méchant qui aura donné le plus de fil à retordre à notre ami de toute la saga: Freezer! Et au moment ou Krilin est tué par le tyran, toute la salle retient son souffle: on sait tous que Freezer a commis là une énorme erreur. Et lorsque Goku se transforme, de colère, en Super Sayan pour la première fois (avec bruitages à l’appui), c’est un tonnerre d’applaudissements qui retentit dans la salle!
Après la défaite de Freezer, suivi de son retour et de son nouvel échec face à Trunks dont la transformation génère la même réaction de la part du public que pour Goku, c’est l’armée du Ruban Rouge qui fait son retour avec le combat contre les cyborgs, puis contre Cell bien sûr. Malheureusement pour lui, ce dernier fait la même erreur que Freezer en poussant Gohan à laisser exploser sa colère: il dépasse donc la puissance des Super Sayans pour arriver au 2ème stade de la transformation. Nouveau silence dans la salle tandis que les poils de bras se dressent en même temps que les cheveux sur la tête du petit Gohan, puis de nouveau des applaudissements qui n’en finissent pas!
La fin est bien sûr consacrée à Boo, arc un peu moins intéressant que les autres, mais néanmoins passionnant, avant que Goku ne parte entrainer Oob, la réincarnation de Boo, afin de vaincre de potentielles nouvelles menaces!
Un rappel a même lieu avec les 2 génériques déjà interprétés, histoire de terminer en beauté; par contre, pas de « We Gotta Power », ce qui nous déçoit grandement Vince et moi!
Vous aussi, vous avez remarqué que je n’ai pas parlé de l’orchestre? Alors, était-ce un concert, ou une séance cinéma? Non, il s’agissait bien d’un concert: hormis 2 ou 3 bruitages à des moments clés, c’est le Sinfonia Pop Orchestra qui pose toute l’ambiance sonore. Mais au bout de quelques minutes, toute la salle s’est prise à suivre les aventures de Goku et ses amis sur l’écran. Il faut dire que les nombreux thèmes de l’animé ont parfaitement été retranscrits en live et dans les moindres détails; j’ai plusieurs fois jeté un œil aux musiciens pour être sûr que ce n’était pas une bande enregistrée, tellement tout était parfait.
D’autre part, il aura fallu assister à ce spectacle pour comprendre que la bande originale de Dragon Ball, même si elle est plus pop et rythmée que celle de Star Wars ou Pirates des Caraïbes, n’a rien à leur envier! La batterie et la guitare électrique sont finalement assez peu présentes au milieu des violons, cuivres et percussions, et les thèmes épiques ne manquent pas!
Cette première mondiale fut donc une réussite. Si l’équipe du Grand Rex a l’idée de faire la même chose pour Les Chevaliers du Zodiaque, j’en suis!

Battle Beast au Petit Bain (Paris), le 25 mars 2017

Après une rude bataille pour obtenir des billets la veille, ce qui me fait penser que j’ai peut-être acheté les 2 dernières places du concert, me voilà arrivant tranquille pépère au Petit Bain pour assister de nouveau à un bon concert en compagnie de la Bête de Combat.

Il y a déjà du monde devant le bateau, et le 1er groupe vient juste d’entrer en scène quand nous embarquons.

 

GYZE (19h15 – 19h45)

 

Tiens, un groupe de filles? Ah non, ce sont bien des mecs, mais avec les cheveux teints. Ah bah tiens, ils sont asiatiques! C’est ainsi que nous découvrons pour la 1ère fois ce groupe japonais au look particulier; mais un japonais qui passe inaperçu n’est pas un vrai japonais, n’est-ce pas?

Bon, passons les blagues sur Sangoku et Broly entre Ivo et moi, et observons nos amis de plus près: tout d’abord, le parti prix de chanter avec une voix Death ne me plait pas trop. Mais si on fait abstraction de ça, wahou! Ces petits gars ont une technique monstrueuse! Ils ne sont que 3 (+ un clavier caché quelque part), mais autant le guitariste (qui est aussi chanteur donc) que le bassiste et le batteur sont de réels virtuoses. Il y a finalement peu de riffs, tout repose sur de savants arpèges. Au final, GYZE est un peu le chainon manquant entre Arch Enemy et Children Of Bodom (ah bah tiens!), surtout que la tenue du chanteur rappelle beaucoup celle d’Alexi Laiho.

Une très bonne mise en bouche malgré la voix (avis perso bien sûr), et le public ne s’y trompe pas: l’accueil est très chaleureux et des pogos se forment déjà, même dans cette fosse minuscule et déjà bondée.

 

Setlist de GYZE

 

 

Majesty (19h54 – 20h40)

 

Après une très rapide pause-pipi sur fond de « Seek N’ Destroy » et « You’ve Got Another Thing Comin' », place maintenant à HammerFall. Heu, non pardon, Majesty! Oui bah c’est pareil en fait.

En effet, nous voici face à un énième clone du groupe suscité. Tout y est: les riffs épiques, les solos épiques, les refrains épiques, accompagnés bien sûr par les chorégraphies à base de « je lève ma guitare sur chaque mesure »; et je ne vous parle même pas du titre des chansons (cf. lien en fin de paragraphe). Rien de bien original, même au niveau du chant la voix rappelle Rob Halford (ça aurait pu être pire me direz-vous!).

Malgré tout, Majesty fait le boulot: l’ambiance est fun et décontractée, le public réagit bien, et Ivo et moi passons un bon moment à se moquer gentiment des mimiques de nos amis allemands qui risquent quand même d’être bien vite oubliés au milieu de tous ces groupes de Trve Metal qui pullulent. Mais en tant que chauffeurs de salle, les p’tits gars de Majesty s’en sortent haut la main.

 

Setlist de Majesty

 

 

Battle Beast (20h57 – 22h34)

 

Après un assez court interlude très dark (tantôt fear, tantôt rainbow), Battle Beast arrive et nous envoie 3 titres du dernier album Bringer Of Pain dans la face, comme ça direct: « Straight To The Heart », suivi du titre éponyme, et enfin « Familiar Hell ». En même temps, puisque 9 morceaux dudit album sur 13 seront joués ce soir, autant prendre un peu d’avance! Heureusement on évitera le (beaucoup) trop pop « Dancing With The Beast » qui, malgré son nom, fait un peu tâche sur un album de Metal.

Du coup, mis à part la ballade « Far From Heaven », le rythme ne retombe jamais avec la Bête de Combat. La recette est déjà vue et revue, mais ça fonctionne! Les refrains font mouche à chaque fois, et il faut dire que la prestation est carrée bien comme il faut. Mais peut-être qu’après les avoir vu 4 fois, je m’aperçois que nos amis finlandais ne cherchent pas vraiment à se renouveler sur scène. J’ai entendu plusieurs fois que Battle Beast était un genre d’Accept à chanteuse, et ça se ressent aussi sur scène: rien ne change d’une année à l’autre. Loin de moi l’idée de critiquer cet état de fait, ça ne me gêne pas chez Accept, ni chez AC/DC, alors certains trouveront probablement leur compte chez Battle Beast. Pour ma part, je vais peut-être espacer mes venues à leurs concerts dans le futur.

De son côté, Noora Louhimo (chant) en fait des tonnes, entre ses grimaces, ses poses fières et ses levés de bras au rythme de la musique; une véritable front-woman, même si ses « hey-hey » pour lancer le public finissent par lasser.

Bref, nous avons droit à tous les classiques, de « Let It Roar » à « Enter The Metal World », en passant par « Black Ninja », « Iron Hand » et le puissant « Out Of Control » qui clôt la 1ère partie de la soirée. A noter « Bastard Son Of Odin » qui risque de devenir incontournable!

Un peu de déconne pour le rappel, Eero Sipilä (basse) nous promettant une reprise de Manowar pour célébrer le Vrai Metal, avant d’entonner « Last Christmas »… oui oui, la fameuse chanson de Wham!! Mais retour à la normale avec 2 morceaux de Bringer Of Pain qui n’avaient pas encore été joués pour finir la soirée: « King For A Day » et « Beyond The Burning Skies ». Et pour terminer sur une petite bizarrerie, le groupe quitte la scène au son du thème de Top Gun. Pourquoi pas?

Une bien belle soirée en soi, même si j’attendais peut-être un peu plus de surprises. Malheureusement, à l’instar de leur musique, Battle Beast n’a rien proposé de très nouveau, jusqu’au discours formaté « Vous êtes le meilleur public de la tournée et bla-bla-bla »; et ce n’est pas un petit jam sur les thèmes de Star Wars qui va nous faire sauter au plafond. Pour celui qui n’a jamais vu le groupe, c’est un très bon moment à passer; pour les autres, une impression de déjà-vu est inévitable.

 

Setlist de Battle Beast

Children Of Bodom au File7 (Magny le Hongre), le 17 mars 2017

Children Of Bodom et Disneyland, ce sont 2 noms qui n’ont, à priori, rien à voir entre eux. Et en fait, pour le moment c’est toujours le cas, même si l’affiche de la tournée indique un concert à Disney – le File7 ce vendredi 17 mars 2017. Ceux qui ne connaissent pas bien la région entourant la destination touristique n°1 d’Europe pourraient croire que les finlandais vont se produire dans le Parc, mais que nenni! Magny le Hongre, même si située à seulement 5 minutes en voiture de chez Mickey, ne fait absolument pas partie du complexe américain, et c’est bien dans cette petite ville de Seine et Marne que Children Of Bodom pose ses valises aujourd’hui (et pourtant, les voir sur la scène du Billy Bob’s au Disney Village m’aurait bien fait triper).

Me voilà donc sorti de chez moi à 18h22, et arrivé sur place à 18h25. Parce que même si je ne suis pas un ultra-fan du groupe, les voir quasiment dans mon appartement, ça ne pouvait pas se manquer!

 

Forever Still (19h40 – 20h06)

 

40 minutes après l’ouverture des portes et un coucou à un ancien collègue de Disney (ils sont peut-être plusieurs ce soir dans la foule, mais je n’en reconnais pas d’autre), les danois de Forever Still arrivent sur scène, en toute simplicité. Le son est très mauvais, la voix quasi-inaudible, je pense être victime du « syndrome des premiers rangs », mais mon collègue précédemment cité me confirmera plus tard qu’en fond de fosse, c’était pareil. Du coup difficile de juger la musique ou la prestation, seule la batterie permet de vaguement distinguer un morceau d’un autre.

De toute façon, du peu que j’ai vu, je ne pense pas avoir raté grand-chose: avec leur look « bras sales » et eyeliner pas très bien appliqué (il faudra prendre des cours auprès d’Alexi Laiho), ce groupe ne semble pas franchement original. Le bassiste et le guitariste gesticulent beaucoup trop sur scène, tentant d’imposer une certaine présence, mais en vain. Pourtant, avant le début du show, le pied de micro au design très élaboré, fait de plantes grimpantes et se terminant en 2 mains ouvertes entourant le micro, pouvait laisser espérer quelque chose, mais finalement la chanteuse ne s’en sert même pas! Et cerise sur le gâteau, cette dernière est apparemment malade; ce n’est certes pas sa faute, mais du coup la prestation s’en ressent et je pense vite oublier ce groupe. Dommage!

 

Setlist de Forever Still

 

 

Oni (20h20 – 21h)

 

Ceux qui, comme moi, se plaignaient du manque d’originalité de Forever Still vont être ravis! En plus d’un style musical plus rythmé, Oni se démarque visuellement, grâce aux guitares et basse sans tête (années 80 style!), et surtout grâce à un… xylophone! En effet, celui-ci remplace le traditionnel clavier, et donne un style visuel très pittoresque.

Toujours comparativement au 1er groupe, les musiciens ont une attitude beaucoup plus posée malgré le style musical, que j’ai d’ailleurs du mal à définir; j’opte donc pour du « Metalcore progressif », à mi-chemin entre Korn et Dream Theater (je vous laisse tenter d’imaginer ce que ça peut donner). Autant les passages Metalcore ont du mal à me faire lever un sourcil, autant les parties progressives sont impressionnantes de virtuosité (les guitares à 7 cordes sont parfaitement exploitées), malgré un son à peine meilleur qu’avant. Quelques pogos sont gentiment lancés dans la bonne humeur, malgré un crétin en t-shirt rouge qui va trouver le moyen de monter sur scène; dommage que la sécu ne l’ait pas mis dehors définitivement.

Il semblerait qu’Oni devait passer en 1er, et que l’ordre a été inversé à cause de l’état de santé de la chanteuse de Forever Still; c’est finalement une bonne chose, car Oni est définitivement un meilleur chauffeur de salle que Forever Still!

 

Setlist d’Oni

 

 

Children Of Bodom (21h32 – 23h)

 

Comme j’ai dit précédemment, je ne connais pas la carrière de COB sur le bout des doigts, tout juste quelques morceaux. J’étais là plutôt en touriste, alors il me sera difficile de citer les morceaux marquants parmi ceux joués ce soir pour célébrer les 20 ans du groupe.

Par contre, je peux dire que la prestation est exemplaire: le tout petit Alexi en impose vraiment, toujours concentré sur ce qu’il joue en même temps qu’il éructe ses lignes de chant, suivies en chœur par les connaisseurs entre 2 « woh ho ho » que je me plais également à scander lorsque les mélodies le permettent et que je reconnais les titres.

Dans la fosse c’est la guerre, il faut repousser ceux qui veulent passer devant pour aller à la barrière, passer les slammers au-dessus de ma tête (j’en ai même accueilli 2 l’un sur l’autre), tout en évitant de briser les côtes de la fille devant moi. Mission accomplie, en 1h30 de concert j’ai réussi à ne pas lâcher le 2ème rang! Ça ne m’aura pas permis d’attraper l’un des très convoités médiators d’Alexi, mais celui-ci en ayant jeté un nombre assez conséquent, j’en récupèrerai un par terre à la fin du show.

Evidemment pas de place pour les ballades avec COB, et assez peu de discours entre les morceaux, sauf de la part de Henkka Seppälä (basse) qui parle parfaitement français! Cela permet de laisser Alexi prendre un peu de recul, car la plupart du temps il n’y en a que pour lui malgré une voix encore et toujours en retrait dans le mix. Il use et abuse de ses mimiques, entre tirages de langue et geysers d’eau qu’il ingurgite avant de lancer certains titres, mais on en redemande!

Bref un vrai concert de Metal extrême; peu habitué que je suis à ce genre et assez peu friand de pogos, j’ai pu en profiter pleinement cette fois-ci car le style s’y prête, et j’ai fini trempé de la tête au pied sans me préoccuper du trajet retour, puisque ma douche m’attendait 15 minutes après la fin du concert!

Malgré la salle pas vraiment remplie en dépit de sa petite taille, Children Of Bodom a livré un show exemplaire de bout en bout, dans une ambiance survoltée! Si je dois les revoir ailleurs, j’apprécierai le spectacle probablement différemment à cause de mon état après coup, mais s’ils repassent au File7, sûr que j’y retournerai avec plaisir!

 

Setlist de Children Of Bodom

Avenged Sevenfold au Palais Omnisport de Paris Bercy, le 2 mars 2017

En pleine période « concerts de d’jeun’s », après Sum 41 nous voilà arrivés à Bercy pour une soirée 100% américaine. Bon, il est déjà 19h, le temps de passer la sécurité, Chevelle a déjà commencé son set.

 

Chevelle (19h? – 19h40)

 

Nous nous faufilons tranquillement jusqu’à la moitié de la salle pour observer les 4 derniers titres du trio. Peut-être que le fait d’arriver alors que la fête a déjà commencé y joue, mais j’ai du mal à me mettre dans l’ambiance. Il faut dire que le Nü Metal de Chevelle est assez lent, les riffs sont intéressants mais un peu monotones, et le groupe reste statique et ne communique quasiment pas.

Bref, sans être une 1ère partie désagréable, on a connu mieux.

 

Setlist de Chevelle

 

 

Disturbed (19h55 – 21h)

 

Heureusement les choses vont vite s’arranger: en effet, pour sa tournée Avenged Sevenfold (abrégé A7X, ce sera plus court) s’est offert un invité de luxe! La mise en scène ne trompe pas, l’intro étant lancée par Dan « le concierge de Scrubs » Donegan (guitare) tout seul sur scène dans un magnifique halo de lumière, avant d’entamer le 1er titre du dernier album Immortalized « The Eye Of The Storm »; très bon choix, les différents changements de tempo faisant leur petit effet pour un titre d’ouverture.

Contrairement à Chevelle, les musiciens ont clairement la bougeotte et ne tiennent pas en place sur scène et utilisent même l’avancée dans le public. Ceci compense le fait que Disturbed n’est pas non plus très communicatif: il faudra attendre le dernier quart d’heure pour que David « Vincent Lagaf' » Draiman nous adresse la parole entre les morceaux. Mais probablement que cette discrétion est justifiée par la mise en scène incroyable: outre les effets pyrotechniques atteignant parfois le plafond de Bercy, nous avons droit également à la fameuse reprise de « The Sound Of Silence » (Simon & Garfunkel) jouée en instruments traditionnels, Dan au piano, Mike Wengren (batterie) aux timbales, John Moyer utilisant quant à lui une basse acoustique. Le tout est complété par 2 musiciens additionnels au violon et violoncelle. Plutôt sympa!

En tout cas, David sait emmener son public et domine littéralement la salle de sa voix puissante et modulable à souhaits, aidé par les compositions taillées pour le live de Disturbed. Les pogos sont bien lancés mais dans la bonne humeur, tandis que le reste de l’audience ne se fait pas prier pour taper des mains ou sauter en rythme! Le show ratisse large dans la discographie des américains avec une large part pour Immortalized quand même, et 2 petites incartades avec « The Sound Of Silence » déjà évoqué, qui suivait « Land Of Confusion » (Genesis) histoire de varier les plaisirs.

Une excellente mise en bouche, avec encore une fois une impression d’avoir assisté au concert de la tête d’affiche!

 

Setlist de Disturbed

 

 

Avenged Sevenfold (21h42 – 23h25)

 

Qui dit concert de d’jeun’s dit également début de soirée tardif: après plus de 40 minutes d’attente accompagnée de David Bowie (ainsi que d’un œil de squelette scrutant la scène sur les 2 écrans géants de chaque côté de la scène), l’éclairage change et nous dévoile le décor qui, bien qu’aucun rideau n’entravait notre vision, était dissimulé par la pénombre. En plus des 2 écrans sur le côté, le fond de celle-ci en dispose de 6 autres, ainsi que d’un… cube au centre, sur lequel seront également projetés des animations. On aperçoit également des parterres de part et d’autre du fond de scène où se trouvent des spectateurs; probablement une sorte de carré VIP.

Mais place à la musique! C’est logiquement « The Stage », titre d’ouverture du dernier album éponyme, qui ouvre le bal. Et qui pourrait l’ouvrir pendant un moment, tant son intro est taillée pour un début de concert, avant ce déferlement d’énergie, ces changements de tempo alternant rythmes binaires propices au headbanging et passages plus calmes, ces refrains facilement mémorisables, sans oublier les solos et duels de guitare bien connus des fans du groupe; bref, ce titre est un condensé du style A7X et trouve parfaitement sa place en 1ère position, avec en prime l’outro acoustique exécutée live par Synyster Gates.

Ce dernier est d’ailleurs parfait de bout en bout, complété par Zacky Vengeance à la rythmique; les 2 gratteux n’hésitent d’ailleurs pas à régulièrement se placer côte à côte en effet « mirroir », Zacky étant gaucher et Syn droitier. Cette attitude que l’on pourrait appeler de « poseur », ainsi que le look des musiciens a valu et vaut encore à A7X de nombreuses critiques; M. Shadows (chant) évoque d’ailleurs l’attitude du public en 2006 & 2008 lorsqu’ils ont fait l’ouverture de respectivement Guns N’ Roses et Iron Maiden, qui au mieux était indifférent, au pire levait le majeur en l’air! Etant présent ces 2 soirs-là, je me souviens effectivement du mauvais accueil accordé aux américains, tout en me demandant pourquoi l’on huait ce groupe plutôt bon. Quoi qu’il en soit, M. Shadows est plutôt satisfait de sa « famille » présente aujourd’hui; une belle revanche, même si Bercy est loin d’être complet ce soir (gradins hauts bâchés, et beaucoup de places encore vacantes).

Entre les seulement 4 morceaux de The Stage, les classiques sont de sortie: « Hail To The King », « Planets » qui me déchire les cordes vocales (placé en fin de concert heureusement), ma petite préférée « Buried Alive » et un fantastique « Nightmare » qui est suivi d’un solo de batterie très soft mais néanmoins technique de la part de Brooks Wackerman. En effet, au lieu de bourriner comme la plupart des batteurs de Metal, son style est tout de finesse et lors de ce solo je me demande s’il n’est pas issu du monde du Jazz, ce qui m’est confirmé par Wikipédia le lendemain! Difficile d’ailleurs lorsqu’on le voit d’imaginer qu’il fait partie d’un groupe comme A7X, avec son look plutôt propret et passe-partout. Du coup je trouve le choix de cette recrue très judicieux.

Pendant tout ce temps, au-dessus des musiciens, il s’en passe des choses! Entre le cosmonaute gonflable, les nombreuses projections sur les différents écrans très bien synchronisées et le cube qui avance régulièrement pour se placer en bout de l’avancée de scène avant de se pencher en arrière (difficile d’expliquer l’effet obtenu, mais ça rend bien!), on ne sait pas trop que regarder entre le groupe et tout ce spectacle… Heureusement ça ne bouge pas trop dans notre coin et nous pouvons profiter de tout ça dans une excellente ambiance, pendant que le reste de la fosse se déchaine plus loin.

Un rappel généreux de 3 titres nous est offert, à commencer par le dernier Grand Classique du groupe à ne pas avoir encore été joué ce soir, « Bat Country ». La soirée se termine sur une « vieillerie » (2003, il y a 14 ans déjà!) de l’album Waking The Fallen, « Unholy Confessions ». Et c’est maintenant l’heure de partir sur fond de « A Day In The Life » des Beatles, non sans avoir passé un coucou aux membres de H2ACDC qui se reconnaitront!

Alors on se dit à bientôt, peut-être au Stade de France? En effet, M. Shadows nous a donné rendez-vous l’été prochain; et comme A7X ouvre pour Metallica sur la tournée américaine, on se dit que… qui sait?

 

Setlist d’Avenged Sevenfold

Sum 41 au Zénith (Paris), le 22 février 2017

Après un début de mois de février un peu symphonique en compagnie d’Epica au Zénith, puis très symphonique avec le Tribute to John Williams au Grand Rex, retour à un style plus brut de décoffrage avec une soirée Punk-à-roulettes orchestrée par les p’tits jeunes qui ne sont plus si jeunes de Sum 41.

Arrivés à une heure plutôt raisonnable devant un Zénith qui ouvrira à 18h30 au lieu des 18h annoncées, on se les pèle grave malgré une petite partie de rigolade aux dépens d’un mec en train d’accrocher de la pub’ pour le Download 2017. En effet, celui-ci nous préviens avec véhémence (nous = toute la file d’attente) que la pancarte qu’il met en place, « celui qui y touche, j’le couche! » Bref, un accueil digne de racaille-land, mais on s’est bien marré; et puis je ne m’étais pas fait appeler « hardos » ou « keupon » depuis… bah ça ne m’était jamais arrivé en fait! Mais derrière un abord peu sympathique, il finira par taper la discut’ avec plusieurs « keupons » dans une ambiance plutôt amicale.

 

Hollerado (20h – 20h20)

 

C’est dans un Zénith déjà presque bondé que le 1er groupe arrive, même s’il est bien tard. La soirée commence plutôt mal: j’ai vraiment du mal à être réceptif envers ces groupes qui savent à peine tenir une guitare, jouant les mêmes accords et basant leurs mélodies sur le même schéma. Le look « Oasis » mélangé à un style musical me rappelant ce que les Clash ont pu faire de moins bon nous laisse indifférents, Ivo & moi.

Le groupe est assez statique, avec mention au claviériste qui est assis, même si en général ce poste n’est pas destiné à beaucoup bouger (mais Coen Janssen pourra me contredire). Pourtant, autour de nous les têtes remuent, et ça applaudit bien entre les chansons; les discours du chanteur entre les morceaux y font aussi beaucoup. Je dois dire que malgré la médiocrité du spectacle, ces canadiens sont très sympathiques, et n’hésiteront pas à distribuer des t-shirts à la fin du show!

 

Setlist de Hollerado

 

 

Pærish (20h32 – 21h05)

 

Dès l’intro et malgré le jeune âge apparent des membres du groupe, on sent que ça va être musicalement un poil moins monotone: le riff de guitare envoie bien, on sent une plus grande maitrise dans l’intro du 1er morceau… mais dès que le chanteur s’approche du micro, le soufflé retombe! Que vient faire cette petite voix fluette au milieu de cette avalanche de riffs saturés? Ivo et moi nous regardons avec interrogation, et subissons cette 2ème partie en ayant hâte qu’elle se termine.

Certes les compositions sont plus agressives que Hollerado, mais l’ambiance ne décolle pas. La faute à des basses littéralement assommantes (un défaut perdurant sur toute la soirée), un son beaucoup trop fort malgré les bouchons enfoncés au maximum et à un groupe qui, bien que sympathique, n’arrive pas à se mettre le public dans la poche, malgré quelques petites blagues et anecdotes (le 1er concert de la vie du 2nd guitariste s’est passé ici-même au Zénith, il y a 14 ans, et c’était Sum 41!). Pourtant, étant parisiens, les musiciens ont plus de facilité à communiquer, mais rien n’y fait.

Par contre l’idée de distribution des t-shirts est reprise au groupe précédent, ça fait toujours plaisir.

 

Setlist de Pærish

 

 

Sum 41 (21h35 – 22h32)

 

Un bon point pour commencer, la musique d’attente est enfin en adéquation avec l’affiche de ce soir: après dubstep et autres loucheries étranges, un peu de Greenday, Nirvana ou System Of A Down vient enfin chauffer le public qui n’en a pourtant pas besoin! Les bouchons sont déjà en place tellement le volume est fort, on s’attend donc à un véritable enfer!

Et pourtant, après une « Introduction To Destruction » modifiée et rallongée, le show commence doucement avec un « A Murder Of Crows » plutôt surprenant. Du coup, pas de mouvement de foule à déplorer, ça reste calme… jusqu’à « Fake My Own Death » »; et là c’est vraiment l’Enfer! Un Enfer qui durera 2 heures quasiment sans interruption. Bon, Ivo et moi arrivons à tenir environ 10 minutes dans les pogos, mais nous finissons par nous avouer vaincu, étant tous deux « trop vieux pour ces conneries » (une phrase qui revient de plus en plus souvent entre nous deux…).

Ça bouge pas mal vers le fond du Zénith aussi, mais nous arrivons mieux à tenir notre place et à profiter du concert. Et il se trouve que, à notre grande surprise, Sum 41 ne fait pas partie de ces groupes Punks qui ne servent qu’à sauter partout en faisant n’importe quoi: leurs morceaux comportent une grande part de Metal plus traditionnel, avec solos et changements de tempo, double pédale et tout le tralala.

C’est donc un réel plaisir à regarder autant qu’à vivre, et tout ceci est mis en valeur avec l’éclairage très bien géré, et tous les à-côté: les ballons, les confettis, la mer de flashes des portables… des choses déjà vues et revues, mais que peut-on inventer de plus maintenant?

Il y a aussi les aléas d’un public jeune: les averses de bière, les gens qui fument… les premiers ne me dérangent pas (je suis tout de même bien content d’avoir laissé mon sac dans la voiture), mais les 2èmes manquent vraiment de respect, c’est dommage.

Sur scène, malgré un son toujours aussi naze, ça ne chôme pas: chaque musicien se montre vraiment impliqué (même si l’on s’interroge sur l’intérêt des 3 guitares) et ne lésine pas sur les moyens: solo de batterie, interlude démonstratif sur « The Trooper », et Deryck Whibley viendra même chanter « With Me » avec les rebuts du fond de la fosse (dont Ivo & moi faisons partie). Un vrai show à l’américaine (pour un groupe canadien, cela dit).

Pour cette 1ère fin de soirée, le décor s’étoffe d’un nouvel accessoire, un buste de squelette aux yeux rouges écarlate: l’hommage à Iron Maiden est évident mais ça fait toujours son petit effet, surtout pour accompagner les 2 classiques du groupe, « Still Waiting » et « In Too Deep ».

 

Pensant avoir droit à un concert d’à peine 1h30, je suis surpris de voir nos amis revenir au rappel, et encore plus surpris de le voir s’allonger sur 4 titres!  Mais à bien y repenser, il manquait effectivement le dernier classique « Fat Lip ».

Et comme pour casser nos derniers préjugés, un second rappel nous est offert, tout en déguisements de cuir (ou de poils de torse!) et perruque en hommage au Heavy Metal des années 80, sur l’aussi court qu’intense « Pain For Pleasure ».

 

Le public ayant rempli le Zénith (en configuration complète s’il vous plait!) ne s’y est pas trompé: Sum 41, c’est plus que du Punk-à-roulettes tout bête. Il y a du show, de la technique malgré des compositions à priori simples, une présence sur scène digne des plus grands, et 2 vraies heures de show. A faire au moins une fois, en prévoyant un t-shirt de rechange!

 

Setlist de Sum 41

Epica & Powerwolf au Zénith (Paris), le 4 février 2017

A cause d’une série d’imprévus, et surtout des bouchons parisiens de ce gris après-midi de samedi, nous arrivons un peu ric-rac aux abords du Zénith.

 

Beyond The Black (19h – 19h25)

 

Heureusement la soirée n’a commencé que depuis 5 petites minutes. Nous découvrons alors un Zénith blindé ras-laggle, même s’il est en petite configuration, et même s’il ne s’agit que de la 1ère partie.

Concernant cette dernière, il s’agit d’un groupe de Metal à chanteuse (très mignonne!) pas très original, mais en parfaite adéquation avec la tête d’affiche. Les allemands sont d’ailleurs très bien accueillis et l’ambiance est déjà très bonne grâce à la foule déjà présente. Le son est d’une clarté absolue et nous passons un bon moment malgré l’impression d’écouter du Delain avec la voix de Sharon Den Adel.

 

Setlist de Beyond The Black

 

 

Powerwolf (19h45 – 21h05)

 

Après un entracte-contrepèteries avec nos voisins de fosse sur fond de Dio (qui rappelle Last In Line en ouverture de Saxon à notre souvenir), le gros de la soirée commence enfin: c’est en effet une double tête d’affiche qui nous est proposée sur cette tournée, et le petit groupe allemand plus si petit que ça fait son entrée solennelle sur fond de « Lupus Daemonis » sur bande. Et lorsque le rideau cachant la scène tombe, plus rien n’existe à l’extérieur du Zénith, la Messe du Metal a commencé! « Blessed And Possessed » est le 1er des nombreux classiques du groupe joué ce soir, et ce show frôle la perfection. Le son est d’une limpidité extrême (il fallait bien que je trouve une formule différente d’avant), la pyrotechnie est d’enfer, les musiciens sont en forme olympique avec une mention spéciale pour Attila Dorn qui envoute littéralement l’audience de sa puissante voix, et Matthew et Charles Greywolf courent d’un bout à l’autre de la scène entre 2 duels de guitare.

Powerwolf en lui-même n’est pas un groupe exempt de défaut: certes les chansons se ressemblent toutes, certes les mimiques en live sont toujours pareilles, mais dans leur catégorie ils restent les meilleurs. On pourra aussi reprocher l’absence de bassiste, ce qui oblige le groupe à utiliser des bandes et un métronome (Roel Van Helden passera le plus clair de son temps les yeux rivés sur la tablette accrochée à côté du Charley).

Mais peu importe, le public n’a que faire de ces détails, et j’ai vraiment l’impression de voir la tête d’affiche de la soirée. Le décor, non content d’être déjà magnifique, se permet de changer sans que l’on s’en aperçoive; sont-ce des toiles qui tombent entre les morceaux? des projections? Bon, on s’en fout non? Ivo et Vince, qui connaissent peu (voire pas!) le groupe apprennent les chansons sur le tas, entre 2 moqueries envers la bleusaille de concert qui n’arrive pas à taper dans les mains en rythme (running gag depuis Joe Satriani au Grand Rex).

Pour son premier laïus, Attila nous apprend qu’il parle très peu français, avant de se lancer dans un discours de 5 bonnes minutes dans la langue de Molière. Ce sera la seule fois de la soirée où il parlera notre langue, mais nous apprécions l’effort!

Difficile de discerner un morceau plus faible qu’un autre, c’est un véritable best-of auquel nous avons droit; bien sûr mes chouchous « Sanctified With Dynamite » et surtout « Werewolves Of Armenia » (avec la participation active de Falk Maria Schlegel délaissant pour l’occasion ses 2 claviers disposés de chaque côté de la batterie) sont interprétés de façon magistrale, comme tout le reste. Et ayant commencé par du Lupus, on finit aussi par du Lupus, avec « Lupus Dei ».

La suite s’annonce difficile, je suis déjà vanné alors qu’il reste le groupe principal à venir!

 

Setlist de Powerwolf

 

 

Epica (21h35 – 23h25)

 

Je dois bien avouer qu’après la claque prise précédemment (et la musique d’attente moins motivante que tout à l’heure), je me remets difficilement dans l’ambiance lorsque les néerlandais arrivent. Et pourtant, malgré le déluge de moyens mis en œuvre par Powerwolf, Epica a réussi à placer la barre encore plus haut! Les lumières, rendues magnifiques grâce à des projections sur pyramides en verre, sont appuyées par des jets de flammes qui montent parfois jusqu’au plafond et des feux d’artifices qui en mettent plein la vue dès le 1er titre.

C’est évidemment « Edge Of The Blade » qui ouvre le concert, précédé de « Eidola » sur bande pendant que les musiciens prennent place: le mode opératoire du groupe n’a pas changé depuis des années, c’est toujours le nouvel album qui est à l’honneur en début de show. Comme nouveauté, la batterie de Ariën van Weesenbeek est au centre de la scène, tandis que d’habitude elle partage le fond avec le clavier de Coen Janssen. Mais où est le clavier, me demanderez-vous? Eh bien il est à droite… mais aussi à gauche… puis à droite de nouveau… bref Coen s’éclate comme un fou avec son clavier monté sur roulettes qu’il balade toute la soirée, lorsqu’il ne porte pas en bandoulière son célèbre clavier en arc de cercle, avec lequel il descend même dans la fosse.

Houlà je vais trop vite: ça, ça se passe à la fin de la soirée! Entre temps, nous avons droit à une part plus qu’importante du dernier album: 9 titres sur les 12 que comporte The Holographic Principle. A ce compte, autant jouer l’album en entier, non? Du coup peu de place est laissée pour les anciens morceaux, alors le groupe ratisse large et se limite à 1 ou 2 titres par disque.

C’est un peu dommage, d’autant qu’à part « Edge Of The Blade » et le génial « Beyond The Matrix », les chansons de The Holographic Principle ne passent pas toutes si bien en live que sur album. Probablement aussi à cause du son, bien plus brouillon que pour les 2 groupes précédents, la faute en partie aux nombreuses orchestrations sur bande. Nous observons aussi que Simone Simons (chant) tripote plusieurs fois le boitier attaché à sa ceinture, ce qui est mauvais signe concernant son retour.

Les musiciens restent malgré tout très pros et ne laissent en rien transparaitre une quelconque difficulté. Au contraire, chacun s’amuse avec son voisin, Simone tendant son micro à Coen pour quelques growls, Mark Jansen (guitare) jouant quelques notes sur le clavier de Coen également entre 2 autres growls partagés avec Isaac Delahaye (guitare) bien plus rodé à cet exercice. Rob Van Der Loo assure un soutien rythmique sans faille en parfait duo avec Ariën. La participation du public est également demandée, avec la traditionnelle mer d’étoile simulée grâce aux flashes de nos téléphones portables.

Bref, les Pays-Bas ne se moquent pas de nous pour la dernière date de leur tournée! Et c’est « Consign To Oblivion » qui clôture le show après 1h50 de Metal Symphonique de haute qualité!

 

Setlist d’Epica

 

 

Inutile de le préciser, ce soir Powerwolf a volé la vedette aux « vétérans » d’Epica. Cela dit, l’impression d’avoir assisté à un moment exceptionnel était palpable à la sortie du Zénith. Rien que le fait que 2 groupes de Metal inconnus du Grand Public remplissent cette salle a suffit à transformer la soirée en évènement.

Même si nous ne sommes qu’au début de l’année, il sera difficile de faire mieux! Seul Helloween y parviendra peut-être grâce à la tournée Pumpkins United, la comparaison ne pouvant se faire avec Guns N’ Roses et Metallica au Stade de France… ils ne jouent pas dans la même cour!